Le Début

La chou-Ânerie:


Il est 20 heures 40 ce jour-là et Patrick Poivre d'Arvor remercie tous les téléspectateurs d'Antenne 2 pour avoir suivi son journal. Avant que la publicité ne le coupe, il rappelle les grands titres:
-Plusieurs chaînes de télévisions européennes ont décidé de boycotter les Jeux Olympiques qui commencent dans deux jours à Moscou.
-Ronald Reagan et Geoges Bush père, c'est le ticket républicain pour les élections américaines.
-Après les chemins de fer, madame Tatcher veut privatiser la Poste en Grande-Bretagne.
-L'étape du Tour de France a été remportée par l'irlandais Kelly à Saint-Étienne mais on commence à parler de dopages dans le cyclisme.
-La presse écrite est confiante en l'avenir malgré le début de la télématique. De plus, 15 millions de Français ont le téléphone et la campagne est l'endroit privilégié pour les vacanciers qui peuvent se détendre et manger du lapin aux choux. En ce jour d'été, la France est coupée en deux: le temps est nuageux dans le Nord et le Soleil brille comme d'habitude dans le Sud. Au Loto, il fallait jouer le 2-4-7-17-28-42 et le numéro complémentaire: le 1. Tandis qu'aux « Grands chevaux », il fallait miser dans l'ordre: 8-12-9-15.
Une heure après la fin de ce journal, l'auteur est né. Le docteur est obligé de lui donner une gifle pour rassurer ses parents qu'il sera bien parmi eux pendant au moins les 18 années prochaines.
Vivant dans un petit patelin à la campagne, il découvre alors les joies de la nature: l'odeur du foin, la confiture de mûres, les poules et les chèvres qui entrent par la porte de la maison sans frapper, s'amuse comme il peut avec ses deux frangines pendant que son grand frère aide leur père à traire les vaches...
Bien sûr, il va à l'école et fait ses devoirs mais il préfère jouer au clown et rêver à des héros comme Zorro et se dit que plus tard, quand il sera grand, il sauvera lui-aussi le Monde.
A 9 ans, il tombe amoureux pour la première fois mais elle ne s'intéresse pas à lui. Ce qu'elle veut, c'est devenir chanteuse et commencer sa carrière à l'école des Fans car la Star Académie n'existe pas encore. Son père lui dira alors... qu'il s'est fait piquer par une guêpe: <<Tu en verras d'autres, mon gars!>>
Et puis, il grandit et c'est la crise de l'adolescence, tant redoutée de tous les parents. Il devient insupportable, n'en fait qu'à sa tête, porte un blouson en cuir noire pour être plus viril et une « calculatrice sur la tête ».
Il s'intéresse de plus en plus aux livres: Boule et Bill, Pagnol, Maupassant... Et puis, c'est la révélation! Après avoir lu le journal d'Anne Frank, il commence lui-aussi à écrire son journal intime, qui ne le sera pas puisque ses frangines le lisaient en cachette. Comment il le sait? Il a lu leur journal intime derrière leur dos mais ceci est un secret.
Il écrit des textes: poèmes, chansons... qui, il l'avoue lui-même, manquent de travail mais il dira pour se justifier qu'il aime les textes écrits sur le vif. Après avoir obtenu son BEP vente, il décide d'entrer dans la vie active pour premièrement passer son permis de conduire et deuxièmement, parce que sa tirelire est presque vide et qu'il n'a même pas de quoi se payer un vélo.
Il travaille comme plongeur pendant que « Madame promène son chien » puis remplit le rayon « EAU » pour toucher plus de liquides.
Après la fin de son contrat, il prend le nouveau vélo qu'il a acheté quelques jours avant et part pendant deux mois découvrir la France: La Rochelle, Toulouse, Marseille, Lyon... De cette « échappée belle » il peut dire aujourd'hui qu'avec « un peu de chance et de volonté, la vie fait le reste! »
Deux ans plus tard, alors que nous sommes le 5 Juin 2008 et qu'il est 9 heures 40, l'auteur se réveille, boit un café et se prépare pour son rendez-vous: démarrer une autre histoire, prendre un nouveau départ...mais ça c'est une autre histoire!


C'est l'histoire du rêve d'un homme sur une route...

De Vines (sur un âne):<<-C'est la fin! Tu ne m'échapperas pas Fandemas! Allez, avance bougre d'âne!
L'âne:-Hi han! (Traduction: comment veux-tu que j'avance si tu ne me mets pas d'essence? Euh, je veux dire: si tu ne me payes pas de vacances? Euh, je veux dire: si tu ne m'offres pas une bonne pitance?)
Fandemas avec son costume "en rouge et noir", sur son vélo, perd brusquement des louis d'or sur la route, tombant de son sac à dos.
De Vines:-Tu m'entends?
L'âne:-Hi han! (Traduction: bien entendu! Je ne suis pas un ours! Si j'ai des longues oreilles, ce n'est pas pour récolter le miel!)
De Vines:-Mais non, pas toi! Tu m'entends Fandemas? Je t'aurais! Je t'aurais!>>
...
Quelque part dans le bureau d'un commissariat:
La secrétaire:<<-Monsieur l'ins, euh, monsieur le directeur, réveillez-vous!
De Vines:-Ha!!! crie-t-il surpris. Vous auriez pu frapper avant d'entrer!
La secrétaire (belle comme "le Démon de Midi" et toujours prête à accepter la "promotion canapé"; bref, la secrétaire que tous les chefs d'entreprises rêveraient de "posséder"!):-J'ai frappé mais apparemment, vous étiez en train de dormir!
De Vines:-Admettons! Pourquoi alors m'avez-vous réveillé? Pour une bonne nouvelle, j'espère!
La secrétaire:-Il est arrivé, monsieur l'ins, euh, monsieur le directeur!
De Vines:-Ha, ça pour une nouvelle!
La secrétaire:-C'est une bonne nouvelle, je sais! Voulez-vous que j'arrose avant votre petite plante, monsieur l'ins, euh, monsieur le directeur? demande-t-elle en regardant... la petite plante en manque d'eau, posée sur son bureau.
De Vines:-Où vous croyez-vous? A la Poste? Faîtes-le entrer! Et que ça saute!>>
Telle une brebis, la secrétaire obéit.
De Vines:<<-Vous voilà! C'est un immense plaisir pour moi de vous rencontrer! J'ai lu tous vos livres!
L'auteur:-Euh, enchanté moi-aussi! Je m'excuse mais je n'ai écris qu'un seul livre, un journal plus exactement sur mon tour de la France à vélo.
De Vines:-Oui euh, et bien justement, nous allons arranger ça, mon vieux! Je peux vous appeler mon vieux? Je suis sûr que nous allons, vous et moi, former une très bonne équipe. Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes une grande, enfin, une très très grande maison d'édition.
L'auteur:-Je suis étonné car je n'ai pas vu votre enseigne en entrant.
De Vines:-Euh, c'est que nous sommes en travaux! Et oui mon vieux, dit-il en lui tapant l'épaule, il arrive un moment où une entreprise comme la nôtre doit penser un jour ou l'autre à s'agrandir. C'est dû à l'expansion économique! Enfin, je vous passe les détails! De quoi parlions-nous déjà? Ha oui, si je vous ai fait venir, c'est que votre exploit sportif nous intéresse.
L'auteur:- Mon tour de la France, un exploit sportif? Vous allez me faire rougir et non pas: exploser de rire!
De Vines:-Monsieur est modeste! Ha, vous me plaisez mon vieux! Je crois que nous allons bien nous entendre. En effet, nous publions beaucoup d'ouvrages comme le vôtre.
L'auteur:-Enfin, je suis surpris, mon vieux! Je peux vous appeler mon vieux, moi-aussi?
De Vines:-Bien entendu! D'autant que nous allons faire un long bout de chemin ensemble mais cela ne dépend que de vous!
L'auteur:-Vous me prenez de court car je n'ai jamais eu jusqu'à ce jour un succès fou en amour, euh, je veux dire avec mon livre et je vais même vous filer un tuyau: cela n'a pas été un tube!
De Vines:-Taratata! Écoutez! Aujourd'hui, c'est en dernier recours que j'ai pensé à vous! Oui, à vous!!!
L'auteur:-Avouer quoi?
De Vines:-Comment ça? Non, non! Pas avouer mais à vous!
L'auteur:-Non, je ne vois pas! Je n'ai rien à vous avouer! Je vous l'ai dit: j'ai pris une soupe, euh, une douche froide avec mon livre. Je dois reconnaître aussi que je ne suis pas un "bouillon de cultures" mais au fond, l'important, c'est que je me suis fait plaisir!
De Vines:-J'aime les francs!
L'auteur:-C'est bien dommage pour vous car nous sommes passés à l'euro depuis!
De Vines:-Non, je voulais dire que j'aime les personnes franches comme vous. Écoutez, puisque vous aimez écrire, nous allons arranger ça, mon vieux!
L'auteur:-Attention, vous vous répétez!
De Vines:-Comment?
L'auteur:-Oui, "nous allons arranger ça mon vieux", vous l'avez déjà dit au début.
De Vines:-Vous êtes sûr?
L'auteur:-Tout à fait sûr, my publishur! (mon éditeur)
De vines:-No! Un éditeur: a publisher! Révisez votre anglais, my author! Qu'est ce que je disais déjà?
L'auteur:-Vous étiez rendu à: "nous allons arranger ça, mon vieux"!
De Vines:-Oui, je vous le répète, nous allons arranger ça mon vieux!
L'auteur:-Et comment? Je ne suis pas bête! Je n'ignore pas que seuls les lecteurs font le succès ou non d'un livre.
De Vines:-C'est exact! Certes, je ne vous promets pas un futur best-seller mais comme on dit: qui n'écrit rien, n'écrit rien! Voilà pourquoi j'ai une mission pour vous et je suis convaincu que vous êtes l'homme de la situation! Vous allez prendre des nouvelles vacances!
L'auteur:-Bah dîtes donc, je vous remercie mais je pensais travailler, moi!
De Vines:-Justement! Vous allez reprendre du service! Écoutez plutôt...
De Vines, assis, démarre le microphone, posé sur son bureau et retourne alors son siège:

Voix de De Vines:-"Votre mission, si vous l'acceptez, sera de reprendre votre vélo et de tenir jour après jour un nouveau journal de bord'L comme Liberté. Votre tâche sera, en autre, de nous informer sur les traditions, les fêtes et tout le tralala que vous aurez à vivre lors de votre voyage. Attention! Vous devrez tout nous dire! De A jusqu'à Z et de Z jusqu'à A! Et surtout, n'envisagez pas de nous mentir car grâce à un collier accroché à votre poignet, vous recevrez du courant électrique à chacun de vos mensonges. Vous risquerez alors à l'avenir d'avoir la bougeotte comme qui vous savez ... (L'auteur a soudain le regard sur un petit, petit cadre du Président, accroché sur le mur) ... Je disais ça pour vous faire peur, bien entendu! Le nom de votre mission est: "retour à la case départ" et votre prénom dorénavant est: l'âne Imal.

L'auteur:-L'âne Imal? Et pourquoi pas: le poisson niais, par dessus le marché?
Le message du microphone reprend alors:
-Pourquoi l'âne Imal? me demandez-vous! La réponse est simple: vous nous transmettrez chaque jour votre rapport en signant avec le nom d'un animal différent pour passer inaperçu. Pour être clair comme de l'eau de Roche... sur Yon: c'est surtout pour ne pas avoir de fuites à travers les services plombés et secrets des autres éditions! Ne faites pas cette tête, vous reprendrez votre prénom habituel une fois votre mission terminée! J'espère que ma réponse vous satisfait. La prochaine fois, merci de ne pas interrompre cette bande sonore! Oui, bah de toute façon, j'ai terminé! "Ce n'est qu'un au-revoir mon frère, ce n'est qu'un au-revoir!" chante la voix de De Vines. Ha oui j'oubliais, votre mission commence à la statue de la Liberté: "quand les poules auront des dents!" Je répète: "quand les poules auront des dents!".

L'auteur, enfin l'âne Imal:-Je ne comprends pas, cela veut donc dire: jamais?
-Non, ça veut dire qu'un signal vous sera transmis le moment venu! lui répond le microphone. Mais je pensais vous avoir dit de ne pas interrompre cette bande sonore, mon vieux. Bon, allez, ça va pour cette fois-ci, circulez! Ha oui, j'oubliais: cette bande s'auto-détruira dans...

L'âne Imal, dans un geste héroïque, prend alors le microphone dans les mains et le balance à travers la fenêtre ouverte.

-Cette bande s'auto-détruira dans 5000 ans!" conclut la bande sonore dans la mer.

De Vines:-Ha!!! Que faîtes-vous ici? Vous auriez pu frapper avant d'entrer? demande-t-il après qu'il ait retourné son siège.
La femme de ménage:-J'ai frappé monsieur l'inspecteur mais apparemment, vous dormiez!
De Vines:-Mais enfin, c'est quoi cette manie de penser que je suis toujours en train de dormir quand j'ai le dos tourné?
L'âne Imal:-Inspecteur?
De Vines:-Mais non, elle voulait dire directeur, n'est-ce pas madame? Attention à ce que vous allez dire! lui souffle-t-il dans l'oreille.
La femme (pour faire plus court):-Autant pour moi, je voulais dire: directeur! Je suis confuse, monsieur l'ins, euh, monsieur le directeur!
De Vines:-Vous regardez trop inspecteur Derrick!
La femme:-Non, à cette heure-ci, je regarde mon feuilleton!
L'âne Imal:-Vous aussi, vous regardez « les feux de l'amour »?
La femme:-Alors, on ne se tutoie plus?
De Vines:-Comment? Vous vous connaissez?
L'âne Imal:-Je ne vous mentirais pas, je ne vous trahirais pas, je ne vous décevrais pas car je l'ai juste croisé dans vos couloirs! lui dit-il, tandis que la femme, de ménage je le rappelle, dépoussière le cadre du Président.
La femme:-Je suis vraiment "maladroite"! soupire-t-elle alors qu'elle fait tomber le cadre.
De Vines:-Vous êtes un rapide, vous!
L'âne Imal:-Je ne fais pas du ... pour rien, mon vieux! lui souffle-t-il en mimant le roulement de pédales; enfin, quand on roule à ...
De Vines:-Du pédalo? Du ski? propose-t-il. Non, je ne vois pas! Je donne ma langue à l'âne.
L'âne Imal:-Je ne fais pas du vélo pour rien! C'était pourtant simple, mon vieux!
De Vines:-Je n'ai pas saisi le rapport. Tiens, en parlant de rapport, ce n'est pas tous ça, mais vous avez ...
L'âne Imal:-Dis-moi, à propos, j'ai loupé des épisodes, Victor est-il toujours avec Nickie?
La femme:-Oui, mais ils vont certainement encore se séparer! Je suis prête à en mettre ma main au feu!
L'âne Imal:-Tu crois que Nickie va se pacser avec Jack?
De Vines:-Ecoutez! N'en faîtes pas « toute une histoire »! Allez hop, vous avez du boulot sur les planches, je peux compter sur vous?
La femme:-Bien sûr, j'ai pris le train express exprès pour venir faire votre ménage. Ce qui n'est pas de tout repos mais tant que le salaire suit! Et non pas: s'essuie! C'est drôle, non? Moi-aussi, je peux faire des jeux de mots! Et vlan dans les gants!
De Vines:-On parle à la serviette, c'est le torchon qui répond! dit-il à demie-voix.
La femme:-Comment? Attention, je suis syndicalisée! lui dit-elle en sortant sa carte.
De Vines:-Je ne disais pas ça à vous! Bon écoutez, ça suffit cette plaisanterie!
L'âne Imal:-Alors, je ne pars plus?
De Vines:-Mais si, c'est ce que je vous demande justement depuis le début! Pouvez-vous partir?
L'âne Imal:-Vous me prenez pour un incapable ou quoi? Vous voyez bien que je n'ai qu'un pas à faire pour sortir! Pas d'obstacles en vue devant la porte! Mission accomplie!
De Vines:-Oui, c'est ça! "Allez-y"! Et n'oubliez pas: "quand les poules auront des dents!"
L'âne Imal:-Je ne suis pas un "Prost" mais je comprends vite, vous savez! Message arrivé en pôle position dans mon cerveau/ N'attend plus que signal/ Quand les poules auront des dents! dit-il en se retirant.
De Vines:-Il m'épuise déjà! Je vais faire un somme, ça va me reposer! Et vous aussi! Euh, enfin, vous aussi, prenez la porte!
La femme:-Vous devriez dormir un peu plus! Ce n'est pas pour dire mais je vous trouve un peu pâlot et des vacances vous rajeuniraient mon vieux, enfin, je veux dire: monsieur l'ins, euh, directeur! Inspecteur, directeur, je ne comprends plus rien à votre histoire!
De Vines:-Vous n'êtes pas la seule!
La femme:-C'est encore une de vos enquêtes, je suis sûre?
De Vines:-Du balai!!! s'élance-t-il en lui prenant la manche.
La femme:-N'oubliez pas que j'ai ma carte de femme syndicalisée! dit-elle en se sauvant.
De Vines:-Sadique localisée, oui!!! s'écrie-t-il en posant sa tête sur son bureau.
...
L'âne Imal:-Toc toc, y a quelqu'un là dedans?
De Vines:-Ha!!! Vous m'avez fait peur, vous auriez pu...
L'âne Imal:-Frapper avant d'entrer? Mais je l'ai fait à l'instant, vous ne m'avez pas entendu?
De Vines:-Et bien, recommencez pour voir!
L'âne Imal sort du bureau et frappe donc à la porte. "Toc toc", entend-t-il de son côté.
De Vines:-Je n'ai rien entendu! Dite-moi mon vieux, vous n'allez tout de même pas entrer chez les gens sans frapper pendant votre mission? Parce que y en a qu'on essayé, ils ont eu des problèmes!
L'âne Imal:-Je vous jure que j'ai frappé!
De Vines:-Ne jurez pas, c'est très mal poli! Votre éducation est à refaire mon vieux! Regardez, je vais vous montrer!
De Vines sort à son tour du bureau et referme derrière lui. "Toc toc"! entend-t-il lui-aussi de son côté.
De Vines:-Alors, vous voyez! Ce n'est tout de même pas compliqué!
L'âne Imal:-Ne vous gênez pas, monsieur! Qui vous a autorisé à entrer dans mon bureau sans frapper? C'est ma secrétaire?
De Vines:-Votre bureau? Votre secrétaire?
L'âne Imal:-Bernadette, c'est vous qui lui avez dit d'entrer?
La secrétaire:-Non, monsieur le directeur!
De Vines:-C'est fini ce petit jeu! Bernadette, regardez-moi dans les yeux! Je suis votre directeur et lui, c'est l'âne Imal!
La secrétaire:-L'âne Imal? Et pourquoi pas: le poisson niais, par dessus le marché?
L'âne Imal:-Alors, mon vieux, on entre chez les gens sans frapper! Ce sont vos parents qui vont être content quand je vais les avertir!!!
De Vines:-Oh non, pitié, pas mes parents! Je ferai tous ce que vous voudrez, maître!
L'âne Imal:-D'abord, vous allez commencez par vous présenter, petit mal poli!
De Vines:-De Vines! (se prononce: "Devinez"!)
L'âne Imal:-Comment voulez-vous que je devine? Ne jouez pas au plus malin avec moi!
De Vines:-Je m'appelle De Vines, je vous jure!
L'âne Imal:-Vous me copierez cent fois la phrase: "je ne dois pas jurer"!
De Vines:- A vos ordres mon commandant!... Mais qu'est-ce que je raconte là, moi? Bon, qu'est-ce que vous voulez?
L'âne Imal:-Je ne veux rien ou plutôt, je veux simplement être libre de rencontrer qui je veux... à l'abri des photographes, libre d'aller où je veux... pour retirer des sous sans payer d'A.J.O. aux banques, libre de penser ce que je veux... dans mon journal sans être enchaîné comme un canard! Oui, avant que je parte pour cette opération, et comme je ne reviendrai peut-être pas vivant, on ne sait jamais car un guet-apens ou un accident est si vite arrivé, je tenais à ce que se soit bien clair entre vous et moi!
De Vines:-C'est parfaitement clair! Mon c½ur est avec vous! En anglais: my heart is go on! Faîtes bien attention à vous!
L'âne Imal:-Ne vous inquiétez pas! Tel un chameau en plein désert, je vais apporter une gourde avec moi.
(En raison de la nouvelle loi contre les publicités dans les livres, l'histoire m'interdit de dire ici si je vais administrer de l'oasis ou du coca à l'intérieur de la gourde... et non pas à l'administration de l'Intérieur!)

La secrétaire:-Chapeau! Vous avez parlé comme un âne, euh, comme un homme! En quelque sorte, vous êtes un auteur à la hauteur!
L'âne Imal:-Bon, je n'ai plus qu'à prévenir ma mère! Et puis non, elle risque de pleurer et m'empêcher de faire mon paquetage (et non pas: mon cartable!). Oui, mieux vaut éviter les "l-armes" et partir en lui disant: <<-A ce soir Maman! Après "Un éléphant, ça trompe énormément!", tu voudras bien me raconter l'histoire de Jane et de Tarzan?>>

En entendant cela, la femme de ménage se précipite et s'essuie les yeux avec la première chose qu'elle trouve sous la main, c'est-à-dire, son torchon:
-Magnifique! soupire-t-elle. J'ai cru que j'étais dans les "Feux de l'amour". Ce n'est pas mon bran, enfin mon grand fiston qui me dirait des choses si belles!>>
...
Quelque part, dans une séance "d'aides pour auteurs inconnus" alors que de faux lecteurs sont présents aussi dans la salle pour leur poser les questions que les futurs vrais lecteurs pourraient leur demander en lisant leur livre:
<<-Avant de commencer, chers lecteurs, répétons ensemble: "Les livres se lisent jusqu'au bout, autrement le prix ne vaut pas le coup!"... Bien! dit ensuite le chef « spirituel ». C'est au nouvel arrivant de prendre la parole! Saque eud'dans! C'est du ch'timi, cela veut dire: allez-y! N'ayez pas peur! Racontez-nous tout depuis le début!
-Au début, notre Terre, terrée, presque immobile face aux avances de l'étoile, le Soleil, qui "tourne autour d'elle depuis des lustres", faut-il que je le précise?, était vierge de tous êtres humains et animales. Mais sous son air naturel se cachait sous sa couche une planète en chaleur et brûlait d'impatience de s'approcher du Soleil en feu, sous le regard des autres planètes jalouses . Et aujourd'hui encore, le monde de Nemo, euh d'animaux et d'homos-sapiens que nous sommes, ne sait toujours pas si c'est la Terre qui tourne autour du Soleil ou l'inverse. Malheureusement, je ne peux vous éclairer de ma lumière car, bien que je plane de temps à autre, niveau planètes de notre système solaire, je n'en connais pas un rayon!
-Vous êtes volcanologue? Sexologue? Non? Alors, parlez plutôt de votre journal, bougre d'âne!
-Autant pour moi! Dès le début du commencement de ce journal, vous avez "sans aucun doute" remarqué mon humour niveau CM1 et mes jeux de mots à deux balles, euh, deux euros, parfois bêtes et naïfs. Est-ce dû chez moi à un effet de manques de neurones ou d'ozones, autrement dit: de manques de vaisseaux, d'espaces ou de places dans mon cerveau? La vérité si je mens tient en une phase, euh, phrase: le rire est mon univers et je tiens absolument à préciser qu'il n'y a aucuns volcans de méchancetés dans mes propos. Par exemple, je n'ai rien contre le Président encadré sur un mur et de toute façon (et non pas: contre-façon!), ce journal n'est pas là pour faire de la politique vu que d'autres journaux le font mieux que moi. Je n'ai rien non plus contre les femmes de ménages, ni contre les publicités, du moment que j'ai une télécommande avec des piles pour zapper, ni contre...
Pour clôturer, je tiens, malgré la conjoncture actuelle, à vous rassurer en vous promettant que mes jeux de mots vont passer de deux à trois Euros. Après tout, il n'y a pas de fatalités! J'entends d'ici que toutes les cloches... de la bourse sonnent, sonnent, sonnent!
Je pense avoir tout dit mais de vous à moi, c'est surtout que j'ai hâte de reprendre l'histoire en cours, espérant de tout mon feu, euh, v½u, avoir été clair.>>
...
L'âne Imal:<<-Oui, j'espère de tout mon feu, euh, v½u, avoir été clair. Je me retire de ce pas et ne vous dérangez pas, mon vieux, je connais la sortie! dit-il quand soudain, deux indiens nus entrent dans la ville, euh, je veux dire: quand soudain, deux individus entrent dans le bureau:
Bourgvilain:-Fandemas est là, chef!!! dit-il le journal en main tandis que son compère mange une banane.
De Vines:-Quoi? "lalalalala..." chante-t-il en dansant gaiement quand brusquement son regard s'arrête sur l'âne Imal. Euh, et bien, j'en suis heureux pour vous mon vieil ami mais je n'en ai rien à faire!
Bourgvilain:-Rien à faire? Mais c'est l'affaire à passer, euh, l'affaire du siècle! L'affaire est enfin repassée, euh
De Vines:-Vous avez repassé votre chemise! Ce n'est pas trop tôt!
Bourgvilain:-Je vous dis que Fandemas est dans le journal! Tout le monde en parle dans le bar du coin, euh dans le coin!
De Vines:-Vous êtes complètement fous, euh, saouls tous les deux!
Coq'luche:-Si je peux me permettre, moi, je n'ai encore rien dit!
De Vines:-Vous! Circulez, y a rien à voir! Ou plutôt, finissez votre banane que je puisse vous présenter l'âne Imal!
Coq'luche:-L'âne Imal et pourquoi pas ...
De Vines:-Le poisson niais? Je sais! Vous n'êtes pas le premier sur le marché qui balance cette idée!
Coq'luche:-Oui, comment le savez-vous?
De Vines:-Vous commencez déjà à être "lourd"! Allez plutôt vous faire cuire un ½uf sur le "plat"!
Coq'luche:-Vous avez raison! Reprenons tout depuis le début! Disons: "deux heures moins le quart avant J.C."? Je plaisante! Salut ma poule! Moi, on me surnomme Coq'luche car je suis la coqueluche de mon village (et non pas: de mon poulailler!) et lui, c'est Bourgvilain comme un bourg vilain! Entre nous, je dois t'avouer que pour trouver des noms comme ça, l'auteur de cette histoire doit certainement être belge une foué! souffle-t-il à l'âne Imal dans le creux de l'oreille.
Bourgvilain:-Vous ne pouviez pas nous le dire avant, chef! Je comprends mieux pourquoi vous ne vouliez pas parler de ... mon pied!!! Faîtes attention où vous mettez les pieds, mille milliard de "sabots"!!!
De Vines:-Désolé! lui dit-il en retirant son pied sur ses pompes.
Bourgvilain:-Je dois t'avouer à mon tour qu'on m'a beaucoup parlé de toi, l'âne Imal!
L'âne Imal:-Merci mais je dois vous avouer également qu'on ne m'a jamais parlé de vous!
De Vines:-Puisque nous sommes dans les confidences, je suis bien heureux de vous voir réunis!
Bourgvilain:-Pour le pire ou le meilleur, ça, c'est une autre affaire... à repasser! (rires)
...
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# Posté le dimanche 10 mai 2009 13:24

Suite

...
Attention! Cette conversation n'est pas issue d'une sitcom. Les rires sont bien ceux de Bourgvilain et ne sont pas rajoutés pour prévenir le lecteur que c'est le moment précis pour rire et non à la phrase suivante. En tant que lecteurs et personnes libres 'morale-ment", vous pouvez donc à tout moment dans cette histoire, décider de rire.
Mais attention, à la condition que votre rire provoque l'éclatement de votre voisin de table ou de votre chien, si vous n'avez pas de voisin pour vous tenir compagnie (et non pas: l'étouffement de votre voisin!).
...
L'âne Imal:-Sans indiscrétion, c'est qui ce Fandemas dont vous parlez? demande-t-il en regardant l'affiche sur le mur "Avis de recherches: Fandemas".
De Vines:-Euh, c'est une faute de frappe! Il faut lire: "Fan de mas". Oui, nous recherchons un fan de mas pour publier un livre sur sa vie.
L'âne Imal:-Sa vie à lui?
De Vines:-Oui, sa vie à l'huile, euh sardine à lui, euh sa vie à lui ou à elle, tout dépend!
L'âne Imal:-Ça sent le poisson, votre histoire!
La secrétaire:-Une petite canette (féminin du canon sans doute?) pour fêter cette rencontre?
Bourgvilain:-Ma foi... de morue, ce n'est pas de refus!
Coq'luche:-Tiens, en parlant de fois, j'ai une petite blague: c'est l'histoire d'un âne une foué...
De Vines:-Vous nous la raconterez plus tard, mon vieux!
L'âne Imal:-Au fait, il a oublié de leur demander de frapper à la porte avant d'entrer, pense-t-il tout bas. C'est étrange!
...
Pendant ce temps-là, dans une foire heureuse:
Un marchand: <<-Une tranche! Vous avez dit une tranche? Comme c'est étrange! Vous auriez dit: orange et là, j'aurais pu vous faire "chanter", euh, vous arrêter car on nous a volé notre orange! Ce ne serait pas vous des pois, euh, des fois?>>
...
De Vines:-Bon, ce n'est pas le tout mais l'heure tourne et...
Bourgvilain:-Ma tête aussi! dit-il en buvant son verre.
L'âne Imal:-Ne me raccompagnez pas car je sais où se trouve "la porte"!
Coq'luche:-Ça tombe bien, j'ai deux mots à lui dire! Je trouve qu'il n'y a pas assez de sports à deux roues à la télé (et non pas: à deux balles et à deux euros!) Vous qui faîtes du vélo, vous n'êtes pas d'accord avec me?
Bourgvilain:-"Me... Michelle, ma belle sont les mots qui vont très bien ensemble..." chante-t-il.
L'âne Imal:-Je ne veux pas vous blesser mais je parlais de la porte, cet objet avec qui on entre et on sort.
De Vines:-Allez, bon voyage l'âne Imal!
Bourgvilain:-Je dirais même mieux: "A bon Tain, bon vin! A bon Tain l'Hermitage, bon voyage!" dit-il en jetant son verre vide par la fenêtre ouverte. (L'histoire ne dit pas si le verre atterrit dans la terre, plonge dans la mer ou se barre dans le bar du coin.)
La femme de ménage:-Dommage! J'aurais bien aimé ramasser les bouts de verres! dit-elle en se retirant de la scène (et non pas: en sautant dans la Seine!)
De vines:-Ouf! On l'a échappé belle! s'exclame-t-il alors que l'âne Imal s'est enfin décidé à partir.
Bourgvilain:-Je n'en suis pas si sûr car Fandemas a envoyé ce matin un communiqué à la presse. Lisez!
De Vines:-"L'avertissement de Fandemas: Moi-aussi, je me suis échappée et si tu ne me donnes pas tous tes louis d'or, une crise arrivera et la fin du monde, et non pas: la faim dans le monde car elle a déjà lieue!, débutera, ra, ra, ra... car je passe sous un tunnel! Et non pas: dans les égouts!">>
...
Pendant ce temps-là, toujours dans la séance "d'aides pour auteurs inconnus":
<<-Puis-je poser une question à l'auteur? demande un faux lecteur.
-Bien sûr! Mais avant, tu dois répéter notre slogan! lui dit le chef de cette séance.
-Volontiers! "Les livres se lisent jusqu'au bout, autrement le prix ne vaut pas le coup!". J'aimerais comprendre pourquoi "ra, ra, ra..." dans cet extrait? Je précise que je ne suis pas belge!
-C'est simple! Fandemas a écrit ce communiqué alors qu'il ou elle passait sous un tunnel. "Ra, ra, ra..." sont donc les échos, c'est logique!
-C'est idiot oui!>>
...

Alors que De Vines regarde à la fenêtre si quelqu'un écoute, il reprend:
<<-C'est le même message que tous les dirigeants ont reçu il y a quelques jours! Pour votre gouverne, je vous rappelle que j'ai reçu aussi une lettre anonyme avec un extrait du premier livre de cet âne Imal: "Dans ce sac, il y a des lingots d'or mais surtout ne le dîtes à personne!". Voilà pourquoi j'ai fait appel à l'âne Imal car il va remporter tous ses lingots d'or dans son sac durant son nouveau voyage. Fandemas voudra lui voler et nous n'aurons plus qu'à lui tendre un piège.
Bourgvilain:-Je n'y aurais pas pensé moi-même, chef! Mais qu'est-ce que viennent faire les dirigeants du football dans votre histoire?
De Vines:-Je parle ici des dirigeants du "Monde" et non pas d'une quelconque "Équipe" de football. Vous pigez?
Bourgvilain:-Nous pigeons! Tiens, en parlant de pigeons, sommes-nous bêtes? Ce sont des phrases codées! Fandemas vous lance un message! Les louis d'or alors que vous vous appelez Louis. Oui, il n'y a pas de doutes là-dessus: ce communiqué vous est personnellement adressé, chef!
De Vines:-Vous avez raison, c'est une affaire entre lui et Louis, enfin, je veux dire: entre lui et moi!
Bourgvilain:-Non! Pas lui mais elle car Fandemas est une femme!
De Vines:-Fandemas, une femme? Vous avez perdu la tête, mon vieux!
Bourgvilain:-"Oui, j'ai perdu la tête depuis que j'ai vu Paulette à bicyclette" (extrait de la chanson "oui, j'ai perdu la tête depuis que j'ai vu Paulette à bicyclette" de "Danny monte en...") chante-t-il. Elle a écrit "échappée" avec un "e" à la fin, vous voyez!
De Vines:-Fandemas, une femme!!! Il ne manquait plus que ça! On n'est pas sorti de l'auberge!
L'âne Imal:-ça tombe bien que vous parliez d'auberges car j'ai oublié de vous demander: pour dormir, je vais où le soir?
De Vines:-Vous auriez pu frapper avant d'entrer et puis non, au point où nous en sommes! C'est vous qui voyez mais je vous conseille de dormir à la belle étoile car vous pourriez apercevoir des étoiles filantes et faire des v½ux en même temps...
L'âne Imal:-... en "Somme"! Merci! Bon, ce coup-ci, je me re-re-retire pour de bon! dit-il en re-re-repartant.
Coq'luche:-Idiot à pattes!
De Vines:-Vous avez raison pour une fois! Et je me demande maintenant si j'ai bien fait de mettre ce schpountz sur notre chemin?
Bourgvilain:-Une chose est sûre, c'est que Fandemas est au courant pour votre "échappé", enfin pour votre "âne Imal"!
De Vines:-Oui, j'ai dû emmener ma biche au vétérinaire ce matin!
Bourgvilain:-Non, je parle pas ici de votre animal mais de "l'âne Imal" car le titre de son premier livre est: "L'échappée belle de mon tour... de Gaule", si j'ai bonne mémoire. Ce n'est donc pas un hasard si Fandemas a aussi employé le terme "échappée"!
De Vines:-Hasard! Vous avez dit "hasard"? Pourquoi n'y-ai-je pas pensé plus tôt? Vous allez prendre vos vélos et suivre l'âne Imal. Je veux savoir à la lettre tous ce qu'il va faire. De A jusqu'à Z et de Z jusqu'à A! Allez, au fourneau, euh, au boulot! Messieurs, vous avez du pain sur la planche!
Bourgvilain:-Je refuse! Vous ne m'aurez pas à la baguette comme ça!
De Vines:-C'est pourtant vous qui venez à l'instant de me donner cette idée!
Bourgvilain:-Mais oui, vous avez raison! Je ne suis pas si corniaud que j'en ai l'air! Dans ce cas, je n'ai plus le choix!
Coq'luche:-Et moi, tout le monde se moque de mon avis! dit-il alors qu'une sonnerie retentit.
De Vines:-Trop tard! C'est l'heure de la cessation d'activités! (et non pas: la récession!)
La secrétaire:-Une dernière goutte  pour la route?
De Vines:-Non, merci je ne bois jamais quand je conduis.
Coq'luche:-Vous m'emmenez car ce matin, pour venir en stop, je suis tombé sur un Crésus qui ne m'a même pas passé sa « salade de fruits, jolie, jolie, jolie » pendant qu'il roulait.
La femme de ménage:-Ha, quel beau métier nous faisons, nous les bonnes! s'exclame-t-elle en ouvrant la porte. On entend de ces histoires dans les entreprises mais heureusement, elles entrent par là et ressortent par là! Pour les aveugles, je veux dire ici: par les oreilles!
De Vines:-Bouclez-là! lui dit-il en refermant la porte derrière eux.

En entendant cela, Coq'luche se met à tousser. Était-il atteint de cette maladie très contagieuse, aujourd'hui surtout infantile, caractérisée par de violentes quintes de toux dont le paroxysme évoque le chant du coq et qu'on appelle: coqueluche?
La réponse est: Tintintintin! (musique de: Suspense)
Non! Son chef, De Vines, tellement intelligent, tellement fort, tellement grand, a deviné aussitôt pourquoi son collègue, Coq'luche tousse brusquement.

De Vines:-La ceinture bien sûr! Bouclez-là sinon, cela peut vous coûter chère! dit-il à la femme de ménage, syndicalisée.
...
Alors que pendant ce temps-là:
L'âne Imal:<<-Y a personne là dedans? demande-t-il après avoir frappé à la porte du bureau. Dommage! Pour une fois que j'avais frappé avant d'entrer! se dit-il. J'en étais sûr! La fenêtre est restée ouverte et le chauffage qui est encore allumé!>> soupire-t-il en quittant ce bureau sans rien avoir touché, au cas où "les experts" viendraient.
...
Je sais ce que vous vous dîtes, ce polar en main (et non pas: ce dollar en poche!) : <<-Le chauffage, un jour de Juin , c'est du jamais vu!>> Je vous réponds donc: <<-Bien joué! Vous avez deviné que cette histoire commence en Juin et que dehors, « y a le printemps qui chante ». Il y a donc toutes les raisons de penser que ...
... Quelque part, un gendarme est sur le qui-vif sur une route:

<<-Voiture mal rangée, cela mérite un PV!
Vélo sans lumières! Pas bon pour la sécurité routière!
Vous roulez nu sous la lune, je vous file une prune!
Vous êtes passé au rouge, allez hop, j'en rajoute une couche!
Vous voyez des éléphants, moi, je vous fais une prise de sang!...
Vous voyez, ce n'est pas bien compliqué!
Si vous voulez me remplacer, il va falloir vous imposer! lui dit le gendarme.
-Oui, je connais bien la tactique du gendarme, lui dit alors le radar (enfin, il faut imaginer!)
mais il faut que je vous alarme!
Si avant, un gendarme devait avoir de très bons pieds,
si avant, il lui fallait aussi de la sagacité,
Aujourd'hui, plus besoin d'arrêter les gens!
Tout se fait automatique-tiquement!

L'automatique clic tique du radar
C'est de bien imposer
sans rien laisser passer!
L'automatique clic tique du radar
C'est de bien opérer
pour le compte de la santé!

Il y a les radars timides
signalés par des appels de phare.
Il y a les radars solides
laissés sur le bord d'un trottoir.
Il y a les radars liquides
pour les radeaux non immatriculés.
Il y a les radars pollués
pour les "gaz-rançons" échappés.
Il y a les radars abandonnés
qui ne font pas de bonnes journées.
Et il y a les radars mérités
qui ne voient pas le temps passé
bien contents que tout se fait automatique-tiquement!

Quand y en a qui me dise
que le radar est aux limaces
ce qu'elles sont aux pommes de terre, (c'est un belge qui me l'a soufflé! Je ne sais pas si il a soufflé dans le ballon après!)
moi je pique ma crise
et je leur dit bien en face,
et non pas: bien par derrière,
que je ne suis pas là pour remplir mes poches
mais pour que vous vivez avec vos proches
de grands moments sympathiques
sur les jolies aires de pique-nique.

Excès de vitesse! Pas de souplesses!
Pour sauver petits et grands,
finis les avertissements!
Si je veux veiller sur tout le monde
moi, je n'ai pas besoin de faire des rondes,
j'ouvre l'½il et puis j'attends!
Tout se fait automatique-tiquement!

Y en a qui sont contre, y en a qui sont pour!
Y en a qui y pensent en regardant leur montre
pendant qu'ils font ... tac-tac, boum-boum (pendant que la montre fait tic tac!)
Moi, je fais ce qu'on me dit de faire
comme au service militaire!
...
Oui, comme je le disais, il y a donc toutes les raisons de penser que le chauffage n'était pas allumé et que l'âne Imal avait le visage rubicond! Ce qui expliquerait pourquoi il avait chaud!>>
Et maintenant, je sais ce que vous me répondez: <<En même temps, qui te dis que ce bureau se situe en France? Cette histoire a peut-être lieue dans le pôle Nord? Ou bien encore: l'auteur a peut-être été délocalisé en Chine vu que les Chinois, en majorité, adorent "riz-re"?>> Alors moi, je vous réponds aussitôt tel un tennisman prêt à renvoyer la balle: <<-Pendant que je vous parlais, « cré-mué, cré-mué pas », j'ai complètement oublié que "quéqu'part en Alaska, y a un phoque qui attend toujours sa blonde!">>
A plus y réfléchir, j'aurais dû simplement vous rappeler que ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres et chauffage ou non, dans une histoire, les auteurs peuvent heureusement se permettre de tout dramatiser.
...
Pour redescendre, l'âne Imal préfère prendre les escaliers, histoire de faire un peu d'efforts physiques. A vrai dire, c'est parce qu'il a peur de rester enfermé dans l'ascenseur et de ne plus pouvoir partir à la mission qu'on lui a personnellement adressé.
En entendant les pas de l'âne Imal, la secrétaire se met à courir. Allait-elle lui sauter dessus telle une lionne enragée? Allait-elle lui faire "le coup de la panne" et éteindre la lumière pour voir ce qu'il ferait dans le noire, seul dans l'immeuble avec sa proie?
La réponse est: Tintintintin! (musique de: Suspense, le retour)
Non! L'âne Imal, tellement rêveur, tellement pensif, tellement "con-centré" dans ces objectifs, comprend trop tard pourquoi la secrétaire s'était mise soudainement à courir.
Boum bada boum!
La secrétaire:<<-Attention à la marche! crie-t-elle en haut. Ça roule toujours?
L'âne Imal:-Oui, je suis juste un peu déboussolé! Merci quand même!>>
A peine avait-il le temps de se remettre de ses émotions que la sonnerie retentit à la porte d'entrée et que des personnes extérieures, à faire peur le "Grand méchant loup", soufflaient... Enfin, là, c'est la porte de sortie vu que l'âne Imal s'apprête à sortir tout de suite du commissariat ou de la "fausse" maison d'édition. C'est d'une logique!
L'âne Imal, probablement au risque de sa vie, sort et se jette dans l'arène.
Le "Grand méchant loup" n'est autre que des journalistes qui attendent un quelconque inspecteur pour pouvoir lui poser des questions.
L'âne Imal, bête et gentil, pense donc qu'ils sont là pour prendre des photos avant son départ (et non pas: pour prendre le pot offert avant son départ!).

Boulevard P.:<<-Question de Alain de Laon: Qui a dit: "Après ce film-là, "il" arrête d'aller au cinéma"?
L'âne Imal:-Jules César! Autre question?
Coin Coin:-Je suis journaliste du canard enchaîné coin, euh point. Que pensez-vous du retour de Fandemas alors que "Le monde" l'avait presque oublié coin, euh point d'interrogation? Sa cause est-elle justifiée
L'âne Imal:-Point d'interrogation?
Coin Coin:-Vous n'avez donc pas d'avis?
L'âne Imal:-Des habits? Si si, vous auriez dû me prévenir avant aussi et je me serai mis sur mon 31. Non, je plaisante! Personnellement, je ne suis pas contre!
Coin Coin:-Vous pensez alors que Fandemas a raison de faire chanter le monde entier en demandant de l'argent ou sinon, la fin arrivera?
L'âne Imal:-Je savais que ce fan de mas écrivait mais pas qu'il chantait aussi. Après tout, tout travail mérite salaire et chanter, c'est tellement un beau métier! Et puis, il faut bien manger. "La faim justifie les moyens", comme on dit!
Coin Coin:-Il va sortir un "bou-coin", euh, un bouquin, c'est un scoop, vous êtes sûr?
L'âne Imal:-C'est ce que j'ai compris, oui, mais j'imagine que ça doit rester secret pour l'instant! Et puis, vous m'embêtez avec vos questions, c'est un interrogatoire ou quoi?
Coin Coin:-Un interrogatoire!!! Vous avez de l'humour, vous! se marre-t-il devant le commissariat.
L'âne Imal:-Je dois me reposer avant mon départ.
Coin Coin:-Vous partez! Où ça?
L'âne Imal:-Mon tour commence à la statue de la Liberté.
Coin Coin:-Vous allez à New-York. Je n'ai qu'un coup de "téléphone" à passer et je vais avec toi.
Les autres journalistes:-Nous aussi!
L'âne Imal:-Je pars à vélo.
Coin Coin:-Bon, ce n'est pas tous ça mais je viens de me souvenir que j'ai un autre reportage à réaliser. Bonne route!
Boulevard P.:-Moi, je commence à avoir "la grosse tête"! Il est tout juste 18 heures, à vous les studios!
L'âne Imal:-Et moi, je rends l'antenne!>> dit-il devant les caméras de télévisions.
...
Et pendant ce temps-là, De Vines et ses deux compères roulent tranquillement dans leur soucoupe, euh, leur voiture avec l'auto-radio allumé:
Pépé, le plus ancien des journalistes:-Flash spécial! Après Fandemas le maître chanteur, voici Fandemas l'écrivain qui vient peut-être d'ailleurs! Et non pas: Fandemas l'écrivailleur (écrivain médiocre)! En effet, nous venons d'apprendre à l'instant, de sources sûres, que Fandemas va sortir un livre. J'en connais plusieurs qui vont clouer leur bec après ça! Voici justement leur liste...
De Vines:-Vous avez entendu? Fandemas va publier un livre, voilà autre chose! Vous aviez raison, mon vieil ami: Fandemas ne peut être qu'une femme pour avoir le temps d'écrire un livre. Je me demande d'ailleurs quel est l'imbécile qui lui a donné une idée pareille?
Pépé:-Un nouveau flash spécial: On me dit de vous dire mot pour mot ce que je vais entendre à l'oreillette. "Allez-y!"... Tu es viré!
De Vines:-Moi, viré? Je ne vais pas me laisser faire, croyez-moi!
Alési:-Moi, viré? Vous avez intérêt à courir vite! dit-il alors qu'il écoute la radio au volant de sa formule un.
Pépé:-Je pars la tête haute. "Adieu l'amour! Adieu toutes les femmes..." chante-t-il la main sur le c½ur.
De Vines:-Ouf, c'est lui qui s'est fait licencier et non, moi! Il en a de la chance car il va pouvoir commencer une nouvelle vie.
Coq'luche:-Idiot à pattes!
De Vines:-Comment? Je vous dispense de vos commentaires à tous les deux!
Alési:-Ouf, mon c½ur battait à 300 kilomètres/heure.
Quand soudain, le téléphone du chef se met à vibrer:
De Vines:-Oui, qu'est-ce que c'est? Oh, monsieur le Pré... Pré...
Coq'luche:-Monsieur le Préfet?
De Vines:-Monsieur le Président, que me vaut cette honneur?... Oui, j'ai écouté la radio... Bien sûr monsieur le Président, c'est comme si c'était fait! Je compte sur vous, euh, je veux dire: vous pouvez compter sur moi. J'ai mis mes deux meilleurs hommes sur ce coup.
Bourgvilain:-Vous voyez, cher compère, au fond, notre chef est un brave homme!
De Vines:-Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, monsieur le Président. Le dossier sur "Edwige" sera bientôt classé... Pour Fandemas? Euh, ça roule! Recevez, monsieur le Président, mes salutations distinguées et passez le bonjour de ma part à votre biche, euh, à votre dame! termine-t-il en raccrochant très vite.
Bourgvilain:-L'erreur est humaine, cher compère! dit-il à Coq'luche.
De Vines:-Allez dormir mais avant, n'oubliez pas de regonfler vos vélos pour être prêt pour le départ!>> leur dit-il après les avoir déposé devant leur hôtel.
...
Bourgvilain:<<-Le chef, il commence à me les gonfler! dit-il à son compère dans leur chambre.
Coq'luche:-Oui, si vous voulez mon avis...
Bourgvilain:-Euh, plus tard car j'ai regardé la météo et mon petit doigt me dit que c'est pour demain! Je tiens ce soir à profiter de mes dernières heures dans un lit bien au chaud. Bonne nuit! lui dit-il en éteignant la lumière.
Coq'luche:-Que l'aventure, et non pas: "l'aventura"!, commence enfin! Bonne nuit ma poule!>>
...
Dans la nuit du 5 au 6 Juin:

Par quoi commencer? Ou plutôt, par quoi recommencer? Quel plaisir de reprendre ma plume pour tenir un second journal de bord'L comme Liberté qui me suivra tout au long de ma nouvelle aventure à vélo! Je ne pars ni par défi ni par courage mais simplement par envie de liberté. En vérité, depuis que je suis revenu de "mon échappée belle", je n'ai cessé de penser à repartir. J'ai dans ma tête des rêves de vagabonds, de films d'aventures et de rencontres improbables. Il faut croire que je suis resté "qu'un gamin qui aurait grandi trop vite" mais j'en suis fier. Ma vie est peut-être parfois d'un banal total mais après tout, je suis comme tout le monde. Nous avons tous des rêves, des idées et des projets. Moi, j'aime écrire. Et puis, j'ai d'autres projets que partir à vélo.
Le vélo justement? Je ne vais pas y aller par quatre chemins car je n'y connais rien!
J'ai beau déjà avoir parcouru un peu la France avec ce deux roues, n'étant pas bricoleur, je mettrais par exemple "24 heures chrono" à réparer une chambre à aire crevée. J'assume totalement le fait d'être un grand rêveur, un grand schpountz (et non pas: un grand stroumpf!)... et j'en passe et des meilleurs! Et pourtant, je ne pense pas n'être "ni bon à rien ni mauvais en tout" car je sais intérieurement que j'ai d'autres qualités. Les énumérer serait trop long et je n'ai pas envie d'être "fier comme Artaban".
Être franc! Je vais essayer de l'être le plus possible dans ce journal. Ce sera difficile car je suis un véritable menteur professionnel dans ma vie de tous les jours. De là à penser en me rasant que la politique est mon avenir, je n'oserai pas! Le plus dur, ce n'est pas de mentir aux autres, non, c'est de se mentir à soi-même. Et c'est pourquoi, tant de gens, j'imagine, prennent des pauses pour faire le point sur leur vie et pour méditer... en Méditerranée par exemple. A moins tout simplement que c'est pour se reposer, passer du bon temps, partir en terre inconnue et rencontrer d'autres personnes que ses amis et sa propre famille. (Je ne dis pas ça pour moi mais partir devient encore plus nécessaire si vous n'avez pas d'amis et si vous avez une "salle famille avec une salle bonne femme, un salle bonhomme et un salle petit bonhomme"!)
J'aime aussi l'humour. Non pas pour oublier mes cicatrices mais simplement car rire est bon pour le moral! C'est aussi un "formi-formi-formi-formidable" moyen d'expression! Désolé si je n'explique pas ce point de vue mais je n'ai pas étudié la philosophie! Et en règle générale, je suis incapable de dire une phrase sans aller au bout de ma pensée ou sans bafouiller.
Je suis comme je suis. Ni bête ni homme intelligent (et non pas: mi-bête mi-homme!) mais c'est vrai qu'avec ma naïveté, un beau parleur arriverait "sans aucun doute" à me faire croire qu'un jour, les poules auront des dents.
...

-<<Salut ma poule! Je ne te dérange pas? demande Coq'luche après avoir pénétré par la fenêtre ouverte de la chambre de l'âne Imal.
-Je te salue mon coq! Sois le bienvenu chez moi mais je m'attendais plutôt à voir surgir "le chevalier blanc", tu sais: "celui qui va et qui vole au secours d'innocents ... De chacun, il est respecté, du paysan au chevalier..." (extrait du film "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine!" de Coluche) chante l'âne Imal.
-Oui et bien, tu ne peux pas "avoir l'Alsace et la Lorraine" comme on dit. J'ai un message secret pour toi: "Les poules ont des dents".
-Tu me prends pour un âne ou quoi?
-Je t'assure! Regardes, ma langue est en sang! C'est ma poule qui m'a mordue avec ses dents!
-Alors, on m'aurait menti?
-Oui mais à l'insu de notre plein gré! Et non pas: de notre pain au blé! Ce qui ne veut rien dire du tout! Nous ne voulions pas t'effrayer mais les poules ont vraiment des dents! Regardes encore!
-Ha!!!>> crie l'âne Imal en refermant la fenêtre. (Inutile de dire que Coq'luche a prit avant son envol comme un coq par cette fenêtre. Oui, c'est inutile!)
...
Bourgvilain:<<-Désolé cher compère! J'ai retiré l'échelle car j'ai cru qu'une patrouille de gendarmes arrivait mais c'était le chef avec sa soucoupe, euh, sa voiture! Encore heureux! Des gendarmes qui arrêtent des inspecteurs en "tentative de vol", avec ça, nous aurions fait la une des gros titres dans "le Monde" entier.
Coq'luche:-"Nencore nheureux"! lui dit-il le nez cassé.
De Vines:-Alors? Mon plan a marché?
Bourgvilain:-Ce que je sais, c'est que vous marchez sur mon pied! Ça fait deux fois que vous me faîtes ce coup-là!
Coq'luche:-Comme sur des "n"oulettes, chef! dit-il en essuyant le ketchup sur ses lèvres.
De Vines:-Voulez-vous que j'appelle les pompiers pour votre nez? En même temps, ils retrouveront leur "courte-échelle". Non, je plaisante! Tâchez de ne pas perdre de vue l'âne Imal! Et non pas: le perdre de nez! On se comprend? Let's go my général! dit-il en repartant seul en soucoupe, euh, en voiture.
Bourgvilain:-Let's go my général! répète-t-il une fois que leur chef se trouve assez loin pour qu'il n'entende pas. En attendant, ce n'est pas lui qui va pédaler!>> souffle-t-il à son compère sur leur vélo tandis que la Lune semble se moquer du nez devenu rouge de Coq'luche.
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# Posté le vendredi 22 mai 2009 09:21

enfin la suite



Vendredi 6 Juin 2008:
Journal d'un jeune coq:

Il est tout juste midi, heure de mon portable et cela fait six heures que je suis debout. Après avoir bu un café, prit une douche, fait le tour une dernière fois de mon sac à dos comme un jeune écolier vérifiant son cartable avant la rentrée scolaire, écrit une petite lettre, déposée sur la table de cuisine pour prévenir ma famille de mon départ et après avoir enfin fermé "boutique", je suis parti. Désolé si cette phrase est un peu longue mais je ne voulais surtout pas oublier quelque chose avant de prendre la route!
<<-Je vais en Amérique! ai-je plaisanté avec ma mère, quelques jours auparavant, après lui avoir parlé de mon intention de reprendre la route à vélo.
-Au lieu d'aller chercher de l'or, tu ferais mieux de trouver du boulot!>> m'a-t-elle dit.
Direction: le pont de St-Nazaire et ses trois kilomètres que j'ai souhaité faire en marchant. Des gens se sont mis à klaxonner et à me saluer des mains. Avec mon gros sac à dos et mon vélo, je suppose qu'ils ont deviné que je partais. Destination: le "Nooord" de la France!
<<-T'as quoi dans ton sac, l'ami? Des bières? me demande l'un des ouvriers en pause sur le pont en travaux.
-"La bière, c'est de l'amitié liquide!"
-T'as de l'humour en tous cas! Allez bonne route!>>
Un premier bon souvenir.
Me voici donc après environ trente kilomètres d'efforts, à côté des Chantiers de l'Atlantique.
Face à moi: l'océan et une statue! Alors que le soleil brille, "la statue de la Liberté", je la surnomme ainsi parce qu'elle se trouve place de la Liberté, me regarde assis sur un banc... cinq minutes ou peut-être plus.
L'heure est grave. Ma boîte d'intérim m'a laissé un message sur mon portable pour travailler toute la semaine prochaine comme gardien de déchetterie, poste qui m'a occupé ses six derniers mois. Que dois-je décider? Faire demi-tour? Hier encore, si j'avais eu ce message, j'aurais attendu pour partir.
La vie nous demande de prendre notre avenir en main. Oui, si je retourne maintenant chez moi, je vais travailler la semaine prochaine et probablement durant la saison. Et si je poursuis ma route, qu'adviendra-t-il ensuite? Je l'ignore.
Que choisir: l'inconnu ou le retour chez soi?
Que feraient les autres à ma place? Là, il s'agit de moi, de ma vie. Je n'ai plus envie de faire marche-arrière et d'attendre un prochain jour, un nouveau départ.
Quel plus beau jour pour partir libre que le 6 Juin? Bien que je n'ai pas, heureusement pour moi, le sentiment d'être enfermé ou emprisonné dans le pays où je vis.
Choisir une date de départ pour une aventure comme partir seul à vélo est à mes yeux aussi important que la date de son mariage, de son packsage ou de son divorce. C'est un jour dont je me souviendrai toute ma vie.
Tant pis si on me traite d'imbécile ou de feignant, je continue ce que j'ai commencé. Let's go!
...
Quelques kilomètres plus loin:
De Vines:<<-Vous êtes où? demande-t-il au téléphone, dans le bureau du commissariat.
Bourgvilain:-A Pornichet, chef!
De Vines:-Et l'âne Imal?
Bourgvilain:-On l'attend! Il doit arriver d'un "kilomètre à l'autre".
De Vines:-Je vous ai dit de ne pas le perdre d'une semelle.
Bourgvilain:-C'est qu'avec nos vélos de courses, on roule plus vite que lui, chef!
De Vines:-Louis chef? Vous roulez plus vite que moi en soucoupe, euh, en voiture? Je voudrais bien voir ça.
Coq'luche:-Idiot à pattes!
De Vines:-Faîtes demi-tour et retrouvez-le!>>
...
Quelques kilomètres en arrière:
Bourgvilain:<<-ça y est, chef, dit-il au téléphone, je le vois avec une paire de jumelles.
De Vines:-Qu'est-ce qu'il fait avec une paire de jumelles? En même temps, si ce sont des jumelles, pas besoin de dire "une paire"! Ou étiez-vous à l'école, mon vieil ami? En colle?
Bourgvilain:-Je ne vous permets pas, mon vieil ami!
De Vines:-Appelez-moi chef, je préfère! Garde à vous!!! Bonjour monsieur le Pré... Pré...
Bourgvilain:-Monsieur le Président?
De Vines:-Bonjour monsieur le Préfet! lui dit-il alors que le Pré... Préfet est à son côté.
Monsieur le Préfet:-Passez-moi ce téléphone! Je veux savoir immédiatement: où est l'âne Imal?
Bourgvilain:-Il est sur la plage de monsieur Hulot, entre Saint-Nazaire et Pornichet.
Monsieur le Préfet:-Monsieur "Bulot"? Qui c'est celui-là? Bon, je vous repasse votre chef!
De Vines:-Il se croit en vacances ou quoi? Et puis d'abord, qui c'est ce monsieur "Bulot"?
Bourgvilain:-Dite-moi, mon vieux: que faisiez-vous à l'école? Vous dormiez?
De Vines:-Je ne vous permets pas! Quel bulot! Euh, je veux dire: quel culot>> dit-il en raccrochant.
...
Dans l'après-midi, devant l'hôtel de Ville de Pornichet:
<<-Y marche plus ton vélo? me demande un marchand, marchant à pied.
-Si, si! C'est juste le bonhomme qui préfère marcher pour l'instant!>> lui dis-je, marchant à côté de mon vélo.
Tandis que des gens arrêtés (sans menottes aux mains!) discutent dans la rue:
<<-C'est orageux! dit l'un.
-L'année dernière, nous sommes allés à Marseille! Nous avons eu beau! lui dit l'autre.
-Oui, ce temps-là, ce n'est pas l'idéal!>> (L'idéal pour quoi? Pour couper l'herbe qui pousse, autrement dit: pour tondre sa pelouse, pour se teindre en rousse? Cruel destin! Nul ne le saura! Tous ce que je peux affirmer, c'est que cette histoire n'est pas belge!)
...
22 heures: J'ai rencontré deux jeunes à moto sur une plage de la Baule. On a discuté de tout et de rien. (Attention! Les jeunes comme les moins jeunes ne parlent pas toujours que "de tout et de rien". Ils discutent aussi de l'emploi, du pouvoir d'achat, du cinéma, de la télé...)
Et puis, nous avons bu en sachant évidemment que nous ne pourrions pas prendre le volant après... ni la raquette de badminton!
J'avoue ici que sur ce coup, niveau humour, j'ai zéro point. Et en écrivant cette phrase, je me pose une terrible question: qui me dit qu'ils n'ont pas eu après un accident avec leur moto? Autant pour moi, il y a donc des sujets comme l'alcool où la plaisanterie peut être de mauvais goût. Un philosophe dont je ne sais plus le nom, a dit un jour: "on peut rire de rien sauf de tout!"

Je suis sur le port de plaisance du Pouliguen. Un groupe de musiciens joue dans un bar-restaurant.
Ce qui ne me dit pas: où je vais dormir cette nuit?
"-A la belle étoile! Vous aurez peut-être la chance de voir des étoiles filantes et ..." se souvient miraculeusement l'âne Imal.
... Et pendant ce temps-là:
De Vines:<<-Alors? lui demande-t-il au téléphone.
Bourgvilain:-Ça va! L'âne Imal est en train d'écrire son rapport dans son journal, dit-il devant le bar-restaurant.
De Vines:-C'est quoi cette musique?
Bourgvilain:-Euh, ce n'est rien, c'est le son de mon mp3!
De Vines:-Vous n'allez pas me rouler dans la farine longtemps car je viens vous rejoindre demain. C'est un ordre de monsieur le Pré... Préfet!
Bourgvilain:-Vous à vélo, laissez-moi danser, euh, je veux dire: rire!
De Vines:-Et bien dansez maintenant! Mais j'aime autant vous dire que vous avez intérêt à vous reposer d'ici mon arrivée!>>

Samedi 7 Juin:
Journal d'un poulain: (Pourquoi Poulain? Pouliguen, poule, poulain: voilà la seule explication! Oui, je sais, j'aurais pu naturellement passer du coq à l'âne mais j'aime bien me creuser les neurones de temps en temps!)

9 heures 40: Après avoir longé la côte, hier soir, sur la piste cyclable, je me suis arrêté sur une plage pour y installer mon campement. A minuit, le clairon sonna et je me suis endormi aussitôt, après une bonne première journée riche en coups de pédales.
...
L'âne Imal:<<-C'est moi! Je ne vous réveille pas?
De Vines:-Euh, je suis debout depuis cinq heures comme à l'armée, dit-il alors qu'il est encore dans son lit. Quelles sont les nouvelles?
L'âne Imal:-Voici mon rapport de la veille: temps ensoleillé malgré un peu de vent et j'ai appris que le port de Pornichet avait onze cent places.
De Vines:-Inintéressant! Euh, je veux dire: votre info est innée et intéressante. Sinon, votre sac va bien?
L'âne Imal:-Mon sac? Oui, pourquoi?
De Vines:-Personne ne vous l'a volé?
L'âne (pour faire plus court!):-Non! De toute façon, je n'ai pas de lingots d'or!
De Vines:-Imbécile!... Non, laissez tomber!
L'âne:-Laissez tomber la mission mais elle vient à peine de commencer. En plus, je suis comme un poisson dans l'eau sur mon vélo, dit-il en sortant ses pieds de la mer. Rectification: ses pieds de l'océan vu que la scène se tourne sur les bords de l'océan atlantique.
De Vines:-Justement! Faudrait peut-être la poursuivre, votre mission, au lieu de bronzer sur une plage!
L'âne:-Comment le savez-vous? Tiens, c'est marrant, je vous entends comme si vous étiez à côté de moi.
De Vines:-Normal! Pour les besoins du tournage, le réalisateur nous filme l'un à côté de l'autre pour donner l'illusion que nous sommes à côté alors qu'en vérité, dans l'histoire, nous sommes à deux endroits différents! Je vois que vous êtes enrhumé, ça vous dit une petite prise? lui propose-t-il en lui "pressant" son tabac dans la main.
L'âne:-Merci priseur! Bon, je vous quitte!
De Vines:-C'est ça! Et moi, je ne vous quitte plus des yeux! dit-il en raccrochant. Nom d'une pipe! Il a oublié de me rendre ma prise!>> s'aperçoit-il mais trop tard.
...
13 heures 30: Je me suis arrêté dans la matinée, au Grand Blockhaus de Batz-sur-Mer:
<<-Ce musée, ouvert depuis 1997, raconte l'histoire de la poche de Saint-Nazaire et de ses "empochés", la dernière libérée d'Europe le 11 Mai 1945. Il évoque aussi la construction du Mur de l'Atlantique et sa libération. Ce blockhaus fut à l'époque camouflé en hôtel grâce à un trompe l'½il et de deux toits en bois factices et était tenu par 21 soldats allemands>> a lu, sur le panneau d'information, un enfant qui tenait la main de son grand-père.

Après avoir mangé, "seul sur le sable, les yeux dans l'eau", je vais maintenant reprendre la route.

... Et pendant ce temps-là, dans le braz (grand) restaurant "la chou-ânerie":
Le serveur:<<-Le dol vous a plu, aotrou? Un bihan chistr, breman?
Bourgvilain:-Trugarez kalz, bihan! Merci beaucoup, petit! traduit-il. Pour faire passer la galette, ce serait bien! "Chef, un bihan verre, on a soif!" chante-t-il avec Coq'luche.
De Vines:-Vous comprenez le breton? demande-t-il étonné.
Bourgvilain:-Oui, un bihan peu! Il a dit: "le plat vous a plu, monsieur? Un petit cidre, maintenant?"
De Vines:-Vous avez entendu?
Les deux compères et le serveur:-Quoi donc?
De Vines:-Il reprend la route. Allez hop, tous en selle et qu'ça saute!
Les deux compères:-Et nos crêpes au beurre?
De Vines:-Pour vos krampouez au amann, traduit-il, on verra plus tard! Y a pas de raison que je ne sache pas parler breton moi-aussi! Il ne faut pas que l'âne Imal nous échappe!
Le serveur:-Vous non plus! Et l'addition, qui c'est qui va la payer? Ma mamm-gozh? (Ma grand-mère?)
Le big boss du serveur:-Alors Charly, t'as fini avec tes drôles de dames à vélo? Enchanté messieurs, je manque à tous mes devoirs! Je me présente: Aotrou Le Gwenn, en breton ou Monsieur Le Blanc, en français, surnommé: le big boss, pour vous servir! dit-il en s'inclinant. Voici ma carte de visite avec mon numéro de téléphone personnel! Nous pourrions "vibrer" ensemble, mon chou! précise-t-il en regardant De Vines.
De Vines:-Non mais dite donc, en voilà des manières! Vous avez de la chance qu'on n'est pas "Sul" (se prononce "seul" ou "soul"!). Ce mot breton signifie "Dimanche" et cette expression très ancienne ou imaginaire était formulée autrefois pour réclamer un duel le Dimanche entre bons chevaliers qui se respectaient. De nos jours, cette expression est parfois, pour ne pas dire rarement, entendue sur les circuits de formule un par de grands chevaux qui courent. J'ai un peu le blues car nos bonnes vieilles expressions meurent au fil des bloaz (années)... Pour l'addition, je peux vous régler par carte?
Le big boss:-Je préfère en liquide! Je plaisante mon chou! Détends-toi, je suis sûr qu'un petit massage te ferait du bien.
De Vines:-Écoutez mon vieux, ce n'est pas parce qu'on fait du vélo qu'on est forcément de la pédale!
Le big boss:-Inutile de monter sur vos grands chevaux! Pour me faire pardonner, je vous offre le "chistr" sur un plateau. Vous êtes mes invités. Tournée générale, patron! Le patron, c'est moi, suis-je bête?
De Vines:-Non, c'est moi, ne vous excusez pas! Chacun fait ce qu'il veut de son ...
Coq'luche:-Luc, euh, c'est la saint-Luc aujourd'hui, n'est-ce pas?
Bourgvilain:-Pas du tout, c'est la saint-Gilbert, pourquoi?
Le big boss:-Non, je m'excusais pour mon comportement! Après tous, c'est vrai, nous n'avons jamais planté les choux ensemble à la "ferme... Célébrités". Et vous sans indiscrétion, vous êtes quoi? demande-t-il en regardant De Vines.
Bourgvilain:-Notre chef vit seul!
Le big boss:-Non, je vous demandais: vous êtes quoi? Plutôt campagne ou plutôt ville?
Bourgvilain:-Depuis l'enlèvement de sa femme par des extraterrestres, notre chef a une biche pour compagnie!
Le big boss:-Zoophile? Sacré nom d'une pipe! Je me doutais bien que vous étiez de la campagne, bon diou!
De Vines:-Non, la vérité c'est que je n'ai ni biche ni femme enlevée par de petits hommes "verts" (attention, cela ne veut pas dire qu'ils sont écolos!) mais que je suis comme tout le monde. De l'autre côté du miroir, je cache la peur du regard de l'autre car j'ai moi-aussi mon petit jardin secret! avoue-t-il en chantant ensuite:

"J'habite seul avec Maman.
J'ai un réveil appartenant (cadeau qu'il n'ose pas lui offrir)
à Bernadette.

J'ai pour nous tenir compagnie
des moustiques qui viennent la nuit
par la fenêtre.

Pour bien me laisser reposer,
tous les jours, Maman fait le marché
et la cuisine.

La vaisselle, c'est elle qui l'essuie
pendant que je regarde une bonne comédie
ou que je jardine.

Le travail ne me fait pas peur.
On me surnomme le Dictateur
dans la police.

Si je fais ce métier, c'est pour mes proches
et non pas pour remplir mes poches
et ma petite valise.

J'ai un numéro très spécial
ou je suis né sous une bonne étoile.
Tessier a regardé ma carte grise.

Les Français n'en croient pas leur yeux.
Paraît même que je fais des envieux!
Je suis un homme haut placé comme ils disent."

Après ce moment d'émotions, le big boss emmène ses invités faire un tour dans sa cave personnelle pour déguster un petit remontant.
Le big boss:-Comme disait ma mémé: quand les robinets d'eau sont bouchés, y a toujours ceux de la cave!
Le yaouank (jeune) serveur, suit le troupeau en se disant qu'il faudra bien quelqu'un pour servir les verres.
Le big boss:-Baissez-vous si vous ne voulez pas vous prendre des bosses, leur conseille-t-il en pénétrant dans la cave.
Bourgvilain:-Notre chef, amoureux de Bernadette, qui l'eut cru? dit-il debout sur sa chaise. Aie, ma tête!!!
Tous étaient heureux de se retrouver comme des chevaliers autour d'une table ronde:
De Vines:-J'ai une question qui me turlupine depuis que je suis dans votre braz restaurant: pourquoi "la chou-ânerie"? C'est gwir (vrai), vous auriez pu aussi bien l'appeler: le grand "Poiré"!
Le big boss:-Et pourquoi pas "le grand poireau", tant qu'vous y êtes? Nann (non) mon chou, vous posez ici une question très intéressante. J'oserai même dire, si j'osais, que cette question est essentielle pour bien comprendre mon histoire, notre histoire, votre histoire. Et bien, je vais vous répondre du tac au tac ou si vous préférez de "fri à fri" (nez à nez).
Je karout mon bro (j'aime mon pays): son heol, son avel, ses ker, ses ti (soleil, vent, ville, maison). Je karout mon bro surtout quand je m'y sens libre. "La chou-ânerie" est donc un hommage à la liberté: la liberté de paroles, la liberté de karout les chous de la campagne et de la ville ou sinon de respecter leur goût, la liberté de karout qui on veut tout simplement! Pour votre info, l'auteur de cette histoire ne sait pas comment on dit "liberté" en breizh!
C'est aussi un hommage bien sûr à la chouannerie: l'insurrection paysanne née dans la Maine, en 1793, sous l'influence de Jean Chouan, et qui gagna la Normandie et la Bretagne. Elle prit fin en 18OO.
Mais c'est aussi un hommage à tous nos "mamm-gozh" et tous nos "tad-kozh"...
De Vines:- Nos tas de gosses, en français! Vous voyez mes deux compères, c'est facile le breton!
Le big boss:-Pour votre info, les "tad-kozh", ce sont les grands-pères! Je continue: c'est un hommage à tous nos anciens, poilus ou non, qui ont pri le bag (bateau) en disant "kenavo" à leur tad (père) et à leur mamm en sentant la mor (mer) sur le porz (port). Et non pas: qui ont pri leur bagage! Bien que je ne veux pas juger car, n'ayant point connu les années de vaches maigres, je ne sais pas ce que j'aurais fait par exemple "si j'étais né en 17 à Lendenstadt sous les ruines d'un champ de bataille..."
C'est aussi un hommage à tous nos "yaouank" (jeune) et nos kozh (vieux) qui, dorn dans la dorn (main dans la main) se lèvent hizih (aujourd'hui) et lutteront adarr (encore) et par tous les amzer (temps) pour la paix sur la Douar (Terre).
Coq'luche:-Quel discours magnifique!
Le big boss:-Je n'ai pas terminé! "La chou-ânerie" est enfin un hommage aux choux et aux ânes!
Bourgvilain:-Vous voyez, chef! Finalement, "la chou-ânerie", c'est bête comme chou!
De Vines:-Évidemment, mon vieux, quelle idée de me pousser à lui poser la question!... Comment? Ne discutez pas!!! Kenavo et Trugarez!
Le big boss:-Avant de partir, n'oubliez pas de régler l'addition! Kenavo! dit-il en fermant la porte de la cave à clé.
Le serveur:-Rappelez-moi quel était le numéro de votre taol (table)? demande-t-il à De Vines.
De Vines:-Quelle taule? Je n'ai jamais été en prison! Ces bretons, le ciel leur est vraiment tombé sur la penn (tête)!>>

21 heures: Belle journée ensoleillée. Je suis allé à l'océarium du Croisic et j'ai fait le tour du site des marais salants de Guérande et de son légendaire sel.
A présent, je me trouve à la Turballe sur une plage où les vagues se mêlent au vent.
J'ai fait ma petite toilette grâce à un lavabo mis à la disposition des pêcheurs sur le port de pêche de la Turballe. J'ai retrouvé "Au gré des vents", ce bateau vert et blanc qu'avec mes collègues de formation d'aide de cuisine en 1999, nous avions visité. Un autre bon souvenir.
Une bande d'amis passent devant moi alors que j'écris. Un jeune homme court derrière.
<<-Je vous attendais! Vous êtes en retard! lui dis-je en plaisantant, une canette dans la main.
-Houai! Ce n'est pas drôle de boire seul! me répond-il.
-Ça va, j'ai la mer comme musique!>>

"J'ai la mer comme musique", d'où m'est venue cette phrase? Mozart me l'aurait-il soufflé? Pourquoi être parti tout seul? Je ne m'appelle pas Rémi pourtant.
La vérité si je mens, c'est simplement pour être libre: aller et m'arrêter où je veux, faire ce que je veux... Et ne dit-on pas: mieux vaut être seul que mal accompagné? Pour ma part, je crois qu'une aventure comme celle-çi ne peut se vivre que seul.
-Tu as bien raison d'en profiter car tu n'as pas encore d'enfants! me disent certains.
Dans leur yeux, j'ai parfois l'impression de lire:
-Celui-là, il ne peut pas avoir des "mangas" ("gamins" pour ceux qui savent lire à l'envers!) comme tout le monde! semblent-ils vouloir me dire, en sortant d'un magasin, le caddy rempli de sacs de couches. Quand d'autres ont leur caddy rempli de sacs de croquettes pour chiens et chats!
J'ai bien conscience que si j'avais des enfants, mes priorités seraient ailleurs que de partir à vélo. Je sais qu'il faut surtout réaliser ses projets tant qu'on peut. Et j'ose croire, peut-être naïvement, qu'il n'y a pas d'âges pour vivre, ne serait-ce qu'un peu, ses rêves d'enfants... ou de retraités vu que l'on vit de plus en plus longtemps. Je précise que cela dépend des numéros de sécurité sociale et bancaires qui vous ont été destiné avant, pendant ou après votre naissance. Bref, cela dépend où vous êtes nés?
Alors que je bois ma canette, un couple avec trois jeunes enfants se pointe. Tandis que le père et les enfants s'amusent à se tremper les pieds dans l'eau, je papote avec la mère:
<<-Il ne fait pas chaud ce soir! Y a eu des méduses aujourd'hui! me dit-elle. (-Dommage que t'es pas seule, je t'aurais bien réchauffé ma cocotte! pensai-je tout bas.) Il faut être jeune pour avoir des idées aussi farfelues! me dit-elle alors... que l'un des mômes veut se faire photographier sur un rocher par son père. Vous pouvez leur dire que Ronaldo a marqué un but? Ça va les faire rentrer! me demande-t-elle voyant que j'écoutais la radio dans mon casque (que j'ai éteins avant de commencer cette conversation, cela va de soit!)... Allez, bonne soirée!
-Merci, vous-aussi!>> (Cette phrase est juste écrite ici pour ne pas qu'on m'accuse après d'impolitesses.)

Dimanche 8 Juin:
Journal d'une mouette:

9 heures: Le Soleil brille. Pas un seul nuage à l'horizon. Pour l'instant, en tous cas!
J'ai dormi une nouvelle fois sur la plage. Le temps de manger un peu, de ranger mon paquetage et je "décolle".
...
Sur une plage, pas loin:
De Vines:<<-Vous avez vu?
Bourgvilain:-Quoi, chef?
De Vines:-Regardez discrètement les chaussettes de Coq'luche! Il a une rouge et une verte!
Bourgvilain:-C'est pour la circulation... du sang, "sans aucun doute"! lui dit-il en retirant sa serviette.
De Vines, surpris, voit alors que Bourgvilain porte un slip de bain jaune clignotant.
Bourgvilain:-Vous pouvez y aller mais prudence! lui signale-t-il.
De Vines:-Je vous en prie! Passez d'abord!>>
...
Dans l'après-midi:
De Vines:<<-Qu'est-ce qu'il fait, l'âne Imal?
Bourgvilain:- Il mange une crêpe, chef! dit-il en regardant... les jumelles qui mangeaient une glace. Nous-aussi, on commence à avoir un petit creux!
De Vines:-Ce n'est pas le moment!
Bourgvilain:-Avec vous, ce n'est jamais le moment! C'est vrai quoi, on le suit à vélo depuis trois jours et on a le droit à rien! Pas de digestifs, pas de crêpes... Et bien moi, j'en ai marre! Si ça continue, je me mets en grève.
De Vines:-De la faim? Mais c'est qu'il y a de la rébellion dans l'air? Et bien allez-y, partez mais ne comptez pas sur moi pour quémander (solliciter humblement et avec insistance) au Pré... Président votre médaille d'honneur après qu'on ait arrêté Fandemas et sauvé le monde... grâce bien sûr à l'âne Imal et ses lingots d'or dans son sac!
Bourgvilain:-Très bien, je reste! Mais êtes-vous sûr que l'âne Imal a des lingots d'or dans son sac?
De Vines:-C'est écrit dans son livre "l'échappée belle". Lisez-vous même! dit-il en lui montrant l'extrait dans le livre.
Bourgvilain:-"Je dis ça, parce qu'à chaque fois qu'une personne me demandait... bla-bla-bla, je lui répondais... bla-bla-bla... Il y a des lingots d'or, mais surtout, ne le dites à personne!"
De Vines:-Bon allez, rien de tel qu'une bonne crêpe pour repartir du bon pied!
Coq'luche:-Pour moi, ce sera une crêpe avec du sucre car je n'ai plus de forces aux pattes.
De Vines:-Pour une fois que vous ne dîtes pas une phrase imbécile, c'est épatant!>>
...
22 heures 15: J'ai dû parcourir au moins cent kilomètres dans la journée. J'ai rencontré un couple de retraités à vélo avec qui j'ai roulé un peu et qui m'a indiqué la route pour continuer à longer la côte bretonne le plus possible.
<<-Vous êtes partis quand? me demande la dame en première... vitesse.
-Vendredi.
-Et vous faîtes comment pour vous... ? me demande le monsieur tout en pédalant. (Ce qui fait que je n'entendais pas toujours la fin de leur phrase.)
-Avec des gants!
-Ce n'est pas très hygiénique! Heureusement que vous avez les toilettes publiques!
-Et vous partez combien de temps? ...Vous ne savez pas? Vous avez bien raison! Vous êtes jeune! Bon, vous avez juste à prendre le barrage d'Arzac et suivre Muzillac. Allez, bonne route et bon coup de pédales!>> plaisante le monsieur en s'éloignant et me laissant seul devant "mon grand chemin".
Encore un autre bon souvenir.
J'ai donc emprunté ce barrage et aussitôt après, je me suis arrêté dans une crêperie pour manger une crêpe qui a passé "comme une lettre à la Poste" dans mon estomac.
Me voici sur la plage de Tresevé (et non pas: la plage privée de Trezégé!). Tiens, un couple arrive en voiture:
-Je ne pense pas qu'il va y avoir du monde! dit l'homme.
Là, ils me voient, font demi-tour et la voiture redémarre. Le beau temps étant réapparu, des "idées" leur sont probablement parvenues. J'imagine que leur GPS aura bien réussi à trouver une plage déserte.
-Oui, sur l'île de Robinson Crusoé! fait le GPS.

Lundi 9 Juin:
Journal d'un pigeon-voyageur:

21 heures: Le Soleil était au rendez-vous aujourd'hui et j'avoue qu'avec cette chaleur, je suis forcé de ralentir la cadence. Heureusement, j'ai un chapeau et des lunettes de soleil. J'ignore combien de kilomètres j'ai roulé. Peut-être cinquante?
Voici le planning de la journée: été faire les "soldes" (juste le nécessaire pour la journée), fait le tour du littoral par les plages de Damgan et Pénerf, remonté vers St Armel et Sarzeau, fait une petite sieste à l'ombre d'un peuplier et atterri ensuite au golf du Morbihan "petite mer"... pour y faire une partie de golf!!!
Ce que j'ai écris là n'est pas très intéressant, j'avoue, mais pour moi, c'est beaucoup. C'est la liberté!
Et oui, je suis en Bretagne! La preuve, j'entends un mouton en train d'être égor, euh, je veux dire, nourri.
...
Dans la soirée, le chef et ses deux compères à vélo suit l'âne Imal:
De Vines:<<-Il m'épate! Avec son vélo et son sac à dos, il m'épate! répète-t-il trois fois (euh, un nombre infini!). Éteignez vos lumières! Vous voulez qu'il nous repère ou quoi? Tiens, un mouton sur la route à cette heure-ci, c'est bretonnant!
Bourgvilain:-"Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne..." >> chante-t-il accompagné de ses deux choristes et un mouton.

Mardi 10 Juin:
Journal de Victor, le chien:

Il est 8 heures 30 et le facteur vient de passer.
Revenant sur mes pas dans la soirée, j'ai retrouvé ce petit coin de paradis où je m'étais posé dans l'après-midi pour y faire une petite sieste. J'ai donc passé la nuit "auprès de mon arbre" sous les étoiles filantes ou plutôt sous les avions.
Le chien des voisins a aboyé un peu à mon arrivée hier soir.
<<-Victor, arrête de lécher le monsieur, voyons! dit la maîtresse de ce chien alors qu'elle le promenait tôt ce matin. Ne vous inquiétez pas, il n'est pas méchant!>> me dit-elle alors que j'étais emmitouflé dans mon sac de couchage.
Et c'est ainsi qu'une longue discussion démarra avec la maîtresse (et non pas avec: le chien de la maîtresse, bien qu'il avait un poil tellement doux et des yeux si irrésistibles que si je l'avais vu à la SPA, je l'aurais aussitôt adopté. Tant pis pour lui car d'autres attendent leur tour!)

Mercredi 11 Juin:
Journal d'un petit moineau:

"Il est l'or, l'or de se réveillor, il est huitor!" Je me trouve sur l'île aux Moines où j'ai débarqué hier soir, très tard vers minuit, dans une barque, à l'aide de "passeurs" rencontrés plus tôt dans la soirée. J'ai vécu une rencontre inoubliable et une vraie aventure humaine.
Après avoir donc continué ma route dans la matinée vers Vannes, ville fortifiée; après avoir poursuivi sur Arrabon et passé la fin d'après-midi à me "dorloter" sur une plage vu la chaleur épuisante; après avoir mangé sur cette même plage; le soleil se couchant, j'ai repris mon chemin. Direction: l'île aux Moines.
Mais à mi-parcours, ma roue arrière a crevé. J'ai pensé en premier temps qu'elle était simplement dégonflée mais après plusieurs tentatives avec ma pompe à vélo (et oui, je suis un peu têtu parfois!), il fallait me rendre à l'évidence: ma roue était crevée (et non pas: j'étais crevé, mort de fatigue.) J'ai utilisé ma bombe anti-crevaison qui m'a permit de poursuivre ma route et d'arriver au bout du monde ou plutôt à Port Blanc, embarcadère pour les îles de Breiz ("Bretagne" pour les Nantais qui l'ignorent! Je plaisante bien sûr.)
Sachant que je devais attendre l'aube pour faire réparer ma chambre à air (oui, je ne voulais pas la réparer moi-même! Dans le noir et sans eau pour me laver les mains après, ce serait un coup à retrouver mon vélo en mille morceaux ou à me revoir les mains en sang, n'étant pas bricoleur!), j'ai préféré aller à une crêperie, la seule ouverte dans la soirée.
Des gens, même pas une dizaine (cinq hommes et trois femmes, si mon compte est bon!) "se remplissaient la marmite". Ils m'invitent aussitôt à leur table.
<<-Ne fais pas le timide! Qu'est-ce qui t'arrive mon gars?
-J'ai crevé avec mon vélo.
-Mon vélo, mon vélo, il va marcher beaucoup moins bien maintenant forcément, lance alors "Bourvil". (La même voix, la même tête, les mêmes gestes... Pas de doutes, c'est bien "Bourvil"! pensai-je.)
"Bourvil" me dit ensuite qu'il vient de Rouen, d'autres de Paris et moi, j'étais là tel un vagabond avec mon vélo et des gens que je ne connaissais pas avant. Moi qui voulait de l'aventure, j'étais servi.
-Qu'est-ce que tu bois l'ami?
Je prends un café, certains prennent le petit digestif avec.
-Pour ce soir, qu'est-ce que tu comptes faire? me demande Ludo. (<<-Lui, avec le ventre qu'il a, il doit bien manger et bien boire! pensai-je tout bas.)
-Et le fer à repasser... ! blague "Bourvil".
-On travaille sur l'île et on y retourne après, me précise ensuite Ludo.
Ils me proposent de m'embarquer avec eux pour l'île aux Moines avec une barque... et son moteur que possèdent l'un d'eux. Ce que j'accepte volontiers vu que les seuls réparateurs de cycles dans le coin, se trouvent de l'autre côté de la mer, sur une petite île.
-Île nommée: l'île aux Moines, qui avec ses sept kilomètres de long et ses quatre kilomètres de large est la plus grande île du Golfe du Morbihan. Elle n'abrite ni moines, ni monastères. On doit son nom au roi celte Erispoe qui fit don de l'île à l'abbaye de Redon en 854. Les moines en tirèrent profits mais n'y habitèrent jamais. A cette époque, elle s'appelait Izenah, m'informe la serveuse de la crêperie qui s'appelle Ophélie ou Cécile, je ne sais plus. (A moin que je l'ai lu sur ses lèvres?)
J'ai souvenir qu'Ophélie ou Cécile je ne sais plus, m'a raconté son voyage "chaleureux" en Afrique.
-Je suis partie avec une copine. On a rencontré un jeune homme, genre: fils à papa rempli de frics, qui ne désirait qu'une chose: faire ménage à trois dans la chambre.
-Chirac! lui dis-je pour la faire rire. (Paraît qu'une fille qui rit, c'est une fille... qui rit!)
-Elle a dit: un jeune! plaisante Arold, le marocain ou tunisien, je ne sais plus.
-En plus, il avait un sauna... Bref, pour conclure: il ne s'est rien passé!
On s'est mis à blaguer. Le belge présent racontait étonnamment des histoires belges une foué. On s'est raconté nos vies, on a rit et avec "Bourvil" à table, enfin l'un de ses grands admirateurs, on a finit par chanter: "les crayons", "salade de fruits jolie jolie jolie"; bref, tous ses plus grands tubes!
-Mon vélo, mon vélo!!! Et moi qui partait en vacances en Italie! l'imite-t-il.
Après ce bon moment, "Bourvil" a dû rentrer sur Rouen et j'espère pour lui que sur le chemin du retour, il n'aura pas rencontré un radar qui lui a chanté "l'automatique clic tique du radar". De notre côté, nous sommes tous montés à bord de la petite barque. Mon vélo aussi. Au moindre mouvement, on chavirait. Et moi qui ne sait pas nager! Soudain, c'est la panne, accompagnée toujours de la panique.
-Idiot! Soulèves tes fesses! T'as appuyé sur le bouton! dit le propriétaire de la barque à Arold (et non pas: à l'âne Imal, pour une fois!) Ce n'était qu'une fausse alerte!>>
Après avoir débarqué sur l'île, nous sommes allés voir "Charlemagne", un petit bar sur le quai et la soirée s'est achevée pour ma part vers 1H30 du matin car je suis parti me coucher à l'abri du vent breton, sur la "grande plage" de l'île.(Information essentielle et non pas "à l'huile essentielle!": les habitants l'appellent comme ça parce que c'est la plus grande plage de l'île!)
...
Dans la matinée, à l'embarcadère de Port Blanc:
De Vines:<<-Vous! Restez ici au cas où l'âne Imal reviendrait! Et puis, pas besoin d'être trois car on risque de se faire repérer! dit-il à ses deux compères tout en montant sur le bateau qui mène jusqu'à l'île aux Moines.
Bourgvilain:-"L'avare"! C'est juste pour ne pas payer nos places, oui! dit-il à Coq'luche, une fois que leur chef soit à bord.
Arrivé sur l'île, De Vines s'aperçoit que sa roue arrière est crevée. C'est alors que l'âne Imal le voit de loin et avec la grande solidarité que le monde lui reconnait, il s'approche de lui. Nul doute qu'il va lui donner un coup de main!

L'âne Imal:<<-Dite-moi mon vieux, vous ne savez pas où se trouvent les réparateurs de vélos? On m'a dit qu'ils étaient par là.
De Vines:-C'est par là! lui dit-il avec sa main, le dos tourné pour ne pas être reconnu.
L'âne Imal:-Thank you very match! lui dit-il en se dirigeant donc... par là.
De Vines:-Il se croit en Angleterre ou quoi? Saint-Antoine, il faudrait un miracle pour trouver une voiture sur cette route, prie-t-il les pieds usés de marcher à côté de son vélo, usé lui-aussi.
Ma s½ur:-Vous ici, mon fis! C'est la providence qui m'envoie!
De Vines:-C'est un miracle, ma s½ur! Quelle joie de vous retrouver! Mais vous habitez ici? Je n'ai pourtant pas vu de monastères.
Ma s½ur:-Non, je suis en ballade, répond-t-elle sur son vélo à deux selles. Alors, toujours en mission, pour ne pas changer?
De Vines:-Et oui! Dite-moi ma s½ur, vous n'avez plus votre ancienne voiture?
Ma s½ur:-Non, elle nous a quitté! dit-elle en levant les yeux au Ciel. Un matin d'hiver, en plein centre-ville, alors que je roulais tranquillement sur "un trottoir", son c½ur a lâché. Malheureusement, les garagistes n'ont rien pu faire pour la redémarrer!
De Vines:-Y a pas à dire: les garagistes font vraiment un métier courageux! Moi, c'est ma roue qui a crevé.
Ma s½ur:-Démontez-la! Je vais vous conduire chez le réparateur le plus proche.
De Vines:-Vous êtes sûr qu'il n'y a pas de dangers? lui demande-t-il après avoir démonté sa roue.
Ma s½ur:-N'ayez crainte! Notre Tad est avec nous! Montez!
De Vines:-Dite-moi ma s½ur: pourquoi roulez-vous avec un vélo à deux selles?
Ma s½ur:-Une pour moi et l'autre pour mon Tad! dit-elle en accélérant et en passant par les chemins caillouteux.
De Vines:-Doucement, ma s½ur! Ralentissez! dit-il en s'apercevant que la roue arrière se dégonfle.
Ma s½ur:-La voix du Tad est impénétrable! Alors, priez mon fils pour que le bon Tad nous guide car nous ne sommes que des brebis égarées et la route sera longue avant qu'il nous mène vers de verts pâturages. En anglais: a long way!... Voilà mon fils, nous sommes arrivés! dit-elle en s'apercevant qu'ils sont revenus au point de départ.
Et pendant ce temps-là, juste à côté:
L'âne Imal:-Merci et envoir! dit-il au "réparateur qui lui à réparer sa roue et serrer ses freins à sa place et qui lui a prit 18 Euros au porte-monnaie."
De Vines:-Cachez-moi ma s½ur! dit-il accroupi, derrière la soutane de la bonne s½ur tandis qu'un jeune enfant les regarde:

<<-Mère! dit-il alors à sa mère (Oui, les gars bretons sont très tôt polis sur l'île aux Moines! Et non pas: les gâteaux bretons sont très polis!) Plus tard, je serai moine!
-C'est une honte!>> dit la mère. (Non pas parce que son fils rêve de rentrer dans les ordres de la maison du Tad mais parce que la mère voit ce que son fils voit!)

Ma s½ur:-Pourquoi? demande-t-elle en regardant l'âne Imal. Ce jeune homme n'a pas l'air bien méchant. Je lui donnerais le bon dieu sans confession.
De Vines:-C'est une question de vie ou de mort, ma s½ur!
Ma s½ur:-Ça alors! Comme quoi, les apparences sont trompeuses! dit-elle en regardant mieux l'âne Imal.
De Vines:-Je dirais même mieux: l'habit ne fait pas le moine, ma s½ur!
L'âne Imal:-Bonjour ma s½ur! Je vois que vous avez votre roue arrière dégonflée, j'ai une pompe à vélo si vous voulez!
Ma s½ur:-Merci mon fils mais ça ira! dit-elle, effrayée, devant l'âne Imal.
L'âne:-J'insiste ma s½ur! Cela vous évitera de payer juste pour trois ou quatre coups de pompes! Attendez, je vais le faire!... Sans indiscrétion ma s½ur, cette roue dans votre main, c'est pour quoi?
Ma s½ur:-Euh, c'est ma roue de secours car on ne sait jamais! Notre Tad est bon saint, peut-être même: bon médecin!, mais il nous demande de prévenir plus tôt que guérir, n'est-ce pas?
L'âne Imal:-Vous avez raison, ma s½ur! Il faut que je pense à acheter une roue de secours. Merci et "bonne s½ur ma route"!
Ma s½ur:-De rien, mon fils! Et n'oubliez pas: la route sera longue! En anglais: a long way!
De Vines:-"Bonne s½ur ma route!" Il ne peut pas parler comme tout le monde, celui-là! s'énerve-t-il une fois que l'âne est parti poursuivre son aventure.
Ma s½ur:-Apprenez à pardonner comme notre Tad sait aussi pardonner aux pêcheurs. Que cela vous serve d'hameçons, euh, je veux dire: que cela vous serve de leçons!
De Vines:-Bon, je vais chez le réparateur. Merci et "bonne s½ur ma route"!
Ma s½ur:-C'est un plaisir, mon fils! Et n'oubliez pas: "longue sera la route...">> dit-elle en continuant avec son vélo à deux selles.
...

Le moineau libre:

Salut Patrick, Louis et Antoine!
Je viens faire un tour sur l'île aux Moines.
Ne vous "dér-angez" pas, je suis de court passage!
Comme un oiseau libéré, je suis sorti de ma cage.

La route fut longue pour arriver jusqu'à vous.
Pourtant, je sais, nous n'avions pas rendez-vous.
J'aimerais juste un moment de calme
sur cette petite île, perchée sur la Bretagne.
...
Deux heures et le clairon sonne sur les plages.
Les enfants jouent et ramassent des coquillages.
Les femmes, seins nus, regardent vers l'horizon.
Et moi bien sûr, je regarde... les papillons.

Les Sinagots* déplient leur voile.
L'eau est fraîche; pour les pieds, ce n'est pas l'idéal!
Les chapeaux et les lunettes de soleil sont de sorties
Et moi, rêvant à l'ombre d'un vieux chêne, j'écris.
*sinagot: bateau de pêche à deux voiles en ocre rouge avec une coque noire et ventrue en forme d'huître, origine: Séné.
...
Salut Patrick, Louis et Antoine
J'ai fait le tour de l'île aux Moines.
Je pars continuer mon voyage.
Comme un oiseau emprisonné, je vais rentrer dans ma cage.

-Bienvenue sur l'île aux Moines!
Je chante pour toi qui vient d'accoster
pour que tu n'oublies jamais:
Que tu t'appelles Patrick, Louis ou Antoine,
si dans tes yeux brillent encore
tous ses rêves que tu croyais morts,
écris-les, oses t'exprimer!
Souviens-toi de ce mot: liberté.

Liberté, si j'osais,
je te dirais tous ce que j'ai sur le c½ur.

Jeudi 12 Juin:
Journal d'un cheval: (de courses!)

Le Soleil s'est levé depuis plus de deux heures. Je suis arrivé hier soir à Auray, ville étape du prochain Tour de France début Juillet. J'ai vu un panneau qui l'indique. (En même temps, pourquoi le préciser puisque si un jour ce torchon, euh, ce journal sort un jour, nul doute que la caravane du Tour sera déjà passée?)
J'ai posé mon paquetage dans un parc forestier, abrité d'arbres immortels dont j'ignore le nom, près du port, à côté d'un grand pont. Le bruit des voitures qui passaient dessus m'a endormi ou peut-être, était-ce la fatigue?
Je pourrais aller dans les campings ou dans les hôtels mais avec mon sac de couchage, me rendre dans ces lieux me semblent inutiles. Ce n'est même pas une question d'économies. On peut ici me traiter de menteur et pourtant, c'est la vérité. Dans ce genre d'aventures, je préfère dormir à la belle étoile avec le chant des oiseaux. Enfin, avec des oiseaux pas trop bruyants quand même!
Pendant mon premier périple à vélo en 2006, j'ai dormi soit dans les auberges de jeunesse soit n'importe où: dans les toilettes publiques, sous des abris de bus, sur des bancs...
Je ne suis qu'un petit, petit être humain qui a voulu vivre un peu comme un vagabond et je précise que je n'ai, heureusement pour moi, jamais connu jusqu'à ce jour ni la faim ni la soif ni la manche ni les nuits glaciales sous des cartons.
C'est vrai qu'avec mon jogging noir délavé datant de "la télé en noire et blanc", mon tee-shirt quasi moisi et sentant parfois la sueur, les apparences pouvaient me trahir.
Ce tour-ci, j'ai amené plus d'affaires: deux pantalons au lieu d'un, un pull, deux tee-shirts, une chemise, plus de paires de chaussettes pour éviter de sentir des pieds et je n'ai pas emporté mon jogging. Un simple short suffit.
Et pour l'instant, j'ai toujours réussi à faire ma toilette quotidienne: le haut et le bas. J'ai tout le nécessaire avec moi (gants, serviettes, gel douche, rasoirs, dentifrice...) et les lavabos dans les toilettes publiques me permettent d'être propre tous les jours. Je ne pense pas que je vais donc revenir tout pouilleux à la fin de mon périple. C'est probablement comme ça que se lavent aussi les SDF.
Je sais, je dois dire "sans domicile fixe" ou "sans abri". Qu'on me pardonne parfois mon langage familier mais j'aime les gens qui ne se prennent pas la tête avec les mots. Bien que je ne cesse d'essayer d'écrire des jeux de mots à trois Euros, cela ne veut pas dire que je suis illettré et idiot! Sans doute un amour profond pour la langue française car je n'ai aucune vocation à devenir humoriste!
Par contre, je suis en train de manquer ma vocation de moralisateur. Autrement dit: de donneur de leçons de conduites! Ce qui n'a rien à voir avec le métier de moniteur d'auto-école! Oui, j'ai le sentiment en relisant ce que je viens d'écrire que "c'est l'histoire d'un mec" qui a tout vu tout connu alors que c'est loin de moi, mon idée. Je ne connais pas les galères de la misère. Je veux simplement dire que si j'ai dormi ou que je vais dormir dehors sur un banc ou autre durant cette aventure , c'est parce que je le veux bien! Sans doute pour mieux apprécier à mon retour, les petits plaisirs de la vie comme boire un café bien chaud ou comme lire "un beau roman, une belle histoire", assis sur son canapé.
Je suis bien un français pour écrire un long baratin alors qu'il a suffit d'une seule phrase pour résumer ma pensée. Sans compter que pendant ce temps-là, mon vélo ne roule pas. J'ai bien peur alors qu'avec le temps, ma bicyclette finisse par rouiller et par être "auréolée". Tiens, en parlant de ça, je vais visiter Auray.
...
<<-Auray: centre ville avec des maisons en bois de pans et des rues étroites qui ressemblent étrangement à celles de Nantes. Ce n'est sans doute pas un hasard vu l'histoire des Ducs de Bretagne qui unie ces deux villes. Auray: c'est aussi la ville idéale où l'on peut déguster la Saint-Goustan, bière artisanale! me précise un barman du "café de la Marine" (expression bretonne qui désigne: un petit bar sympa où le cidre est bon et où "les hommes peuvent trinquer aux dames comme dans le port d'Amsterdam". Allez, bonne route et, comme on dit en Bretagne: "qui écoute trop la météo, passe son temps au bistrot"!>>

21 heures: Après Auray, je suis parti en direction de la Trinité sur Mer et Carnac avec son célèbre site d'alignements de menhirs du Ménec que j'ai bien sûr été voir.
Je pense, sauf erreur de ma part, que nul ne sait pourquoi ces pierres sont posées ainsi. Cela ressemble à un cimetière où nos ancêtres posaient ces pierres pour empêcher l'âme de s'échapper.
Je me suis arrêté aussi au fort de Penthièvre, devenu centre militaire aujourd'hui, "où plus de 50 personnes ont été tués par les Allemands en Juillet 1945, les poings liés derrière la tête par des fils de fer."

Et me voici ce soir à Quiberon, longue ville avancée sur la mer. Un littoral avec des criques, des récifs, des plages à perte de vue, des ports de plaisance, des crêperies, des écoles de voile, des grottes et des "hommes préhistoriques": pas de doutes, je suis bien en Breiz!

Vendredi 13 Juin:
Journal d'un chat noire:

Aujourd'hui, j'écris rien car je suis superstitieux!

Samedi 14 Juin:
Journal d'un mouton:

"Belle-île en Mer: l'air est doux et humide, les gelées aussi rares que la canicule! Pas plus de pluies que dans le Sud! Ici, c'est la Dolce Vita!"
Voilà ce que j'ai pu lire sur un prospectus.
Je n'ai pas su résister. J'ai donc pris le Bangor hier matin pour vérifier par moi-même.
J'ai fait le tour de cette île, la plus grande des îles bretonnes avec: la citadelle Vauban où les "empoissoneuses" furent emprisonnées jusqu'à leur mort. On dit qu'elles auraient tenté d'empoissonner Louis XIV et que personne ne devait communiquer avec elles au risque de dévoiler la vérité. J'ai vu aussi la pointe des Poulains avec ses roches grandioses, dominée par un petit phare automatisé; l'Apothicairerie (mot qui n'a jamais été proposé par une candidate dans "des chiffres et des lettres") avec sa grotte interdite aux hommes, car trop dangereuse, et qui offre un panorama unique sur la côte et la lande pour tous les oiseaux marins qui n'ont pas peur de s'y nicher; les Aiguilles de Port Coton, roches dentelées (leur nom vient de l'écume qui, fouettée par gros temps, forme de gros flocons mousseux semblables à du coton)...
De plus, je tiens à signaler aux gendarmes qui liraient, par miracle, ce journal entre deux matchs de football que j'ai emprunté (je n'ai pas dit "volé"!) les itinéraires cyclables, tracés sur des petites routes et chemins, à l'écart des grands axes routiers. Et j'oserais même dire, si j'osais, que je reste perplexe et un peu déçu par ces pistes "vertes" vu le nombre impressionnant de montées et de chemins caillouteux. Ce n'est que mon point de vue!
<<-Vous avez sans doute raison, jeune homme, mais ce n'est pas bon pour la planète, ce que vous écrivez là! m'interromps le planeur qui planait dans les plaines.
-Ce n'est pas bon non plus pour mon vélo!>>
...
Avant de reprendre le bateau qui me ramènera à bon port à Quiberon, je me repose sur une plage où un bateau militaire semble me surveiller.
...Et pendant ce temps-là, sur ce bateau militaire:
De Vines:<<-L'âne Imal nous a repéré! dit-il, les yeux rivés sur les jumelles... qui se déshabillent sur la plage.
Un militaire d'origine allemande:-La guérite (abri servant aux militaires de faction) éclate! Et non pas: la guerre éclate!
Groupir tout de suite dans les canaux car le bateau coule!
Coq'luche:-Est-ce que j'ai le temps de manger mon saucisson?
De Vines:-Écoutez mon vieux, le saucisson, y a pas d'heures pour en manger! Groupir! C'est un ordre! Yia, qu'est-ce que c'est? demande-t-il alors que son téléphone vibre.
L'âne Imal:-Je ne vous dérange pas au moins? J'ai écris un petit poème, enfin, je veux dire un petit texte et j'aimerais avoir votre avis pour le mettre ou non sur mon journal. Je vous le lis:

"Pourquoi partir quand on est si bien?
Pourquoi se dire: c'est déjà la fin?
Il me faudra du temps
pour oublier qu'en un instant,
je suis tombé amoureux de toi.
Pourquoi partir quand on se trouve enfin?
Pourquoi se dire: après toi, plus rien!
Il me faudra du temps
pour oublier qu'au gré des vents,
je suis arrivé jusqu'à toi.
île, parait-il,
que tu es si belle
que dès qu'on te voit
on ne pense plus qu'à toi.
île, paraît-il,
que ton chant ensorcelle
tous ceux qui l'écoute
et qu'on ne veut plus reprendre la route."

L'âne Imal:-Alors, ça vous a plu?
De Vines:-Mais il veut nous faire couler cet animal ou quoi? dit-il alors qu'il est ennuyé par un cheval militaire sur l'un des canaux de sauvetage.
L'âne:-Vous avez raison, monsieur le directeur! Je trouve même que vous n'êtes pas un mauvais cheval (gentil)! lui dit-il pour faire preuve de chevalerie. (C'est surtout pour ne pas offenser son futur éditeur.)
Le cheval:-Pluuuuuuuuuuuu!!! hennit-il (et non pas: bénit-il!) en montant sur ses grands chevaux.
De Vines:-Couchez la bê-bête! dit-il au cheval pour seul "cheval de bataille" (argument).
L'âne:-Bonne idée! Je vais pouvoir mettre mes idées au propre! Cela va me faire le plus grand "bain", euh, le plus grand bien!>> dit-il en raccrochant.
Le planeur:<<-Vous avez sans doute raison, jeune homme, mais ce n'est pas bon pour la planète de prendre un bain. Prenez plutôt des douches!
L'âne:-Je suis d'accord avec vous. Avec mes odeurs de pieds, on va finir par m'appeler: le furet!>>

Dimanche 15 Juin:
Journal de Cannelle:

9 heures: Le Vindilis (et non pas: le vin délice!) m'a ramené à Quiberon hier, en fin d'après-midi. J'ai ensuite repris la route en direction de Port Louis où après 40 kilomètres, j'y suis arrivé vers 23h. J'ai dormi sur une plage près des remparts de la Citadelle où Cannelle, une petite chienne, est venue me réveiller ce matin.
-Veux-tu venir ici? Je te cherche partout! "Satanée"... Cannelle! lui dit sa maîtresse. (A croire qu'elle devait connaître par c½ur le répertoire du chanteur qui aimait "les cornichons"!)
...
Sur la côte bretonne, alors que je vois un fort, entouré par l'océan, je m'arrête et je décide d'interpeller un ancien, assis sur un banc, qui passait son temps à regarder passer les passants comme moi avec mon vélo. Et soit dit-en passant, je n'aurais peut-être pas passé un peu de temps à regarder ce fort si je ne m'étais pas arrêté pour passer un peu de temps avec cet ancien qui passait son temps à regarder passer les passants comme moi avec mon vélo:
<<-Ça, petit, "c'est un fot qui a été constui dan l'incien temps. Ça appatient à des paticuliers"!>> me dit "l'incien". (Traduction: le fort de Kéragan dit "le fort bloqué" datant du XVIIIe siècle, est situé sur un îlot rocheux et se trouve bloqué à marée haute. Il a été racheté par des particuliers et n'est ouvert aux touristes que sur autorisation des propriétaires.)
...
21 heures: Je suis arrivé à Pont-Aven, dans le Finistère (fin de la Terre). Avec ses forêts immenses et ses maisons perchées entre les arbres, j'ai tout de suite remarqué que j'ai changé de département.
Je suis subjugué par la beauté de Pont-Aven, l'une des plus belles villes que mes chevauchées à vélo m'aura donné la chance de voir. Je pensais, avant d'y arriver, filer aussitôt vers Concarneau mais le bruit de la rivière Aven, le charme multicolore des maisons et des moulins, m'ont donné l'envie de rester. Quelle beauté!
Pont-Aven est à elle seule, une peinture vivante. D'ailleurs, les moulins et les lavandières sur les berges ont séduit de nombreux artistes peintres comme Paul Gauguin. Comment je le sais? Les yeux sont faits pour lire, non?

Lundi 16 Juin:
Journal d'une brebis égarée:

... En début d'après-midi, De Vines et ses deux compères, toujours à vélo, regardent les vitrines de l'office de tourisme de Pont-Aven:
Bourgvilain:<<-Je ne sais pas vous mais moi, j'ai une faim de mouton!
De Vines:-On dit: "une faim de loup" et non pas: "une faim de mouton", bougre d'âne! Vous ne seriez pas de la famille de l'âne Imal, par hasard?
Bourgvilain:-Alors là, mon vieil ami, je vous contredis. Ici, les Bretons disent "mouton" et l'explication est simple: il y a beaucoup plus de moutons que de loups en Bretagne! explique-t-il alors qu'un loup hurle soudain. A moins que c'est une grand-mère qui crie sur son petit chat, "Ronron rouge", car il entre avec ses salles pattes alors qu'elle vient tout juste de laver sa place?
De Vines:-Autant pour moi! La prochaine fois, je tirerai sept fois ma langue avant de l'ouvrir!
Bourgvilain:-On dit: "je tournerai sept fois ma langue avant" et non pas: "je tirerai"!
De Vines:-Et bien, ici, en Bretagne, c'est comme ça qu'on dit!
Coq'luche:-Et non pas: c'est comme ça qu'on parle! Imaginez: les bretons, obligés de tirer sept fois leur langue avant de parler, ce serait bretonnant, non?
De Vines:-Alors vous, mon vieux, vous devriez y songer avant de balancer des âneries!
Coq'luche:-Je tiens à signaler que ce n'est pas moi qui a commencé le premier.
Bourgvilain:-Regardez ce qu'a dit Traou Mad, une mère bretonne: "des choses bonnes, ce qui est beaucoup mieux que de bonnes choses" lit-il sur la vitre de l'office.
De Vines:-Cette phrase m'a ouvert l'appétit! Je vais acheter des produits du terroir!>>
Leur chef entre alors dans l'office de tourisme, remplit de bonnes choses à manger.
De Vines:<<-Bonjour, j'ai une question idiote: les bretons disent bien "j'ai une faim de loup", n'est-ce pas?
L'hôtesse d'accueil de l'O.T.:-Nann! On dit: "j'ai une faim de mouton!" Dis-moi, tu ne serais pas de la famille de l'âne Imal, par hasard?
De Vines:-Vous le connaissez?
L'O.T.(pour faire plus court!):-Pas tout à fait! Il nous a apporté un petit poème, enfin, je veux dire: un petit texte sur Pont-Aven. Je te le lis: "Après Aven".
De Vines:-Après ou avant quoi?
L'O.T.:-Non, Aven comme avant! L'âne Imal a fait un jeu de mot avec ce titre!
De Vines:-Et pourquoi pas: "pont arrière"? lui suggère-t-il. "Pont arrière", "Pont Aven", vous me suivez?
L'O.T.:-Ça dépend! Qu'est-ce que t'as comme auto? Non, je plaisante! Bon, je te le lis:

Après Aven:

"Que le monde est cruel,
un jour tout disparaîtra
et cette beauté charnelle
ne sera, ne sera
qu'un lointain souvenir
qu'on regarde en photo.
Écoutez Gauguin nous dire:
-Vraiment, ce que c'est beau!
Les moulins tournent au vent,
les enfants jouent dans l'eau,
l'Aven ruisselle doucement
et moi, je peins mon tableau.
Et si ma vie est éphémère
et n'est que de passage,
l'Aven du Finistère
servira de présage.
Que si l'homme est si bête
pour détruire ce décor,
il mériterait peut-être
la peine de mort.
Combien d'arbres couchés?
Combien de moulins sans vent?
Juste pour se faire du blé
et nourrir nos enfants.
Ha, si c'est ça l'excuse,
pardonnez-moi naturellement!
Détruisez forêts et écluses!
Je n'y avais pas pensé avant."

L'O.T.:-Et c'est signé: l'âne Imal! Il faut être un peu bête pour porter ce prénom. Remarques! Ce n'est pas plus bête que de s'appeler Fandemas! Qu'est-ce qu'ils nous gavent avec ce Fandemas dans les médias? En parlant de gaver, je te parie que d'ici Noël, ils en parlent encore. Si tu veux mon avis de "position", j'suis sûr que la hausse du prix du carburant, c'est "essence-ciel-ment" dû à Fandemas car les états ont besoin de renflouer leur caisse pour payer Fandemas et empêcher la fin du Monde total et irrévocable! Et non pas: la faim dans le monde car elle a déjà lieue en ce moment, comme Fandemas a rappelé dans son communiqué de presse! Et bien moi, je ne lui donne pas tort si c'est pour redistribuer cet argent à ceux qui en ont vraiment besoin maintenant.
De vines:-Et non pas: après!
L'O.T.:-Tout à fait, mon petit monsieur! C'est maintenant et non pas "après" que les plus petits d'entre nous ont besoin d'avoir de l'avoir dans leur réservoir. Et puis, si tu veux mon avis "d'imposition", Fandemas ne mettra pas son plan... d'épargne... à exécution! C'est juste une femme ou un homme, comme toi et comme moi, qui a souhaité transmettre un message de paix! suggère-t-elle.
Aussitôt, elle se met... du rouge à lèvres et du vernis à ongles, va chez la coiffeuse, fait le plein d'essence de sa voiture, rentre chez elle, revient à vélo à l'office du tourisme et se presse... à chanter:
"C'est la lutte des lutteurs,
des coureurs, des grimpeurs et des hauts-parleurs,
de tous ceux et celles qui croient à la vie belle!
Allez! Yallah! En avant! C'est une langue universelle!"

De Vines:-En Avant! répète-t-il en se retirant après, tandis que ses deux compères, ne l'ayant pas attendu, reviennent les mains et la bouche chargées de paquets de galettes de Traou Mad. Allez! En avant! Yallah!
Bourgvilain:-Yallah, yallah! Y a la mère Traou qui nous conseille d'apprécier les bonnes choses alors nous, on prend une pause et on mange! Vous n'avez qu'à y aller!
De Vines:-Si c'est ce que dit la mère Traou alors je reste car comme ma mère me disait toujours: "Homme libre, toujours tu chériras la Mer!">> (phrase empruntée de Loïc Caradec, disparu de la course du Rhum en 1986, à bord du catamaran Royale. Non, je ne suis pas une "en-cyclo-pédie" vivante, je prends juste des notes durant ce voyage!)
...

Mardi 17 Juin:
Journal d'une sardine: (les sardines, c'est comme les pieds, il en faut toujours dans un marché!)

Je me trouve place de la cathédrale de Quimper (Kemper: confluent en breton), face à la statue de Laënnec. J'ai entendu parler de l'affaire Zeznec mais Laënnec, ce nom ne me dit rien.
Je suis parti hier soir de Concarneau après avoir pique-niqué dans la ville "close". Les navires de guerre d'antan pouvaient bien amarrer, j'étais protégé par les remparts. Une dame âgée (et non pas: j'étais protégé par les remparts et une dame âgée!) m'a conseillé de poursuivre ma route vers Quimper en suivant la départementale plutôt que de longer la côte.
<<-Y a beaucoup trop de côtes par la côte et vous risquez de vous rallonger sinon! Mais vous êtes jeune! me dit-elle le sourire aux lèvres. Je lui rappelais "sans aucun doute" son bon temps, ce temps où elle avait vingt ans, ce temps où elle ne pensait qu'aux avances de la douceur des champs... Une longue route vous attend mais vous verrez, l'hiver vient vite en Bretagne! Autrement dit: le temps coule vite dans notre région!>> m'explique-t-elle en entrant seule chez elle dans le noire.
Après avoir roulé les vingt kilomètres qui séparent ces deux villes, je suis arrivé avec l'idée de dormir soit à l'auberge de jeunesse soit au camping municipale. Sauf que ces deux hébergements étaient fermés. N'ayant personne dans mon champ de vision et voyant les caravanes éteintes et fermées (à clé? Je n'ai pas essayé pour savoir!), je suis allé prendre une douche bien chaude au camping. Ma première douche depuis mon départ et en plus interdite. En parlant de ça, je n'avais pas la tête à jouer aux "jeux interdits" dans ce local car mon c½ur battait la chamade par peur d'être surpris nu comme une poire par le, la ou les gérant(e)s:
-Vous n'avez pas honte de faire la poire (faire le prétentieux, en Belgique)? Qui vous a autorisé à prendre votre douche ici une foué? Je vais appeler les gendarmes! Ils vont vous "em-barquette" d'une frite une foué! Bon, venez manger! Je veux bien couper ma frite en deux pour une foué! m'aurait dit le, la ou les gérant(e)s.
Malheureusement ou heureusement (tout dépend du sens!), je ne me suis pas fait attraper et je suis allé dormir ensuite près d'un plan d'eau.
Bref, il est presque 9 heures 02, les gens se réveillent doucement. Je viens de boire un petit, petit, petit café et je vais être honnête: payer 2 à 3 Euros pour deux gorgées de café me donne envie de ne pas être heureux (et non pas: être Euro!). Je ne suis pas radin! Je suis juste franc!
Tandis que les serveurs essuient les tables de leur terrasse car la nuit fut fraîche et que les produits du terroir sont déjà bien installés dans les halles Saint-François, je pars visiter Quimper. Sans oublier aussi que les étudiants passent leur bac.
En parlant de "passer", il me suffisait de passer de l'autre côté de la statue pour lire que Laënnec, René de son prénom, est l'inventeur de l'auscultation.

22 heures: Je suis parti de Quimper vers midi en direction de Douarnenez, vingt kilomètres plus au Nord du Finistère. La dame de l'office de tourisme m'a informé qu'il y avait une piste cyclable pour aller jusqu'à cette ville mais imbécile heureux que je suis, je n'ai pas réussi à la trouver. Je pensais qu'elle se trouvait en bordure de la départementale mais j'ai su à Douarnenez que la piste cyclable était en fait l'ancienne route de chemin de fer remise en service pour les cyclistes.
Et voilà comment j'ai roulé toute cette distance avec la beauté des voitures et des camions qui me touchaient presque... le nez.
Après avoir visité Douarnenez, j'ai repris chemin vers Châteaulin mais à la sortie de la ville, ma roue-arrière a encore crevée. Comble de chance, un réparateur attendait mon "porte-monnaie" à même pas 500 mètres.
La route qui m'a mené jusqu'à Châteaulin est remplie de montées. D'ailleurs, la Bretagne entière est remplie de côtes. Bien que cette aventure débute, il me semble que j'ai déjà eu plus de montées que durant mon "échappée belle" de 3000 kilomètres à vélo en 2006. Je ne compte plus les heures de marches que je trotte tel un âne paresseux.
Bien que j'ai des vitesses, mon vélo et mes jambes n'ont pas la force de monter ces côtes. Il faut dire que c'est le même vélo que mon premier périple et que depuis ces deux années, ma selle est restée à prendre la poussière dans le garage. Même pas une seule petite ballade au compteur avant mon départ! Dire que je parcours toutes ces villes alors que le bonheur des yeux se trouve évidemment aussi à quelques pas de ma vie de tous les jours. Changer de la routine et connaître de nouveaux horizons: voilà certainement deux des raisons pour expliquer pourquoi je suis parti à vélo.
Pardon, j'oublie que je ne suis plus à l'école et que je n'ai plus besoin de justificatifs d'absence.
"J'en ai plein le dos de la Bretagne et de ses côtes!" ou "Je suis sûr qu'ils font exprès pour empêcher les cyclistes de rouler!" ou "La chou-ânerie, quelle histoire ridicule!" ou "Quelle chaleur! Pourtant, on a coutume de dire qu'il pleut toujours en Bretagne!"... Voilà les phrases non grossières que de Bretagne ou d'ailleurs, "le Monde" aurait entendu si des micros étaient branchés sur mon vélo.
Heureusement, dans toute cette histoire, la beauté des paysages me remet du baume au c½ur: les forêts immenses, les rivières, les champs de blé, de maïs et de foins, les maisons de toutes couleurs...
Je suis assis sur un banc d'un petit parc de Port Launay, commune de Châteaulin, allée "les Amoureux des bancs publics". A la radio, j'ai appris l'élimination de la France à l'Euro 08.
Le noir tombe doucement et moi, je tombe aussi. Dans mes rêves, cela va de soit!

Mercredi 18 Juin:
Journal d'une "Marguerite":

18 heures: Après plus de cinquante kilomètres de vélo ou de marches, me voici à Brest avec son château (la tour César et la tour de Brest, son donjon, sa tour Azénor), son pont de Recouvrance, son port, la presqu'île de Crozon, la pte d'Armorique (porte ou pointe? Voilà que je ne sais plus! Ça m'apprendra à écrire parfois en abréviation!)...
Tiens! Voilà le premier train que je vois circuler depuis mon départ. Je n'ai pas eu le temps de lire si c'était le Paris-Brest.

Jeudi 19 Juin:
Journal d'un escargot:

Pensant hier soir dormir sur une plage de Brest, la pluie commençant à tomber, je suis allé direction le port de plaisance où je suis tombé nez à nez sur l'auberge de jeunesse. J'ignorais qu'il y en avait une puisque non indiquée sur mon guide des auberges 2006 que j'avais aussi durant mon premier tour. Le hasard faisant souvent bien les choses et puisque pour ma part, je pense que "rien naît hasard, peut-être!", j'ai donc passé la nuit dans cette auberge.
Après avoir pris mon premier vrai petit déjeuner depuis mon départ et une seconde douche pour évacuer mes odeurs de pied, je suis allé me ravitailler en nourriture pour me rendre ensuite à Océanopolis. Un kilomètre après, juste devant l'auberge, à peine le temps d'éviter un escargot qui passe sur un passage piéton et je m'aperçois que ma roue arrière est encore crevée.
-Tonnerre de Brest! Cette fois-ci, je prends les taureaux par les cornes (bien que je ne suis pas en Camargue!)! pensai-je tout haut.
Je me suis enfin décidé à réparer ma crevaison moi-même vu que j'ai tout le kit du parfait bricoleur dans mon sac. Et ...
...
De Vines:<<-Miracle! L'âne Imal a réussi! dit-il en regardant... les jumelles se baigner sur la plage.
Coq'luche:-C'est un petit pas pour l'âne Imal mais un grand pas pour... euh, disons: pour l'âne Imal! dit-il.
A peine le temps de finir sa phrase que la radio du mp3 de nos trois compères annonce aussitôt:
Mayday (remplaçante intérimaire de Pépé):-Flash spécial! Notre envoyé "spatial" vient de nous apprendre qu'une météorite va bientôt détruire la Terre. Pas d'affolements, c'est pour 2033! A part ça, un "âne Imal" a dépassé ses peurs dans la journée en réparant sa roue de vélo, en s'approchant au plus près des requins et des méduses et en assistant au repas des phoques et des manchots... à Océanopolis!>>

Je me trouve maintenant à la "Pointe du petit minou", située à quinze kilomètres de Brest (je le précise au cas où quelqu'un chercherait cette endroit sur sa carte aux trésors!) Un ancien est venu me voir avec une vieille carte postale de cette pointe datant d'avant-guerre:
<<-Savez-vous pourquoi "le petit minou"? nous demandent-ils à moi et à un jeune couple. Je vais vous raconter... Pour chasser les rats et les souris, les marins emportèrent autrefois des chats sur leur navire. Et pour chasser les rats et les souris qui venaient "en vacances" sur nos côtes, les habitants de cette commune eurent l'idée de mettre des chats pour faire fuir la peste qui souhaitait franchir nos frontières. Voilà mes enfants pourquoi on appelle cet endroit "le petit minou"! Voulez-vous des bonbons?>> nous proposa-t-il gentiment, assis au volant de sa voiture, comme l'aurait fait le Père-Noël (et non pas: le Père Fouettard!).
Je n'invente rien. C'est avec ces mots qu'il nous expliqua pourquoi cette pointe s'appelait ainsi. Je ne suis donc pas responsable au cas où cette histoire serait fausse.
Ensuite, j'ai discuté avec le jeune couple, venu eux-aussi de Brest. Je leur ai raconté mon périple dans cette région: les gens sympathiques que j'ai rencontré, les côtes interminables, la crêpe accompagnée de l'incontournable bolée de cidre...
-A part ça, je ne sais pas où je vais dormir ce soir! Certainement, sur le bord d'une plage, à l'abri du vent! leur ai-je dit en regardant les surfeurs pénétrer dans l'eau glacée.

Vendredi 20 Juin:

21 heures: Le Ciel m'est tombé sur la tête ce matin (enfin juste quelques averses!). Par deux fois, je me suis abrité dans des écuries.
Le Soleil brillant en début d'après-midi, j'ai roulé, roulé, parfois marché, marché (deux fois plus) et me voici à Saint-Pol-de-Léon, sur l'îlot Sainte Anne avec vue sur la mer. Voici une pancarte que j'ai vu à l'entrée d'un restaurant: "A vendre: Équipe de France, peu servie (peu d'occasion, zéro but); prévoir frais!!! Sélectionneur défectueux/ Ribéry H.S. Faire offre. Merci."
...
Quelques heures auparavant, dans une montée, De Vines et ses deux compères, tout trois à vélo:
De Vines:<<-Allez les gars! Yallah! leur dit-il en passant devant ses deux coéquipiers.
Bourgvilain:-Vous allez vous essouffler, chef!
De Vines:-Que le train passe si je faiblis! crie-t-il en accélérant.
Coq'luche:-C'est nouveau, ça vient de sortir! Cela veut dire que si il faiblit, il prendra le train! explique-t-il à son compère, voyant qu'il était resté pantois devant cette phrase. Il a certainement entendu cette expression en visitant la gare de Brest.
Bourgvilain:-Alors, chef, fatigué? lui demande-t-il quelques minutes plus tard.
De Vines:-Vous savez ce qu'on dit: "Quand tu fais du vélo dans le Finistère, tu finis toujours par poser un pied à terre!" Mais je ne suis pas fatigué, je suis crevé!leur dit-il marchant à côté de son vélo.
Bourgvilain:-Vous êtes fatigué? lui redemande-t-il tandis qu'arrive une voiture à toute vitesse.
Les "bronzés 4 dans leur 4-4":-On n'est pas fatigué! chantent-ils quatre fois en les doublant.
De Vines:-Bande de voyous! Vous avez vu ça? Ils nous ont arrosé en plus!
Coq'luche:-J'ai noté leur plaque d'immatriculation! On va pouvoir prévenir leur parent, chef!
De Vines:-Bon boulot, mon petit! Ceux-là, ce n'est même pas la peine qu'ils écrivent au Père-Noël cette année!>>
Voici la suite de cette histoire en vitesse accélérée:
Le vélo du chef étant crevé, celui-ci décide de partir seul chez un réparateur. Il rencontre par miracle sa s½ur sur son vélo à deux selles et le conduit comme d'habitude, en prenant des raccourcis. Plutôt que de réparer son vieux vélo, il préfère acheter un vélo à trois selles pour rouler plus vite bien entendu mais aussi pour rouler moins et laisser ses deux compères rouler plus. (Mais ceci est un secret! Que cela reste entre Louis... et moi!)

Dimanche 22 Juin:
Journal d'une cigale: (qui va encore chanter tout l'été!)

11 heures: Fête de la musique oblige, je n'ai pas pris, hier (et non pas: prier!) le temps de faire mon rapport dans ce journal. De toute façon, pour parler de quoi? Du temps qu'il fait? Réponse: temps gris matinal! Des gens rencontrés? Réponse: quelques-uns hier comme ce jeune black de Lannion. Me voyant avec mon sac et mon vélo, il est venu discuter avec moi de voyages et du chemin de Saint Jacques de Compostelle qu'il a réalisé à pied en vingt-un jours en Août 2006.
<<-En fait, je suis parti de la frontière française-espagnole et je compte peut-être repartir bientôt mais de chez moi, cette fois-çi. J'aimerais bien le refaire à vélo, justement. Et toi, tu fais le "Tro Breiz"?
-Oui! lui dis-je n'ayant en vérité jamais entendu parler du "Tro Breiz" (voilà une preuve que je suis le Roi des menteurs!) Beaucoup de gens pensent que je fais le chemin de Saint-Jacques, surtout quand je vais dans les offices de tourisme ou quand j'entre avec mon sac dans les églises.
-C'est vrai qu'un cycliste avec un gros sac sur le dos, ce n'est pas courant! D'habitude, les voyageurs comme toi, ont des sacoches sur leur vélo. Il n'est pas trop lourd?
-Parfois oui, quand je fais le plein de nourritures (et de liquides!) mais sinon, ça va! Je le pose sur mon porte-bagage quand je roule et le porter sur moi est devenu une habitude. Je n'ai pas de douleurs au dos pour l'instant!>>
...
Parler de la fête de musique? Les rues étaient bondées de monde à Lannion avec des genres de musique pour tous les goûts: les indétrônables binious, du rap, de la techno, du country, des danses irlandaises ou bretonnes... Je me suis couché près du Léguer, rivière de Lannion, encore une fois à la belle étoile.

... Très tôt, ce matin:
De Vines:<<-Alors, pas trop fatigué? Vous avez dansé au moins? Avec votre sac sur le dos, suis-je bête? Vous auriez dû le poser dans un endroit sûr?
L'âne Imal:-C'est ce que j'ai fait! Je l'ai mis à la banque! Non, je plaisante!
De Vines:-Vous m'avez fait peur! Quel joyeux luron vous faîtes!
L'âne Imal:-Et non pas: le Luron! C'est drôle, n'est-ce pas?
De Vines:-Tout à fait Thierry! Voilà que je divague à mon tour. Ce n'est pas normal!
L'âne Imal:-Oui, je serai vous, j'irai voir mon médecin!
De Vines:-Pourquoi voulez-vous aller voir mon médecin, vous êtes malade?
L'âne:-Je dis ça car mes jeux de mots sont peut-être contagieux alors je serai vous...
De Vines:-Écoutez mon vieux! Ne jouez pas au malade imaginaire avec moi! Chacun reste à sa place: moi c'est moi et toi, t'es toi!>> rappelle-t-il en raccrochant.
De Vines:<<-Ce n'est pas normal! s'énerve-t-il, après avoir bien sûr "tiré" sept fois sa langue.
Les deux compères:-Quoi donc?
De Vines:-Bougres d'ânes! Ce n'est pas normal que Fandemas n'a pas encore essayé de lui voler son sac alors que l'occasion s'est présentée hier soir! Je vais finir par croire que Fandemas n'existe pas et que le communiqué qu'on a reçu était la farce d'un petit blagueur!
Coq'luche:-Vous ne pensez tout de même pas à monsieur le Pré
De Vines:-Si dans cinq minutes, je n'ai pas des nouvelles de Fandemas, j'arrête tout! dit-il en coupant son compère. Et on oublie cet imbécile d'âne heureux! continue-t-il énervé alors que son portable se met à vibrer.
L'âne Imal:-C'est moi! J'ai oublié de vous dire...
De Vines:-Écoutez mon vieux! Je craque! Votre histoire ne nous intéresse pas! Nous, ce qu'on veut, c'est Fandemas!
L'âne Imal:-Justement! C'est ce que je veux vous dire! "Fan de mas", c'est ...>>

C'est la Publicité! La bonne occasion pour moi de prendre la route.

21 heures 17: J'ai suivi le circuit cyclable qui mène jusqu'à Guingamp où je suis arrivé en début d'après-midi. Entre-temps, je me suis arrêté pour reprendre des forces à "l'ombre des écorces d'un arbre corse" qui m'invita à la sieste. Je ne pus m'empêcher de rêver à des "feuilles vierges nues sous leur corsage". (Pardon, si c'est un peu corsé!)
J'ai donc visité Guingamp avec son centre-ville et ses pavés, ses remparts, sa rivière dont j'ignore la source, ses boulangeries où j'ai pu acheter une baguette et un gâteau au chocolat. Avec tous ses efforts, je suis bien forcé de reprendre des forces!
Inutile de préciser que Guingamp a aussi fêté la musique et le début de l'été! Quelques déchets de la veille (papiers souillés mais il n'y a pas que les papiers qui étaient "soul-liés", il y a aussi les pompes et les gobelets!) trainaient encore dans les ruelles.
Ensuite, direction: Saint-Brieuc où quarante kilomètres après et toujours en suivant la piste cyclable, je suis arrivé en soirée. Je ne suis plus dans le Finistère mais dans les Côtes d'Armor.
Ha oui, j'oubliais! A une vingtaine de kilomètres avant d'arriver à Saint-Brieuc, je me suis arrêté dans le village appelé: Châtelaudren où 99,9% des habitations et entreprises sont en pierre. Même l'église! De là à dire que 99,9% des habitants s'appellent Pierre! Je l'ignore! J'aurais pu demander à ce pêcheur en plein milieu de la rivière qui pêchait la truite. Je le sais pour lui avoir demandé et fier de sa réussite (non, il ne jouait pas aux cartes en même temps!) il me montra sa truite.
Et me voilà donc à Saint Brieuc, sur les rives d'une plage déserte à cette heure-ci. Le Soleil se couche doucement. C'est vrai qu'il est agréable de profiter des derniers rayons du soleil avant la nuit. Enfin, l'été! Je dois avouer que depuis mon départ, je n'ai pas à me plaindre du temps. Mis à part les petites averses de ces deux derniers jours et le soir de mon arrivée à Brest, le beau temps m'a toujours été fidèle. Tiens, j'ai un nouveau jeu de mots en tête: "Il vaut mieux un temps d'été stable qu'un temps détestable!"
Ce qui peut me déranger dans ce genre d'aventures à vélo, ce n'est pas la pluie, le vent, bref, le mauvais temps! C'est surtout mon vélo qui tomberait en panne ou mon moral et mes forces physiques. Et pour le moment, ça roule tout le temps!
Tiens, en parlant de temps, il est temps de...
...
L'âne Imal:<<-Oui, ce que je voulais vous dire avant qu'on soit coupé, c'est que "Fan de mas", c'est...
Le gardien du camping (où De Vines et ses deux compères se trouvent):-Extinction des feux! Et je vous rappelle que toutes les télés, radios portables sont interdites dès à présent. Bonne nuit les "p'tits quinquins" (hymne du "nooord")! crie-t-il dans son haut-parleur.
De Vines:-Mais qu'est-ce que c'est que cette carabistoule? Je ne peux plus téléphoner ici, hein?
(Devant le succès des "Ch'tis", l'auteur de cette carabistoule a été obligé de s'y mettre aussi! Je sais c'est un peu boubourse (con) mais c'est comme ça! Disons que pour la compréhension de cette aventure, le gardien du camping est du "nooord" et qu'il réclame à tous ses locataires de parler le ch'ti sous peine d'être renvoyés!)
Le gardien du temple, enfin, je veux dire, du camping:-Mais non, p'tit biloute! Les télés, radios portables sont interdites! Pas les portables, heiin!
De Vines:-J'aime mieux ça! lui dit-il. Bon qu'est-ce que vous vouliez me dire? demande-t-il à l'âne Imal au téléphone.
Le gardien:-Attention! Je vous entends! Vous devez parler ch'ti?
De Vines:-Ne faîtes pas gaffe si je vous parle bizarrement! Alors, c'est quoi cette info, hein?
L'âne Imal:-"Fan de mas", c'est moi!!!
De Vines:-Vingt de diousse! C'est vous Fandemas! Mais pourquoi p'tit biloute?
L'âne:-Je vais vous expliquer pourquoi. Tout a commencé... Quand vous m'avez dit dans votre bureau que vous recherchiez un fan de mas! Ne connaissant pas le mot "mas", aussitôt rentré à la maison, j'ai cherché dans mon dictionnaire et c'est là que j'ai su que "mas" est une maison de campagne de Provence. Je suis votre homme. Oui, je pense que je peux vous écrire un livre sur la campagne des hommes et des femmes de la politique qui habitent en Provence car je dois vous avouer que j'aime les hommes, les femmes, la politique et la Provence. Qu'en pensez-vous docteur, euh, monsieur le directeur? Allo? Il a raccroché! Cette idée ne lui a pas plu, quel boubourse je suis! J'aurais dû m'en douter! (Et non pas: j'aurais dû m'endetter!)>>

Lundi 23 Juin:
Journal d'un Griffon: (mi aigle, mi lion, le griffon est l'emblème de Saint-Brieuc!)

Très tôt ce matin, dans la piscine du camping:
Bourgvilain:<<-Gla-gla! L'eau est très froide! dit-il à son compère, Coq'luche.
De Vines:-C'est pour mieux vous réveiller mes enfants! leur dit-il en remontant à la surface de l'eau. Tandis que vous dormiez comme des ours ou des ronfleurs cette nuit, moi j'ai réfléchi à cette question: pourquoi Fandemas s'appelle Fandemas?
Bourgvilain:-That is a question! Oui, j'ai déjà fait un tour en Angleterre, enfin, on m'a un peu forcé la main, voyez-vous!
De Vines:-Je vois surtout qu'aucun de vous n'a pensé que si Fandemas s'appelle Fandemas, c'est parce que c'est une fane de mas! Et bien moi, j'y ai pensé à votre place!
Coq'luche:-Oh bah mas, euh mince alors, si on suit votre raisonnement, cela veut dire que Columbo est un fan de colombes, Navarro est un fan de "L'avare"...
De Vines:-Et que le Roi Arthur était un fan de l'art!
Bourgvilain:-Et alors? Fandemas peut aussi bien aimer les limaces, euh, les mas mais aussi les villes, non?
De Vines:-Ce n'est pas bidon! En tous cas, nous savons maintenant un peu mieux qui est Fandemas dans cette histoire! leur affirme-t-il en sortant tout trois de la piscine.
Coq'luche:-Nous "savons"? C'est vite dit! Je dirais plus que nous "glissons"!>> dit-il en marchant sur une peau de banane.
...

13 heures 01: J'ai dormi sur un banc dans un chemin côtier de Saint Laurent sur Mer, à quelques pas du port de Saint-Brieuc. Hier soir, dans le noire complet, j'ai cru avoir trouvé le trésor des "tentes pliées". Près du phare de Saint Laurent, je pensais qu'un grand coffre fort s'était échoué sur la côte. Mais ce matin, en retournant à cet endroit, le trésor avait disparu. Ce n'était qu'un énorme tas de roches en forme de coffre fort, certainement posé là pour éviter aux bateaux d'échouer. Je me voyais déjà...
... En haut d'un écran, quelques années plus tard:
<<-C'est en 2008, durant sa trotte à bicyclette que l'âne Imal trouve un coffre rempli d'émeraudes à Saint Brieuc, terres d'Emeraudes. Il décide ensuite de louer le paquebot Le "Petitânic" pour une heure et de remettre ce trésor en plein "c½ur de l'océan".
-J'ai préféré continuer mon métier de "globe-trotteur"! racontait-il sur son vélo à qui voulait le laisser passer lors de ses autres voyages en Chine, au Vietnam, aux États-Unis... Bref, partout dans le Monde sauf dans le pôle Nord!
-Je suis un âne! Pas un ours! disait-il à qui voulait l'entendre.
Malgré les années qui ont passé, c'est avec émotion que nous l'avons retrouvé en train de pratiquer son sport préféré sur le trottoir:
-Hé l'âne Imal, les trottoirs, ce n'est pas fait pour les poires! interpelle un gendarme dans la rue. Mais je te reconnais, l'ami! Je t'avais arrêté à Sens à un sens interdit lors de ton "échappée belle" à vélo. Alors ça y est, tu profites de tes vieux jours pour être enfin accordéoniste?
-Comme çi, comme ça! Je vends des pompes, je suis "pompiste"!
-Moi, je colle toujours des bulles (amendes), je suis "fun en bulle"!
-Et moi, je suis reporter sans frontières et je suis dans les "pompes funéraires"! (métier où l'on risque sa vie chaque jour)
Et c'est ainsi que s'achève l'histoire d'un rêve... tombé à l'eau!>> conclut Frédérick "Mythe-errant" dans son reportage en noir et blanc.
...
La mer se retire. J'ai visité Saint-Brieuc: ses plages et sa cathédrale, étape du "Tro Breiz". Sur le plan du centre ville que m'a donné l'office de tourisme, je sais maintenant que c'est le pèlerinage en hommage aux sept saints fondateurs de la Bretagne. Je suis allé aussi me rafraîchir à la fontaine du VIe siècle après J.C. avec son eau de source qui guérissait les malades atteints du "mal des ardents", maladie provoquée par la mauvaise qualité des céréales. Avec ou sans OGM? Ce n'est pas "prescrit" dans ma documentation!

Mardi 24 Juin:
Journal d'un moustique: (venu me piquer dans mon sac de couchage)

Je suis parti de Saint Brieuc hier en début de soirée et j'ai roulé jusqu'au bout de la nuit vers Saint-Malo après un peu de difficultés à trouver la bonne direction. J'ai demandé la route à plusieurs reprises, n'ayant pas de cartes sur les côtes d'Armor.
<<-Tu prends la route d'Ivygniac, c'est tout droit et après, tu suis le circuit vélo comme si tu allais vers Rennes. A un "carrefour", pas le magasin bien sûr, tu verras indiquer la direction de "Saint Malo" sur une pancarte. Tu la prends! La direction et non pas: la pancarte! Ne t'inquiètes pas, tu es sur le bon chemin mais la route sera longue, j'te préviens!>> m'aida une dame âgée.
(Certains pensent peut-être ici que je me moque de cette dame âgée et pourtant, c'est ainsi que celle-çi m'a gentiment aidé à trouver ma direction. Sans elle, à cette heure-çi, je serai "sans aucun doute" rendu je ne sais où en Sibérie avec la barbe longue et les cheveux blancs.)
...
De Vines et ses deux compères sur leur vélo à trois selles, demandent ensuite la direction à leur tour à cette même dame.
<<-Suivez le guide du routard! Achetez-le avant au premier "carrefour" que vous verrez! Le magasin bien sûr! leur conseilla-t-elle.
Puis, arrive la bonne s½ur sur son vélo à deux selles:
-Suivez la seconde voie, ma s½ur! Autrement dit: écoutez votre voix intérieure!
Puis une équipe du Tour de France suit (ne vient pas du verbe: suer!) à vélo et en plein entraînement:
-Le Tour de France ne passe pourtant pas cette année à Saint Malo? demande-t-elle étonnée.
-It's pour nos prochaines holidays in France! répond l'un des équipiers, équipé en "super" vélo de course.
-Pour aller à Saint Malo, vous devez obligatoirement passer par Rennes avant! Profitez-en pour visiter! leur ment-elle.
Et enfin, surgit Richard Viré sur son vélo:
-Pour aller à St-Malo, appuie sur le champignon vers Paris! C'est le chemin le plus court, mon petit!>> lui dit-elle.
...
Je suis arrivé ensuite à Matignon. Depuis le temps que j'y pensais (même en me rasant!), j'y suis entré dans la soirée. Les cloches de l'église semblaient sonner mon arrivée "sous les lampions de la place" de la mairie. A côté, tandis que je mangeais mon saucisson à l'ail, je pensais apercevoir l'ombre des ministres en plein conseil mais ce n'était qu'une simple réunion tardive dans l'office de tourisme.
Fatigué, épuisé, essoufflé... oui, faire du vélo, ce n'est pas un travail de tout repos!... je suis allé dormir à l'hôtel Matignon "A la belle étoile", hôtel confortable avec un sac de couchage pour seul lit, chant des chiens des voisins pour me bercer et un paquet de gâteau comme petit-déjeuner. Assurément, je conseille cet hôtel à tous les grands rêveurs comme moi. Je n'ai pas dit: les petits!
Allez en piste! Direction: Saint Malo!

17 heures et un interview: Une journaliste de la radio France bleu m'a interviewé au téléphone sur mon "échappée belle" et sur ce nouveau périple à vélo. (Je n'ai pas osé lui parler de Fandemas et de mes trois "compères" préférés qui me suivent dans cette aventure. Elle m'aurait prise pour un fada!) Diffusion à l'antenne ces jours-çi! (Enfin, je ne vois pas l'utilité de le préciser ici car si ce journal est publié un jour, il y a belle lurette, pour ne pas dire un siècle, une éternité, que la diffusion sera passée!)
Je me trouve devant la tombe de Châteaubriant, enterré sur l'îlot du Grand Bé. A côté, le Petit Bé. Je regarde la mer si calme, si bleue, avec un soleil si brûlant qu'il me semble voir la Méditerranée. Et pourtant, ici, c'est l'Ille et Vilaine et Saint-Malo, ville fondée au VIe siècle par le moine Mac Low ou Malo (venu de l'actuel Pays de Galles), station balnéaire si réputée que je ne pouvais pas ne pas y faire un tour.
Et puis, il y a ces villes toutes aussi belles comme Dinard ou Saint Briac sur Mer où je suis passé en venant ici. C'est vrai, j'ai parfois l'impression d'écrire comme une office du tourisme mais je n'y peux rien si la France a tant de jolis "coins" à visiter même quand il fait un temps de canards.
Comment ne pas être heureux, libre devant ce panorama? Pourtant, je suis comme un fantôme errant seul dans ces villes, discutant avec ceux et celles qui le souhaitent. Aujourd'hui, je suis ici. Demain, peut-être ailleurs! Vais-je me souvenir demain de ces remparts médiévaux, du chant des mouettes et de ces oiseaux dont j'ignore le nom? Quelle importance du moment que je suis heureux et fier d'être venu jusqu'ici à vélo même si ce que je fais a si peu d'importance. Oui, voilà bien ma chance car c'est une chance pour un homme de savoir qu'on est si peu de choses. "C'est mon ami la rose qui me l'a dit ce matin". Je suis comme tout le monde, ce que d'ailleurs, j'ai toujours su: je suis un homme de passage. Voilà certainement pourquoi l'envie d'en profiter avant qu'il ne soit trop tard est la plus forte. Voilà pourquoi écrire son journal, écrire sa propre vie est important. Je laisse une trace. Bonne ou mauvaise? J'écris dans ce journal comme il me semble que j'aimerais le lire si c'était le journal et l'aventure de quelqu'un d'autre. Je me dirais: tiens, cet homme-là, il aime la vie, les gens, les voyages réels et romanesques. Je me dirais aussi: ce gars-là, il a encore l'envie de rêver, d'espérer et de croire qu'on peut encore mélanger les goûts et les couleurs. N'est-ce pas le but de la vie sur cette planète: se mélanger?
Donner l'envie aux plus jeunes et aux moins jeunes de sortir dehors découvrir le Monde à vélo, en roller, en voiture... Donner l'envie aux autres d'écrire et de rêver, voilà l'essentiel d'un journal comme celui-là.

Mercredi 25 Juin:
Journal d'une hermine, animal allégorique des ducs de Bretagne, symbolisant la pureté et la fidélité (devise de Saint Malo: "Semper fidelis")

20 heures 53: Avant d'aller roupiller hier sur la plage, face aux îlots, je suis allé faire un tour à l'extérieur de la cité, en dehors des portes qui mènent sur l'océan. A la gare, un chantier énorme est dû à la construction d'h.l.m. Les touristes qui sortent de la gare doivent se demander si il n'y a pas eu des bombardements. Oui, j'aime aller voir les gares des villes où je passe avec mon vélo pour regarder la vue si j'étais venu en train.
Après, je suis donc allé dormir sur une plage où des jeunes ont pris le bain de minuit, ont bu et chanté avec un guitariste et ont dansé jusqu'à très tard dans la nuit.
Encore un beau soleil aujourd'hui donc beaucoup de monde sur les plages, qui comme moi, ont passé la journée à bronzer. J'ai rencontré une fille, Adeline, une Malouine, qui est en stage à la bibliothèque municipale.
<<-Et tout ça gratuitement vu que mon stage ne dure pas plus de trois mois! Je termine Samedi! me dit-elle sur le bord des escaliers de la plage, où je me suis posé à côté d'elle car j'avais mis mes habits à sécher sur ma serviette de plage.
-Oui, j'ai lavé mon linge avant à la laverie.
-Je dois dire que je te regardais avant! m'avoue-t-elle.
-T'as dû te dire: qui c'est ce mec pas fier qui met ses caleçons et ses chaussettes à sécher? Encore un énergumène qui sort de sa campagne!
En bref, on a ri et on a discuté de tout et de rien: de mon périple à vélo, de son intention de partir voir sa famille à Bordeaux après son stage et de quitter un peu sa campagne.
-J'habite un trou perdu, entre Saint Malo et Dol-de Bretagne! Vivre à la campagne, cela a des avantages et des inconvénients! On respire mieux, on est plus tranquille mais qu'est-ce qu'on peut s'y ennuyer parfois? Ce n'est pas facile de faire des rencontres! Là, je suis en coupure, entre midi et deux, viens me voir à la bibliothèque si tu as envie!>> me dit-elle en retournant au travail.
Mon linge étant sec, je décide de laisser mon vélo sur la béquille et d'aller la voir. Elle m'a passé son numéro. A 18 heures, son père est venu la chercher.(Malgré sa majorité, elle n'avait pas le permis. Le bus et "papa" étaient donc ses moyens de transports pour se déplacer.)
-Bon, bah, salut Adeline! lui dis-je, la laissant seule à sa lecture car la bibliothèque était déserte vu le soleil qu'il faisait dehors.
Je suis parti de Saint-Malo en soirée et je me trouve à présent, 25 kilomètres plus loin, à Cancale. Prochaine direction: l'incontournable Mont Saint-Michel!

22 heures 31: J'ai coupé la musique de ma petite radio pour apprécier au calme l'un des plus beaux spectacles de la Bretagne.
L'océan bouillonne et le vent souffle. A quelques pas de la plage où j'ai mangé, je suis retourné en arrière. Et heureusement! Quelle vue! C'est ici, à la pointe du Groin, soit presque 21 hectares d'espaces protégés, que commence la route du Rhum tous les quatre ans. D'ici, par temps clair, on peut voir le Mont Saint-Michel (et non pas: le Mont Ventoux!)
J'entends les goélands (argentés peut-être) chanter. Il y a aussi un blockhaus, un phare et un sémaphore. (Je cherche dans mon dictionnaire... Sémillon, séminaire, non, c'est avant!... Ha, voilà, sémaphore: poste de signalisation établi sur une côte pour communiquer par signaux optiques avec les navires en vue.)
En regardant ce paysage, je me dis: voilà la peinture vivante que j'avais en tête de cette région!

Jeudi 26 Juin:

Hier soir, alors que je dormais, la gendarmerie faisait sa ronde sur l'aire de stationnement de la pointe du Groin. Qu'écoutaient-ils comme station de radio? Que cherchaient-ils sur cet aire? Un peu de repos eux-aussi?
Une chose est sûre, c'est qu'ils m'ont interpellé:
<<-Excusez-moi de vous interpeller à cette heure-ci mais vous dormez là? m'interpellent-ils.
-Oui!
-Vous faîtes du vélo? Impeccable! Pas trop froid? Autrement dit: ça ne pelle pas trop?
-Non, car j'ai mon sac de couchage!
-Bon bah, bonne nuit! me disent-ils en rebroussant chemin.
-Merci! leur dis-je. Ça alors, ils ne m'ont même pas demandé comment je m'appelle?>>

Vendredi 27 Juin:
Journal d'un porc:

Il est bientôt 9 heures et plusieurs camions emportant des porcs "à bon port", m'ont réveillé à l'aube.
J'ai quitté Cancale hier matin. Le temps de faire le plein de nourritures et de m'arrêter devant les statues des lavandières du centre-ville et me voilà parti, longeant la baie du Mont Saint-Michel.
Je me suis arrêté hier à Saint Benoît des Ondes, à même pas quinze kilomètres de Cancale, où j'ai téléphoné à Adeline. "Elle m'a dit d'aller siffler..." Je l'ai attendu jusqu'en début d'après-midi vu qu'elle travaillait le matin et qu'elle avait une leçon de conduite après.
Nous avons passé le reste de l'après-midi sur les grèves de la baie où l'on s'est raconté nos vies, allongés sur le sable.
J'imaginais déjà lui faire le coup de "la destinée" et lui sortir l'un de mes anciens poèmes, enfin, je veux dire: l'un de mes plus anciens textes, qui datent de la période entre "ma première communion avec mon petit jésus" et "ma profession de foi avec mon amie, Madeleine."

Comme tout le monde:

Je suis comme tout le monde.
J'ai moi-aussi des rêves et des détresses,
des instants de doute et des ivresses.
J'ai des coups de colère, des coups de gueule.
J'ai besoin d'être entouré et d'être parfois seul.

Je suis comme tout le monde.
Mais toi, je t'assure, t'es différente.
Dans mes pensées, tu es omniprésente.

Je suis comme tout le monde.
J'ai envie de la personne que j'aime
avec ses défauts et ses problèmes.
Insouciant, prêt à faire n'importe quoi
mais attendant que tu fasses le premier pas.

Je suis comme tout le monde.
Quelqu'un qui aime commet aussi des fautes
mais pardonner, c'est aimer en autre.
Je dis des choses que je ne pense pas tout le temps
mais incapable de montrer mes réels sentiments.

Après ça, nous avons bu un verre. Moi, une bière et elle, un soda. Le contraire aurait été étonnant!
-Et après?
"Zorro est arrivé sans se presser. Le beau Zorro l'a emmené..." me laissant seul avec mon sac et mon petit chapeau.
Non, elle a dû rentrer "prétextant" qu'elle devait absolument voir sa marraine (et non pas, sa Mère-Grand!) et que si elle avait le temps, elle préparerait des cookies pour un repas de famille Samedi.
Ensuite, j'ai poursuivi ma route et je suis arrivé à Pontorson après bien des difficultés. En effet, je pensais me raccourcir en prenant la baie du Mont-Saint Michel mais je me suis très vite aperçu de mon erreur. J'ai roulé sur des chemins caillouteux et des routes perdues en plein c½ur de champs de blé sans l'ombre d'une habitation qu'il m'a semblé qu'un tremblement de terre avait eu lieu avant mon passage. C'est la route la plus terrible de mes aventures à vélo jusqu'à ce jour.
Il m'a fallut faire demi-tour mais encore fallait-il trouver la bonne direction? J'avoue: j'étais perdu!
Toutes les injures du style "quel blaireau!" ou "je suis vraiment qu'un abruti!" sont sorties de ma bouche par colère.
J'imaginais déjà...
<<-Ce soir, en exclusivité, le spectacle du premier homme qui a réussi à se perdre en se rendant au Mont Saint-Michel! J'ai nommé: King âne, Imal! N'ayez crainte, messieurs-dames, cet âne s'est attaché lui-même avec sa chaîne de vélo! Il ne peut donc pas s'échapper!>> déclare le petit bonhomme en mousse dans "le plus grand cabaret du Monde".
Finalement, je n'ai pas mis beaucoup de temps à m'endormir, une fois arrivé à Pontarson. Où ça? Sur une pelouse! Quoi de plus normal pour un gentil âne comme moi!
Bref! Ma toilette étant faite, en route! Direction: le Mont le plus beau et le plus grand avant le Mont-Ventoux! J'ai nommé: le Mont Saint Michel! Grand centre de pèlerinage dès son origine, il a été fondé selon la tradition à la suite de deux songes qu'eût en 708 St Aubert, évêque d'Avranches. (Bien sûr, tous les français sont au courant de ces infos, c'est juste au cas où des anglais, des québécois, des allemands... auraient ce journal dans les mains. Mais ce n'est qu'un songe!)
La statue représente l'archange St Michel, avec une épée et une balance, qui doit conduire les morts et pèse les âmes au jour du jugement dernier. (Bien sûr, tous les français sont au courant de cette info, c'est juste au cas où des américains, des chinois, des japonais... auraient ce journal dans les mains. I have a new dream!)

... Les trois compères sur leur vélo à trois selles, sur la route du Mont:
De Vines:<<-Accélérez, bon sang! leur souffle-t-il à l'arrière de leur vélo.
Bourgvilain:-C'est facile à dire car vous ne pédalez pas!
De Vines:-Ce n'est pas vrai! La preuve, regardez! leur dit-il en pédalant. Regardez la route! Vous allez nous faire chavirer dans le fossé!
Derrière, la s½ur arrive avec son vélo à deux selles.
De Vines:-Oh ma s½ur, quelle joie de vous revoir! Quel bon vent vous amène par ici? lui demande-t-il en recommençant à pédaler.
Ma s½ur:-Je vais rendre visite à mes douze confrères et s½urs de l'abbaye. Voulez-vous que je reste avec vous pour vous guider?
De Vines:-Non, non! Passez devant, ma s½ur!
Ma s½ur:-Très bien! Je file. N'oubliez pas: la route sera longue... >> continue-t-elle alors que De Vines s'arrête de pédaler.
Mais comble de malchance, une équipe du Tour de France arrive en plein échauffement. Il leur fait signe de les dépasser mais l'équipe, solidaire, décide de poursuivre avec eux. De Vines est obligé de pédaler encore plus.
Et pendant ce temps-là, Richard Viré roule toujours en direction de Paris pour aller à Saint-Malo.
Richard Viré:-N'en faîtes pas tout un Mont! dit-il au micro du caméraman, euh, du gendarme, qui le suit en moto.

... Dans l'après-midi:
-Une chose est sûre: ceux qui ont construit cette grande architecture sont sortis à la fin avec un C.A.P. en construction d'escaliers! déclare un touriste à sa femme en descendant les longues marches du Mont Saint-Michel. (Je sais, ce n'est pas bien d'écouter les conversations d'autrui! Avouez quand même que si j'avais voulu, j'aurais pu m'auto-proclamer auteur de cette phrase "à la hauteur"!)
Si j'ai bien suivi le guide "utilisé" lors de la visite de l'abbaye, celle-ci servit comme prison lors de la révolution française.
A part ça, je ne suis plus en Bretagne mais en Normandie. Kenavo la Bretagne et merci! Ton territoire m'a émerveillé un peu plus chaque jour. Beaucoup de côtes, un peu de vent, des petites averses, trois crevaisons mais beaucoup de souvenirs!

22 heures 30: Je suis parti du Mont Saint Michel en fin d'après-midi. Suivant la route de la baie, j'ai pu enfin voir les fameux moutons des prés salés.
Me voici, vingt kilomètres plus loin, dans le jardin des plantes d'Avranches, ville avec un Scritorial, musée dédié à l'écrit et au livre (encore un nouveau mot dans mon vocabulaire! Je parle du mot "scritorial" et non pas: "livre".)
Je vais dormir sur une pelouse et si il pleut, j'ai la possibilité dans ce jardin d'aller dans les toilettes publics: lieu propre et espacé, minuterie qui fonctionne, porte qui se ferme, rouleaux à volonté, aucunes inscriptions sur les murs, vue sur le mont, éclairé dans la nuit. Je donne donc trois étoiles à ces toilettes et j'invite tout le monde à y venir, à l'occasion.
A l'arrivée dans le centre, ma roue arrière s'est dégonflée. Vu que le raccord pour valve de ma pompe à vélo était "crevé", je n'avais plus qu'à démonter la roue. Puis, sur le bord de la route à un stop, j'ai arrêté un couple en voiture.
Tel un aventurier de "Pékin express", je leur ai demandé de bien gentiment me conduire au Carrefour, en bas de la colline. Ce qu'ils acceptèrent volontiers vu que je n'avais pas de couteau dans la main et vu qu'il était déjà 19 heures et que je venais de monter en haut de la colline. Tel des héros (et non pas: des hérons!), ils m'ont donc conduit au Carrefour avant que ce magasin ne ferme.
<<-Nous aussi, on voyage mais en moto, c'est moins fatiguant! On prend le temps comme toi de visiter et de regarder le paysage, m'a dit la femme ou l'homme, je ne sais plus, pendant le trajet.
La solidarité a continué ensuite car dans le magasin, un vendeur très sympa est venu choisir avec moi une nouvelle chambre à air et un autre raccord vu que "moi et la mécanique, ça fait deux"!
Après ça, une fois sorti du Carrefour, un homme un peu âgé (bien que je me demande ce qu'est un homme "un peu" âgé?) m'a aidé à mettre ma chambre à air comme il faut.
-J'étais réparateur de vélos pendant plus de vingt ans, m'a-t-il informé.
La solidarité a continué encore car sur le parking du Carrefour, un jeune homme, d'une vingtaine d'années, est venu vers moi et m'a gentiment proposé de me reconduire dans le centre d'Avranches (et non pas: dans le centre commercial d'Avranches!)
-Tu peux peut-être m'héberger ce soir? Un coin de canapé me suffira! lui dis-je dans sa voiture, tel Coluche dans son sketch de "l'auto-stoppeur".
-Je vais demander à ma mère si je peux t'inviter! me répond-t-il. Si dans trente minutes, je ne suis pas revenu, c'est que ma mère n'a pas voulu!>>
La solidarité s'est arrêtée là car il n'est pas revenu.

Samedi 28 Juin:
Journal de l'âne Imal, du cheval de Zorro et de la jument de St-Malo:

A St Malo, j'ai rencontré
une fille qui était malouine.
Quand elle m'a vu sur l'escalier,
elle a de suite retrouvé bonne mine.

Sur le bord de l'eau, près des remparts,
on a parlé de tout, de rien.
Mais comme elle était en retard,
elle me dit:<<-A mon taf', si tu veux, viens!

Je suis en stage à la bibliothèque municipale.
A 18 heures, mon père vient me chercher.
On pourra point aller au bal.
Surtout que le Mercredi, c'est fermé!>>

Après avoir bien profité
du beau soleil de Saint Malo,
Comme elle me l'avait imploré,
je suis parti au triple galop.

Dans le centre ville, j'ai gambadé,
oubliant pour une fois mon vélo.
Ça y est! Elle est devant mes pieds.
Je n'ai plus qu'à lui jouer le grand numéro.
-Et après? Que s'est-il passé?

"Zorro est arrivé.
Du ciel, il est tombé.
Le beau Zorro a rigolé
quand il a vu ma tête et mon beau chapeau.
Je me suis senti bête, complètement idiot."

Elle m'a filé son portable,
enfin, je veux dire: son numéro!
Je l'ai bien rangé dans mon cartable,
enfin, je veux dire: mon sac à dos!

Je lui ai téléphoné à Cancale
-Si tu veux, on se voit demain.
Je ne lui ai pas dit: attention, ça risque d'être bestiale!
Mais je n'y pensais pas moins!

Après son heure de conduite,
on s'est rejoint à St Benoît des Ondes (vu que c'était l'heure d'aller sur la Lune!)
Plus question qu'elle prenne la fuite!
Elle n'avait qu'à se teindre en blonde (vu que moi, je préfère les brunes!)

Sur les grèves de la baie Mont St Michel,
on s'est posé pour faire la causette.
Aië! Aië! Comme elle est trop belle!
Des films ont tourné dans ma tête.
-Et après? Que s'est-il passé?
"Zorro est arrivé..."

Je lui dis:-Allons ...(trois petits pointillés)
ba moin en tibo doudou!
Elle me dit (didi, didi):- Ha! Tu es trop chou!
Mets-toi ... (trois petits points antillais, doudou)

Mets-toi de la crème sur ton nez,
sinon, tu vas devenir tout rouge!
-Comme ça, je vais m'embraser
sur ton corps et sur ta bouche!

Après ça, il a fallu qu'elle me dise
-Faut que j'aille voir ma marraine
lui apporter des cookies.
J'espère que cela ne te fait point de peines?

-Non! N'oublies pas aussi ta Mère-Grand!
Allez salut, on se rappelle.
Adieu Châteaubriand!
Moi, je m'en vais au Mont St Michel.

Au Mont St Michel, j'ai rencontré
un garçon qui roulait en brelle
et comme il a vu que j'étais à pied,
il m'a roulé... une pelle!
-Et après? Que s'est-il passé?
"Zorro est arrivé..."

Dimanche 29 Juin:

Après Avranches, je suis allé hier à Grandville,"la Monaco du Nord" avec ses remparts, ses commerces remplis de soldes à vider les portes-monnaies et son port avec sa mer (en effet, le port ne se promène jamais sans sa mer!).
Le temps de visiter et de profiter du soleil, je suis parti à Coutances. Cela m'a coûté 28 kilomètres de routes et de côtes très dures. A mon arrivée, mon public m'attendait pour fêter ma victoire. Enfin, pas tout à fait! Je suis arrivé en soirée lors de la montée sur le podium des participants du rallye organisé dans la journée.
Voilà pourquoi je voyais passer des voitures à toute allure. (Je précise évidemment que les organisateurs de ce rallye ne m'ont pas laissé rouler pendant la course mais qu'elle était déjà terminée avant mon passage. Ces voitures de courses s'étaient probablement égarées! Amis cyclistes, vous pouvez donc rouler en toute quiétude sur les routes de Coutances mais n'oubliez pas que la liberté a un prix!)
Pour la petite histoire, je suis allé dormir devant le tribunal de commerces de Coutances. Je me demande bien pourquoi.

Je suis arrivé à midi à St Lo, ville qui a su m'accueillir avec dégustations de cidres, de poirés, jus de pommes, vin blanc, confitures de lait... Et pendant ce temps-là, le faux garde-champêtre qui met de l'ambiance dans la fête, me fait penser à mon père. Un vrai Bourvil, ce garde-champêtre avec son vélo, rempli de sacoches et de corbeilles de produits venant de la Manche, premier département français pour le nombre d'exploitations laitières avec une moyenne de quarante vaches par exploitation. Avec bien sûr en autre: la vache normande, grande productrice d'or blanc, aussi appelé: lait.

<<-Ici, à St Lo, c'est la fête de la Vire et des associations sur la plage Verte depuis hier. Pourquoi la Vire? Et bien tout simplement, messieurs-dames, pour fêter la rivière qui s'appelle la Vire. Pourquoi la plage Verte? Et bien tout naturellement, messieurs-dames, car la pelouse est verte. Comme vous pouvez le voir, il y a beaucoup de monde sur les marchés du terroir avec les producteurs en plein air. Et puis, on peut pratiquer toutes sortes d'animations sportives: du canoë-kayak, du pédalo... et on peut jouer à des jeux anciens en bois comme l'âne rouge ou le takafer. Il y a bien sûr une fanfare! Écoutez!... "Qu'est-ce qu'on a fait des tuyaux, des tuyaux et la courte échelle?" Boum!... Ha ça, c'est le lâcher de pigeons, vieille coutume mais toujours de coutume aujourd'hui. Et puis évidemment, qui dit "fête", dit aussi "buvette"! Et qui dit "buvette" dit aussi "galette"! Et qui dit "galette" dit aussi "crêpe"! Et qui dit "crêpe" dit aussi "kermesse" alors je n'oublie pas que c'est aussi la kermesse, chez moi, dans mon patelin. Sur ce, je vais boire un verre... d'eau! Évidemment! C'était l'âne Imal en direct de St Lo! Et n'oubliez pas: "A St Lo, on ne tombe jamais de vélo!">>

Lundi 30 Juin:

Vers 6 heures du matin, un homme âgé donnait de la pâté pour les chats sur le bord de la rivière, l'Aure, là où je dormais avant dans un profond sommeil.
-Dormez! Ne vous inquiétez pas! me dit-il.
Alors j'ai dormi. Bref, cette histoire n'est pas très intéressante!
Mais ce n'est pas moi qui va vous apprendre que tous les livres sont codés. Par exemple, ici, il faut lire:

... Vers 6 heures du matin, une jeune paysanne préparait mon petit-déjeuner dans la "petite maison dans la prairie", là où je dormais sur un ½il.
-Déshabillez-vous! me dit-elle.
Alors, j'ai laissé tomber mes b½ufs et ma charrette, pour ne pas dire: ma bicyclette!
Bref, cette aventure était très enrichissante!
...
Après le concert final de la fête de la Vire, j'ai repris ma route tel un sportif "en herbe" (oui, je marche parfois sur l'herbe, à cause des côtes!) vers Bayeux, à environ 25 kilomètres.
J'y suis arrivé dans la soirée où des espagnols fêtaient, dans le centre-ville, la victoire de leur équipe à la Coupe du Monde ou à l'Euro 08. Voilà que j'ai un doute!
Bienvenue dans le Calvados! Le temps de regarder où j'avais mis les pieds et je me suis couché. Je sais, mon journal est un peu répétitif mais je ne vais tout de même pas résumer mes journées par: "dodo, vélo, dodo".
Je pars visiter Bayeux: sa cathédrale et son passé historique, lié au 6 Juin 1944, en autre!
Première ville française à être libérée, Bayeux est située, à vue d'½il sur ma carte de France, à un centimètre des plages du débarquement. Autant dire que cette ville a eu de la chance de sortir indemne des combats!
Bayeux, c'est aussi ses deux jours de fêtes médiévales lors du premier weekend de Juillet.


Mardi 1er Juillet:
Journal d'une étoile de mer:

Hier matin, après avoir visité la ville, je suis allé au cimetière de Bayeux où sont enterrés quelques uns parmi tant d'autres qui ont participé à la libération de la France en 44. En feuilletant le classeur des soldats qui "sont morts pour la France", comme on dit, je me suis aperçu du grand nombre de jeunes qui avaient entre 19 et 30 ans. Pour la première fois, j'étais devant ces croix blanches qui ne différencient pas le caporal du simple soldat.
Après ça, je suis parti. Direction: Colleville sur Mer où reposent au cimetière américain 9000 personnes, tombées pendant la guerre. Tandis que l'hymne national américain jouait sans cesse, je me suis demandé si j'aurais eu le courage que tous ces hommes et femmes ont eu: avoir l'avenir de la France et du Monde sur les épaules, moi qui n'a jamais eu de fusils à la main! Comme dit la chanson de Goldman: "Qu'on nous épargne si possible, toi et moi, avant longtemps, d'avoir à choisir un camp!".
Pourtant, comment ne pas penser qu'actuellement, des jeunes, pour ne pas dire des enfants, se promènent encore comme de fiers soldats avec des fusils à l'épaule et ce partout dans le Monde? Moi qui suis libre, je sais que quelque part, à l'horizon, des jeunes de mon âge n'ont rien.
Moi, qui suis à Utah Beach où j'ai dormi cette nuit, alors que le soleil brille et que les touristes commencent à s'installer sur la plage, j'éprouve un sentiment de fierté à être venu jusqu'ici à vélo pour mieux connaître mon histoire, notre histoire.
15 heures: Passage à Sainte-Mère-église où dans la nuit du 5 au 6 Juin 44, un parachutiste américain resta suspendu au clocher. Une balle l'atteignit au pied. Il fit le mort et fut détaché par un soldat allemand. Un parachute est attaché sur ce clocher en souvenir de cet épisode célèbre aussi à l'écran.

... Et pendant ce temps-là, au "Thé ou café" de Sainte-Mère-église:
<<-Bonjour messieurs! Que puis-je faire pour vous? demande la gérante aux deux hommes qui viennent d'entrer.
-Hello! Euh, nous voudrions prendre le "tea", deux,
-Homer!!! Viens ici! crie-t-elle à son mari, qui est occupé dans la pièce voisine à nourrir son cheval dans l'écurie.
-Qu'est-ce qu'il y a? Gueule pas si fort, la Marie! Tu vas effrayer les clients!
-Regarde les deux gars, ce sont deux englishs, ils viennent pour le T2!
-Bien! Depuis le temps qu'on essaie de le louer! lui dit-il.
-Bien? On va tout de même pas le louer à des ...
-Parle plus fort, je ne comprends rien!
-A des, à des! répète la Marie, seulement deux fois. (Oui, parce que trois fois ou plus et cette histoire dépasserait son quota de mots autorisés!)
-A des voleurs? Ils n'ont pas l'air bien méchant pourtant! Cause, voyons!
-Deux hommes ensemble, ça te fait penser à quoi? lui demande la Marie.
-On a besoin de sous! lui assure Homer. Et puis, pense à notre voyage en Italie! Je vais les voir! dit-il les yeux ouverts en se rendant au comptoir. (Oui, les yeux ouverts parce qu'il aurait très bien pu les fermer vu qu'il connaît par c½ur le chemin qui mène de son fer à cheval, euh, de son cheval à son abreuvoir, euh, à son comptoir!) Bonjour ou hello plutôt!
-Pluto? Wouf! Wouf! Euh, gentil dog, no? demande l'un des anglais, en regardant le chien qui dormait tranquillement sur le paillasson.
-Alors, comme ça, vous voulez prendre le T2?
-Yes! tea deux, please!
-Et pour combien de temps?
-Euh, pour la demi-heure, please!
-Trente minutes!!! Qu'est-ce qu'on fait la Marie?
-It's toi qui décide! Pense à l'Italie!
-Bon, bah, it's ok! Suivez-moi! leur dit-il en montant au T2. It's ici! Il n'est pas très confortable mais pour trente minutes, ça ira! Et comme on dit chez nous: à la guerre comme à la guerre! Bon, bah, je vous souhaite un agréable moment dans notre T2.
-Oh, yes, notre tea deux, thank you! dit un anglais alors que Homer referme la porte derrière lui. Oh, ils sont très sympathiques, ces Français! conclut les anglais.
-Tu n'as pas à t'en faire, la Marie! Ils sont very sympathics ces englishs! dit Homer à Marie.
C'est alors qu'entrent les trois compères, après avoir posé leur vélo à trois selles devant la porte du café.
-Bonjour messieurs, si c'est pour le T2, patientez trente minutes, je vous prie! prie la Marie qui regarde d'un air étrange leur vélo. (A moins que c'est le vélo qui regarde la Marie à travers le judas de la porte! On ne saura jamais!)
-Ça tombe bien car nous sommes pressés et nous aimerions avoir trois cafés, je vous prie, enfin, s'il vous plaît!>> lui prie De Vines.

Comme il me reste un peu d'espaces avant de dépasser le quota de cette petite histoire, je tiens à préciser pour toi, qui trouvera peut-être mon journal dans 150 ans dans un centre de recyclage, que ce n'est que de l'humour! J'espère donc, toi qui aura la chance de pouvoir admirer les étoiles brillées et d'apercevoir peut-être une étoile filante, qu'après avoir lu cette histoire, tu n'y vois aucunes malices de ma part car sache que toute ma vie, je serai pour le respect de chaque êtres humains, de chaque vélos et de chaque religions. J'espère que tu en fais de même. Peu m'importe si tu bois du thé, du café, de l'eau ou du vin!

22 heures: Je suis allé cet après-midi à Isigny sur Mer où le général de Gaulle prononça un discours en Avril 1945 en l'honneur de la libération. J'imagine qu'il aura dit ceci:

<<-Ici, le Général de Gaulle! Entre guillemets: je dis "ici le Général de Gaulle!" pour ceux ou celles qui ne sauraient pas encore qui je suis! Vive tous ceux et celles qui ont combattu pour la liberté! J'ai aussi une petite pensée pour l'âne Imal qui passera ici deux fois avec son vélo, son sac à dos et son chapeau: la première, le 30 Juin pour aller vers Utah Beach et la seconde, le 1er Juillet 2008 pour aller vers Omaha beach. Et comme a dit un jour l'âne Imal, je vous souhaite: "beaucoup d'amour dans un Monde normalement fait pour!" Voilà, nous pouvons maintenant chanter tous ensemble "l'hymne à l'amour"! La boulette! s'exclame-t-il en retournant sa feuille. Je viens de m'apercevoir que ce n'est pas le bon discours. Je recommence: Isigny brisée! Isigny martyrisée mais Isigny libérée! Vive tous nos pays libérateurs! Vive la France! Vive la République! Je me disais aussi: qui c'est cet âne Imal?>>

Je me trouve à la pointe du Hoc, en bordure de la Manche et du Calvados. Cette pointe était considérée par les Allemands comme quasi impossible à prendre d'assaut depuis la plage à cause de ses falaises abruptes. De la pointe, l'artillerie ennemie pouvait faire feu. Et pourtant, lorsque les 90 hommes sur les 225 initialement engagés, atteignirent le sommet, ils ne trouvèrent que des emplacements d'artilleries vides au milieu des cratères laissés par les bombardements qui précédèrent l'invasion.

Mercredi 2 Juillet:
Journal d'un lièvre:

Je me souviendrai de cette nuit passée. Comment oublier de ma mémoire que j'ai dormi en plein milieu du champ de bataille de cette pointe du Hoc, entre les cratères et les restes de blockhaus laissés là depuis le débarquement? Cela peut paraître un peu fou mais j'ai toujours voulu dormir au moins une fois dans ma vie dans ce genre d'endroits.
Je ferme les yeux. Je vois la Manche... longue à l'horizon. Je me revois sur une pelouse, dans mon sac de couchage, mon vélo à côté, allongé sous un olivier en train de regarder les étoiles.
Et voilà, qu'en pleine nuit, des éclairs m'obligent à m'abriter sous le musée, dédié à la seconde guerre mondiale et situé juste à côté. Dans le champ, j'ai vu des lièvres courir comme des lapins, peut-être forcés comme moi à trouver refuge ailleurs.

La pointe du Hoc: (texte écrit ce matin en plein milieu de ce champ de bataille)

-Moi qui ne viendra sans doute plus ici,
moi qui va continuer la route de ma vie,
je me souviendrai de cette nuit
et que la liberté a toujours un prix.

-Ce sont des belles paroles, mon ami!
Moi pour la France, j'ai donné ma vie.
Dis-moi, serais-tu prêt toi-aussi
à combattre pour ton pays?

-Pas facile de te répondre, mon pote!
Arrivé face à la pointe du Hoc,
je crois que j'aurais fait dans mon froc
et que j'aurais eu la tronche d'une loque!

-Quand le commandant a dit: "Let's go!"
Sous les tirs venant d'en haut,
plus question de penser au vélo
et aux vacances à Saint-Malo!
-Let's go! Let's go! Let's go!...

-Sur l'échelle, j'aurais grimpé.
Mes mains se seraient mises à trembler
et mon fusil m'aurait lâché.
Je serai tombé sur les rochers.

-Quand on atteignit le sommet des falaises,
la Normandie était en braise.
On aurait bien été prier à la messe
mais on nous attendait à Falaise.

-Un dernier regard heureux
d'avoir combattu moi-aussi un peu.
On m'aurait enterré à Bayeux
après que la France ait cessé d'être en feu.

-Sur les 225 compatriotes,
90 dont moi retrouvèrent l'escorte
fiers d'avoir lutté côte à côte
sur la pointe du Hoc.

Je ne saurais jamais comment
mais ce Ranger est mort pourtant
lors d'un ultime affrontement.
Il allait avoir comme moi 28 ans.

Les loups sont partis de Paris
et les lilas ont depuis refleuri.
Mais souviens-toi de cette nuit
et chante avec moi cette mélodie: "Let's go!..."

20 heures: J'ai visité ce midi Port en Bessin avec sa tour Vauban. Ensuite, direction: Port-Winston d'Arromanches avec les restes du port artificiel construit pour débarquer hommes et matériaux après le 6 Juin. Passage aussi au château de Creully, sur la départementale de Caën. En 44, la BBC l'utilisa pour émettre les nouvelles de la bataille de Normandie.
Me voici donc à Caën, après trente kilomètres à travers les hectares de blé, dans la cité de Guillaume le Conquérant (à ne pas confondre avec: "Guy l'homme à la conque errante", grand pêcheur de ce coquille!) où Richard C½ur de Lion, roi d'Angleterre, a réunit ses barons avant de partir à la croisade. Comment je le sais? Non, je n'y étais pas, je lis juste les informations sur un panneau. Tiens, j'apprends maintenant que Caën, d'origine gauloise, signifiait: le champ du combat!

Jeudi 3 Juillet:
Journal de Burt, la tortue:

22 heures: Enfin libre! J'ai appris au Mémorial de Caën par un touriste allemand avec qui je discutais qu'Ingrid Bétancourt a été libérée hier soir.
<<-Ich bin ein Berlinger! (Je suis un Berlinois!)>> m'a précisé ce touriste, tel John Kennedy en 1963, face au Mur de Berlin.

Dans mon journal, j'ai noté avec cette info la date du 12/13 Août 61 et voilà que je ne sais même pas à quoi elle correspond. Je suis comme un écolier étourdi qui prend des notes et qui ensuite est incapable de se relire. Heureusement que je ne retranscris pas mot par mot mon véritable journal car je vous assure que c'est un vrai "brouillon de cultures". Tout est mélangé! Même un extra-terrestre n'arriverait pas à comprendre ce que j'ai écris!

...Des années plus tard, enfin des siècles plus tard, enfin des millénaires plus tard, quelque part dans l'espace:

Biloute:<<-Alors biloute, avez-vous enfin réussi à décoder ce journal? demande un Martien au robot terrien, enlevé sur Terre pour collaborer avec eux et enfin déchiffrer le journal d'un âne qui faisait du vélo.
Biloute:-Pas encore biloute! Enfin, je veux dire: chef! Cet âne Imal devait être un petit malin!
Biloute:-Tant pis! Je vais jouer aux boules! La partie ne fait que commencer! lui dit-il avant d'ajouter plus loin indécis: d'après toi, je tire ou je pointe?>>
...
Tiens, en parlant de ça, au Mémorial, en cas de bombe nucléaire, un dessin animé par Burt, la tortue, rappelle : "Baissez-vous et protégez-vous!" (recommandation à ne pas confondre avec: "Baisez-vous et protégez-vous!" prescrit en cas de "bombe nue à l'air" mais aussi en toute circonstance!)

Pour la libération d'Ingrid, vu que je n'écoute plus la radio (vu qu'elle ne fonctionne plus malgré que je tape dessus!), je n'étais donc pas au courant. Oui, le seul français qui ne le savait pas, c'était moi! Quel plus bel endroit que ce Mémorial pour apprendre par un allemand qu'une femme a retrouvé sa liberté?
Dans la soirée d'hier, je suis allé boire une pression dans un bar. Vu que la chaleur de l'été réchauffait les c½urs des jeunes assis à la terrasse de ce bar, je suis moi-aussi sorti dehors (et non pas: dedans!). Verre à la main, j'ai fait la rencontre de plusieurs Caennais. Après connaissance et vu qu'ils ne portaient pas sur eux la tête de contrebandiers, je les ai suivi et on est allé chez l'un d'eux. La soirée a été d'abord arrosée de funky, de blues, de sucre de canne et de rhum.
Après ça, on est parti trouver "l'excuse", un bar de nuit. Comme tout le monde était fatigué et moi-aussi, je suis allé dormir après à l'entrée du château de Guillaume le Conquérant.
Et donc, j'ai passé cette journée au Mémorial, musée incontournable pour tous les touristes comme moi et "pour tous les c½urs qui veulent comprendre comme moi: à quoi ça sert de se battre?"
Pourquoi ce sont toujours les petits qui trinquent quand les plus gros ne réussissent pas à trouver des accords? La guerre est-elle utile pour un bout de terre, pour du pétrole, pour des frontières...? Ha les frontières! Humainement, je ne suis pas français et européen, je suis un simple Terrien. Bien sûr, je suis fier de mes racines, d'être français et de l'Europe, ce que je veux dire c'est que je ne suis pas "ça" ou "ça" mais que je suis un mélange. Oui, encore une fois, un mélange! Si je regardais dans mes ancêtres, qui sait si par exemple, je n'ai pas du sang irlandais qui coule en moi? N'ai-je pas une chance sur un million, comme au loto, d'avoir des racines des Osages de l'Amérique du Nord, cette tribu indienne qui se servait des oranges pour fabriquer une peinture à peindre leur visage?

... Quelque part dans une jungle, un jour, un siècle, une éternité peut-être avant:
Tandis qu'un tambour retentit, un vieil homme prend la parole en langue incompréhensible. Le jeune homme et la jeune femme (et non pas: le mâle et sa femelle!), devant lui, demandent la traduction à un traducteur qui sait parler le français car il l'a apprit en lisant le journal de bord'L comme Liberté que tient "Petit bison ours".
Le chef indien:<<-Notre peuple est réunit pour célébrer l'union de "Petit bison ours" et de "Petite fleur des champs". C'est un beau jour pour vous unir. J'ai demandé à "Esprit qui éclaire" de vous protéger et de veiller aussi sur mon potager.
Le traducteur:-Il dit que notre peuple est réunit pour célébrer votre pognon et que c'est un beau jour pour vous punir. Il a demandé à "Esprit qui est claire" de vous protéger et de veiller aussi sur son pote âgé.
Le chef indien:-Je vais procéder maintenant à la cérémonie devant les Cieux.
Le traducteur:-Il dit qu'il va procéder maintenant à la cérémonie d'ouverture des jeux.>>

(La célébration a été coupé car avec le chef et le traducteur, "Esprit qui fait du vélo" pense en son âme et conscience qu'il sera rentré de son voyage avant la fin de cette cérémonie.)

Comme toutes les petites histoires d'amour, 9 mois et demi après, "Petit" (pour faire plus court) et "Petite" (pour faire plus court) eurent un petit.
Le chef indien:<<-J'ai rêvé cette nuit que tu reçois une flèche en plein c½ur! prévient-il à "Petit bison ours" qui se fait les griffes, enfin, je veux dire: les ongles.
Le traducteur:-Il dit qu'il a rêvé cette nuit que tu reçois, euh, une médaille d'honneur!
Petit bison ours:-"C'est bête! Je n'ai rien fait pour ça!"
C'est alors qu'un chevalier avec un cheval au galop galope jusqu'au village de cette tribu.
Le chevalier:-Je suis conducteur d'une diligence française.
Petit bison ours:-Vous voulez dire: patachier? (conducteur de diligences)
Le chevalier:-C'est cela, oui et nous avons été attaqué par des indiens!
Petit bison ours:-Vous voulez dire: ses indiens? lui demande-t-il en montrant du doigt les indiens qui étaient "rouges" de colère et qui arrivaient à cheval vers eux.
Le chevalier:-C'est très mal poli de montrer du doigt! Ceci étant dit: oui, c'est bien eux! dit-il en les montrant du doigt à son tour.
Petit bison (pour faire plus court):-Attention à la flèche! crie-t-il en voulant sauver la vie de ce chevalier mais c'est lui qui est touché. "J'ai un peu froid!" dit-il alors à "Petite fleur des champs" avant de s'endormir.
Petite fleur des champs:-"Réveille-toi!" crie-t-elle à son chevet.
C'est alors que le chevalier force "Petite" (pour faire plus court) à monter sur son cheval pour partir recommencer un nouveau départ en Gaule.
Petite fleur des champs:-"Si je pouvais me réveiller à ses côtés!" espère-t-elle des mois après, enfin des jours après, enfin, je veux dire: des secondes après car le chevalier lui offrit des fleurs et son c½ur en même temps que très vite, elle oublia sa douleur.
-Au prix du kilo du c½ur en ce moment, je crois que je vais me faire des (..) en or!>> se vente-t-elle.
...

Pour revenir à la réalité, je dirais que je suis contre les injustices. Comme tout le monde, j'imagine! Au fond, la seule chose que je sache, c'est que je suis comme tout le monde. "C'est tous ce que je sais et ça, je le sais!"(Jean Gabin)
La soirée au Mémorial s'est achevée avec un apéritif, des concerts et une distribution de maillots blancs avec l'inscription: "Enfin libre! Le 2 Juillet 2008", imprimés dans la journée:
-Cinq cent maillots en quinze minutes! m'a informé un organisateur de cette manifestation.

Vendredi 4 Juillet:

J'ai une nouvelle fois dormi hier soir devant l'entrée du château. Après avoir fait un tour, ce matin, à la braderie, je suis retourné au Mémorial avec l'idée ensuite de reprendre ma route vers les plages du débarquement.

... Dans le Mémorial, alors que des cyclistes discutent avec l'âne Imal:
-Ici Londres! Veuillez écouter ce message personnel: "les sanglots longs des violons de l'automne blessent mon c½ur d'une langueur monotone". Je répète... signale un appel radiophonique.
Une équipe du Tour de France:<<-Et bien cher âne Imal, ce fut un plaisir de faire un bout de chemin avec toi mais comme tu viens de l'entendre, le Tour de France débarque demain à Brest. Notre histoire se sépare donc ici! Je vois que tu portes le maillot en hommage à la libération d'Ingrid. Nous allons le mettre aussi!>> dit un des équipiers en se mettant torse nu.

... Et pendant ce temps-là, "Joe", seul chez lui avec son "cocker", se déshabille devant son miroir et Mireille à Mathieu, ville à côté de Caën, chante au karaoké de son village.
...
Je suis allé voir l'exposition sur le 11 Septembre 2001 avec des morceaux des avions ou des effets personnels de personnes tuées dans cet attentat.

20 heures: Je me trouve à Longues sur Mer avec vue sur la Manche et les batteries encore intactes qui servaient aux Allemands pour surveiller la navigation et être prêt en cas d'attaques. Après discussion avec des visiteurs, je réalise soudain qu'il n'y avait pas l'électricité ici.

Dimanche 6 Juillet:
Parchemin d'un cochon:

17 heures: Oyez! Oyez! Bonnes gens! Je n'ai pas pris le temps hier d'écrire avec ma plume car j'étais parti festoyer à Bayeux dans le Moyen-Age.
Toute la ville était animée: restaurateurs, associations, campement militaire d'une compagnie d'ordonnance et d'une bande d'artillerie, des tirs de canons et à l'arbalète dont j'ai essayé, les jeux de jadis, dixième salon du livre médiéval... Bref, deux jours de fêtes avec festins médiévaux, marché d'antan, spectacles de rue avec des échassiers, musiques et jongleries, tavernes, dégustations des produits du terroir... Beaucoup de monde à l'entour de la Cathédrale, de la place de Gaulle, l'hôtel de ville ou sur la place de la Liberté. Bref, partout dans le centre-ville!
La nuit venue, j'ai dormi près de la rivière, sous un arbre, le même que Dimanche dernier, après mon arrivée à Bayeux. Je me suis dit qu'après tout, pourquoi ne pas assister à cette 22ème fête médiévale vu que je n'aurais peut-être pas d'autres occasions d'y revenir?
Dans la matinée, tous les participants se sont rassemblés en costume dans la cathédrale pour une messe, vidée de ses chaises pour l'occasion.

(A réécrire ce journal, je me souviens encore des paroles du prêtre qui, dû au dixième salon du livre, avait souhaité parler du livre en général:
-Écrivez votre vie! N'ayez pas peur! Votre vie, aussi petite soit-elle, est aussi importante que toutes les autres! Même si cela vous semble "vain"! a-t-il dit en regardant la coupe de l'eucharistie. Celui qui lira votre histoire trouvera peut-être un sens à vos écrits et aura le désir aussi d'écrire à son tour! recommanda-t-il face aux blatiers (marchands de blé), ciriers (bougies), coquetiers (marchands d'½ufs), mégissiers (tanneurs de petites peaux), taillandiers (fabricants d'outils)... Bref, face à tous ses paroissiens costumés ou non!
Moi, qui aussi loin que je me souvienne, n'avais jamais assisté à une messe dominicale, je garderais en mémoire ces mots qui me semblaient appropriés et je n'oublierais pas cette cérémonie pas comme les autres.)

Je suis parti de Bayeux après la parade en costumes dans les rues où les nuages pluvieux sont arrivés. Voilà peut-être bientôt deux heures que j'attends que cesse la pluie sous un hangar à foin, près de Creully, pour continuer mon chemin comme prévu vers les côtes de la Manche.
Quand il pleut, j'attends et je m'occupe: je mange, j'écris dans ce journal, je regarde la nature ou les gens marcher sous leur parapluie ou courir vers leur voiture... La dernière fois qu'il a plu, c'était à Brest donc je n'ai pas à me plaindre. J'apprends à être patient, à prendre le temps comme il vient.
Un mois déjà que j'ai repris mon vélo, mon sac à dos, ma bouteille d'eau, mon appareil photo, mon sac à "dodo", mon stylo, mon chapeau... Je tiens d'ailleurs personnellement à me porter un coup de chapeau car il faut, je l'avoue, "travailler du chapeau" (être un peu fada) pour partir seul avec son vélo, son sac à dos, sa bouteille d'eau... et son chapeau. Bien sûr, je ne dois pas crier "chapeau!" avant d'avoir terminé le chapitre de ce tour à vélo car je sais que ma route sera longue. Enfin, cela ne tient qu'à mon vélo, mon sac à dos... Bon, j'arrête! Je ne voudrais pas chapeauter (avoir une supériorité) et que l'on croit que je crois que je suis un héros tel Zorro avec sa chape, euh, sa cape et son épée... et son chapeau!
Inutile de remettre mon chaperon vert (vu que mon blouson est vert!) car voilà des éclaircies! Je vais donc maintenant redémarrer sur les chapeaux de roue.
...
Quelques minutes plus tard, au cimetière canadien, attendant que la pluie cesse à nouveau, les trois compères, toujours sur leur vélo à trois selles, suivent l'âne Imal de très prêt. Je pourrais même dire: de très, très prêt:
De Vines:<<-Oh, vous voyez ce que je vois? demande-t-il en regardant... les jumelles qui se réchauffaient sous un abri de bus.
Les deux autres compères:-Qu'est-ce qu'il fait?
De Vines:-Il vole les sous laissés par ceux qui sont venus ici se recueillir et rendre hommage aux combattants de la guerre! Oh, quand le monde va savoir ça!
Coq'luche:-Le monde? Vous voulez dire: le journal "le Monde"?
De Vines:-Mais non, banane! Je veux dire: les gens comme vous et moi, quoi! reprend-t-il. Un Euro et encore une pièce d'un Euro! Il prend tout!
Bourgvilain:-Vous voyez d'ici?
De Vines:-Les jumelles, ça sert bien à voir double, non?
Coq'luche:-1+1=2 Euros! calcule-t-il sans calculette. C'est le prix d'un café bien chaud ou d'un petit calvados! Il aurait bien tort de les laisser car si ça se trouve, quelqu'un, après lui, va les voler à sa place.
Bourgvilain:-Moi, je prendrais bien un café sans sucres et un calva sans "os", enfin je veux dire: sans "eau" minérale! (et non pas: minéralisée!)
C'est alors qu'une lumière jaune ressemblant à l'or, arrive du ciel:
Le Seignor:-Tu es pris sur le fait, l'âne Imalos! Et ne mens pas car ton vol a été enregistré!
L'âne Imal:-C'était juste pour boire un petit café, "bon-thé" divine! prêche-il en reposant les pièces dans la corbeille.
Le (pour faire plus court):-Tu me répéteras cent fois la phrase:"tu ne voleras point!"
L'âne Imal:-"Tu ne voleras point"! "Tu ne voleras point"... répète-t-il sans plus attendre.
Le:-Quoi? Tu m'accuses de vol? Et qu'ai-je donc bien pu voler? Euh, autant pour moi, recommençons depuis le début, enfin, je veux dire par là: peux-tu s'il te plaît recommencer à répéter cette phrase?: "Je ne volerai point"!
L'âne Imal:-Je ne volerai point! répète-t-il cent fois. (Enfin, 99 fois car il l'a déjà répété une première fois avant de répéter. C'est logique! Enfin, c'est ma logique! Pas besoin d'avoir bac+4 pour comprendre!)
Le:-Que cette histoire te serve de leçons. Adios l'âne Imalos! dit-il en s'envolant.
L'âne Imal:-Si Seignor! dit-il en se dépêchant de reprendre la route.
De Vines:-Oh, attendez! Il a replacé les pièces en place! dit-il à ses deux compères, en regardant dans les jumelles. Je vais vérifier si il a bien tout remis! leur précise-t-il en se rendant devant les pièces de monnaie (et non pas: devant les pièces de Monnet!). C'est pour le calvados, mon Seignor! prêche-t-il, en prenant la monnaie, sous la lumière en or qui réapparait brusquement.
Le:-Si! Si c'est pour le calvados, alors va "calvader" mais n'oublie pas: "Quand l'horizon n'est pas net, reste à la buvette!" C'est un dicton de Normandie! Adios amigos! dit-il en s'envolant tel une colombe.
De Vines:-Avec ses "os", cela ne m'étonnerait pas que "Le Seignor" soit portugais!
-Non, si tu veux un tuyau, je crois qu'il a parlé ici avec des "os" car nous sommes dans le Calvad"os"! Il parle comme dans la région ou le pays où il se trouve! l'informe aussitôt un jeune enfant qui a tout entendu et qui a un cerf-volant dans les mains. Regardez là-haut!>> dit-il en levant les yeux vers l'arc-en-ciel, avant de disparaître à son tour.
Ceci étant dit, les trois compères (et non pas: les trois rois mages!) continuent leur route et suivent l'âne Imal qui les guidera peut-être à Fandemas.
...
Je tiens à préciser que cette histoire est vraie. Enfin, je veux dire que j'ai effectivement voulu dérober quelques pièces de « centimes » d'Euros mais qu'après réflexion, je les ai remis. Pour le reste, la seule chose que j'ai vu après, c'est l'arc-en-ciel.
(Ce qui me permet de dire ici que la plupart des histoires avec mes trois compères ont été écrites pendant ce voyage. J'ai donc utilisé mes jambes pour voyager et ma tête pour imaginer.)

Lundi 7 Juillet:
Journal d'un poisson: (Un pêcheur probablement, est venu au lavabo pour laver ses poissons avec un sot. Imaginez un sot avec du poisson! Cela m'a forcément réveillé et comme j'essaie à chaque fois de noter l'animal qui me réveille chaque jour de ce tour, voilà pourquoi aujourd'hui, c'est le journal d'un poisson! Je peux même dire que je suis un poisson tous les jours puisque je vis cette aventure "comme un poisson dans l'eau"!)

20 heures: J'ai dormi dans les toilettes publiques de Ouistreham, port de plaisance de Caën où des Ferrys peuvent conduire les touristes comme moi en Angleterre.
Hier soir, j'ai discuté avec deux adolescents (le premier est son frère et le second est sa soeur) sur le bord de la plage d'Ouistreham.
-Nous aurions bien voulu t'héberger pour la nuit mais notre mère ne sera pas d'accord pour loger un inconnu, m'ont-ils expliqué après leur avoir dit que j'allais dormir sur la plage. (Un autre mensonge de ma part vu que le sable était encore trempé. J'ai beau être un "vagabond sans importance" (CloClo), l'important la nuit dans ce genre d'aventures est pour moi de dormir au sec avec un modeste confort ou de dormir auprès d'une "rose" pour réconfort. Tout en sachant que sous la "rose", après la saison des amours, peut parfois éclore une peste! Et là commence alors la guerre des boutons... de la télécommande pour savoir si on regarde:
-La grotte "Lescaut", fiction sur la une, histoire de mieux connaître la pré-histoire.
<<-C'est en connaissant le passé qu'on appréhende le présent et qu'on prépare mieux l'avenir!>> termine "Lescaut" avant que le générique arrive (et non pas: le génétique!).
-Ou si on regarde alors le Tour de France, "documentaire" sur France télévision, histoire de mieux deviner "l'après-histoire". Alors, être avec une peste ou bien retourner sa veste avant de récolter la tempête? Libre à chacun de faire son propre choix!... Quoi? Un poète est né? Faut pas rêver!)

Ce matin, après avoir fait ma toilette et acheté de quoi manger, j'ai poursuivi ma route vers le canal de Caën et les côtes du Calvados avec le vent, dû aux grandes marées.
Je me suis baigné à Deauville, ville balnéaire connue pour son festival des films américains et ses "planches" de personnes célèbres sur le bord de la Manche. Je suis allé vendre mon "échappée belle" à la librairie du Marché de Deauville où une dame m'a gentiment accueillie:
<<-C'est mon fils qui gère la boutique mais je vais lui en parler. En plus, il est cycliste lui-aussi!
-C'est un coup de chance! lui ai-je dit tout sourire en lui montrant un article paru dans la presse locale ainsi que le bon d'une potentielle commande.
-Je vais les photocopier! me dit-elle tout sourire également. Comme ça, vous pourrez les garder pour d'autres libraires!>>

Je me trouve à Honfleur où je prends à nouveau mon mal en patience car la pluie recommence de plus belle.
J'apprends ici "en direct" que Samuel de Champlain a exploré l'Acadie et le Canada de 1603 à 1607 et qu'il fonda le Québec après être parti du port de Honfleur en 1608. J'apprends aussi que le 14 Juillet aura lieu l'Armada à Honfleur, parade des plus grands et plus beaux voiliers du Monde.

L'ignorant que je suis ignorait totalement que l'Acadie est une ancienne région de la Nouvelle-France et qu'elle forme aujourd'hui la Nouvelle-Écosse et une partie du Nouveau-Brunswick...Je cherche "Brunswick" dans mon dictionnaire... Brûlé... Non, c'est plus loin!... Brutus... Non, c'est avant!... Ha, Brunswick: ancien état d'Allemagne!

En me relisant, je m'aperçois que Brûlé (explorateur qui accompagna Champlain) et Brutus (Romain qui accompagna le "truand" Cassius pour tuer le "Bon" César) peuvent être des noms propres mal choisis pour l'Allemagne mais, c'est le pur hasard ou à l'insu de mon plein gré si j'ai choisi ces deux noms. Et puis, je dois avouer en avoir assez, si ce n'est marre de toujours devoir m'acheter une bonne conscience. C'est mon journal! Pourquoi toujours me justifier? Qui lira en plus ce journal si ce n'est moi? Et en plus, à quoi beau rêver car "les loups auront des dents" avant qu'un Allemand lise ce journal. Alors "hohohoho, stop!" (extrait d'une publicité!)... Je vais boire un café.

Mardi 8 Juillet:
Journal d'un papillon:

9 heures: J'ai dormi une nouvelle fois dans des toilettes publiques: propres, avec lavabo, sans odeurs, porte fermée. Je leur donne donc deux étoiles car il manque un miroir pour se raser sans se couper. Je précise que c'est un local avec plusieurs toilettes et que je n'ai pas dormi à côté d'une cuvette. Pour ma part, je n'en ai aucune honte et je rappelle... sans faire l'apologie de la misère, autrement dit: "l'apauvrologie!" (mot qui ne rapporte aucun point au Scrabble vu que je viens de l'inventer)... que lorsque je serai rentré chez moi, d'autres continueront encore à côtoyer ce genre d'endroits la nuit!
A côté de moi, je regarde un papillon. Étrange puisqu'à quelques vols de moi, se trouve un Naturospace, réserve d'insectes avec en autre des papillons tropicaux.
...
Et pendant ce temps-là:
Bourgvilain:<<-Qu'est-ce qu'on dort bien à Honfleur! dit-il à son compère, sous la toile de tente.
De Vines:-Et non pas: à côté d'un ronfleur! rétorque-t-il. (Oui, il dit ça parce que Bourgvilain ronfle mais comme il ronfle et qu'il dort en même temps, il ne sait donc pas qu'il ronfle. Tant pis pour lui!)
Bourgvilain:-Quel lieu reposant! Honfleur a tout: la mer et un port avec des bateaux!
De Vines:-Tant qu'à faire, c'est mieux: un port avec des bateaux!
Bourgvilain:-Sans oublier, les vieux... pavés d'antan avec ses habitations si belles qu'on pourrait toutes les prendre en photo!
De Vines:-Oui, bah, si cette envie vous prend, faites dont attention de ne pas tomber à l'eau!
Bourgvilain:-Vous entendez? Il ronfle! Va savoir: il ne le sait peut-être pas! dit-il à De Vines, en écoutant ronflé Coq'luche à côté dans une autre toile de tente. Je ne sais pas vous mais moi, je n'peux pas dormir avec une personne qui ronfle!>> lui "confie"-t-il en sortant le pot de "confiture" pour le petit déjeuner.
...
J'ai fait "la causette" hier soir avec un homme, la soixantaine, habitant Deauville et venu passer la soirée à Honfleur. Il voyage aussi mais moins maintenant.
<<-C'est la faute à mon âge! Je te conseille de faire les poubelles des magasins pour trouver de la "bouffe"! m'a-t-il dit avec son pauvre petit yaourt à la main.
Je crois, enfin c'est une certitude, oui, il pensait que j'étais en galère, que j'étais sans sous et que j'errais de ville en ville.
Me voyant seul avec mon vélo et mon sac à dos, il a dû penser que j'étais SDF. Surtout après lui avoir dit que j'allais dormir dehors!
-Pour les habits, au lieu de charger ton sac, tu devrais aller voir du côté des "relais" associatifs qui récupèrent les vêtements. Y a souvent des sacs remplis d'habits par terre!>> m'a-t-il conseillé en mangeant les galettes St-Michel que je lui ai donné.

15 heures: Ce matin, je suis allé voir l'exposition au grenier à sel d'Honfleur, intitulée "la mer fait son cinéma" avec quelques costumes portés pour le septième art: celui de Peter Pan, Astérix... et le collier "Coeur de l'océan", utilisé pour le "Titanic". J'ai pris une photo mais une "agent de tri" est aussitôt venue vers moi et m'a demandé de "jeter à la poubelle" cette photo de mon appareil numérique.
Après avoir emprunté le pont de Normandie et longé le port du Havre, me voici dans le centre-ville.
Plus de batteries à mon portable! Il faut que je trouve une solution sinon Erika, ma chienne, restée à la maison, risque de s'inquiéter... et ma famille aussi!
J'ai jeté une serviette de douche et un tee-shirt troué. Je porte à la place celui qu'on m'a donné pour la libération d'Ingrid.
Voilà quelques notes sans importance mais je me rends compte combien, quand on part en voyage, on peut en amener des choses avec soi! Un petit sac suffirait pour certains. Rien pour d'autres! Juste les vêtements portés sur soi qu'on lave jour après jour, histoire de garder comme même une certaine dignité. Moi, c'est décidé: durant cette aventure, je vais me séparer des affaires inutiles ou salles pour ne pas m'encombrer.

Tard dans la soirée: J'ai quitté le Havre et son auditorium en forme de volcan. N'ayant plus de lumières sur mon vélo, deux gendarmes m'ont arrêté alors que je roule vers Etretat.
<<-Mon vélo est tombé et ma lumière a cassé!
-Ce n'est pas une excuse! Vous avez vu l'heure? m'a interrogé l'un.
-Mon portable me sert de montre mais il est déchargé!
-Ce n'est pas une excuse! Vous allez jusqu'où avec votre vélo?
-Je fais le tour de la France! leur avouai-je. (Ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque mon idée de départ est de longer les côtes nordiques et de descendre dans le Sud.)
-Bonne initiative! me disent-ils avec l'interrogatoire qui suivit: Et vous faites ce tour pourquoi? Vous n'avez pas de toile de tente? Quelle est votre région préférée? Vous roulez avec ce vélo?... Marchez à côté de votre vélo ou allez dormir dans un coin pour cette nuit et bonne route!>> m'ont-ils dit avec un tel enthousiasme que je crois qu'ils auraient bien voulu me suivre.
A quelques pas de cette arrestation, j'ai donc trouvé un abri pour dormir et éviter d'être trempé en cas de pluies dans la nuit.

Mercredi 9 Juillet:

15 heures: Visite du Palais Bénédictine à Fécamp avec une exposition des ½uvres de Dali. Depuis plus d'un siècle, la liqueur Bénédictine est exportée à 95% dans le Monde (pourcentage à retenir pour participer à "Attention à la marche" car "quelqu'un m'a dit" que c'était la question posée pour la sélection des joueurs... pour ce jeu et non pas pour la sélection des joueurs de l'équipe de France!)
Ce matin, je suis donc arrivé à Etretat avec ses plages de galets, ses falaises, ses grottes, ses ruelles, ses pavés... et ses toilettes que j'ai "visité". J'avais, comme qui dirait, une envie pressante. Toilettes propres avec des miroirs et même des protections individuelles posées sur les cuvettes. Je leur attribue la palme d'or.

20 heures: Je me trouve à St Valéry-en-Caux, face à la maison d'Henri IV. Mais il semble que ce soit en fait Henri II qui ait séjourné en 1550 dans cette demeure, construite en 1540 sur le bord du port par un riche armateur (le contraire aurait été étonnant et non pas: "bétonnant"!), le sieur Guillaume Ladire.
<<-Si on vous le demande, ne dîtes pas que c'est moi qui vous l'a dit! plaisante un plaisancier qui plaisait beaucoup aux femmes de créanciers. Certainement dû à mon aisance naturelle et à mon poisson, euh, mon bateau qui sent bon l'essence, euh, les sens de la vie! Je "plaisance" bien sûr!>> plaisante le plaisancier.

Jeudi 10 Juillet:
Journal d'un crapaud ou d'une grenouille (vu le temps pluvieux depuis hier soir!)

J'ai parcouru hier plus de 90 kilomètres. Arrivé dans la soirée à 25 kilomètres de Dieppe, j'ai souhaité me poser dans un camping à Pourville sur Mer. Mais pas de possibilité de location de tente (et non pas: de tante!)!
A l'accueil, écoutant la conversation que j'avais avec le responsable du camping, un Lensois de 58ans m'a gentiment proposé de dormir dans sa Renault Mégane rouge. J'ai accepté et le responsable aussi, du moment que je payais ma place. J'ai pu me doucher et surtout, le plus important: recharger mon téléphone.
Comme dans tous les campings de la région, enfin j'imagine vu le temps, il y avait un loto, organisé au camping.
-Il faut bien passer le temps vu le temps mauvais dehors! m'expliqua le Lensois, retraité en maçonnerie et venu passer quelques jours de vacances avec la dernière de ses filles, Angela, 6 ans.
Voilà donc comment j'ai dormi dans une voiture d'une personne que je ne connaissais pas un jour avant et avec qui j'ai sympathisé jusqu'à mon départ ce matin.

13 heures 40: Je me suis tapé la tête contre une boîte aux lettres, jaune de la Poste, en retirant mon blouson puisque le Soleil revient. Alors, si j'écris n'importe quoi à présent, il ne faudra pas se demander pourquoi?
A côté de cette boîte aux lettres, une affiche: "deux étudiants brillants tués de 240 coups de couteaux, histoires vraies, magasine: Détective."
Cela fait froid dans le dos! Quand on part, seul comme moi, même à plusieurs, il faut être prudent et se méfier des individus que l'on peut croiser sur la route. Sans trop y penser sinon, je n'aurais qu'une envie: rentrer et me cloitrer à la maison.

16 heures: Une nouvelle averse. Je me suis arrêté sous un hangar et allongé sur la paille, histoire de me réchauffer. Un peintre passerait par là, nul doute que l'inspiration lui sauterait aux yeux.
...
<<-Salut l'ami! Moi, c'est "Pic à sot" car je ne peins que des sots et voici "Pickpocket" car il travaille toujours les mains dans les poches... des autres! Ne bouge surtout pas! Je vais peindre grâce à toi mon plus beau chef d'½uvre. Comment t'appelles-tu?
-L'âne Imal!
Quelques coups de pinceaux plus tard:
-Admire mon tableau! C'est de l'abstrait car comme dans tout art, il faut laisser le spectateur imaginer et rêver! lui suggère "Pic à sot" en lui montrant la tête d'âne sur la toile.
-C'est une auréole sur la tête?
-Que nenni! C'est une couronne! Tiens, je t'offre ce bijou! lui dit "Pic à sot".
-On dirait le "Coeur de l'océan"? s'étonne l'âne Imal.
-Effectivement, c'est bien lui! Mon grand-père l'a "trouvé" dans le manteau de Rose, rescapée du "Titanic", après l'avoir remplacé par un faux!
-C'est en récompense de ce que devra ce tableau après ma mort. Son titre: le Roi des ânes, Imal! Hasta luego! dit-il en repartant sur leur vélo et avec le tableau en poche.
-Zut! Mon nouvel ami a commis une faute de conjugaison car on dit: le Roi des "animaux" et non, le Roi des "animal"!>> pense tout haut l'âne Imal, en reprenant la route puisque la pluie avait cessé.
...
Arrivé, après trente kilomètres de route, au Tréport avec son escalier de la falaise de 365 marches. A vue d'oeil, je dirais que je suis à 100 kilomètres de l'Angleterre et à 180 kilomètres de Paris. Et que selon les agences de voyages, lors des premiers congés payés, Tréport avait la plus jolie plage d'Europe à trois heures de Paris en train. De nos jours, Tréport a toujours l'une des plus belles plages d'Europe mais le train met moins longtemps pour arriver à bon port. Enfin, quand aucunes grèves n'ont lieues!

Vendredi 11 Juillet:
Journal d'un vilain petit canard:

13 heures 57 (heure de mon portable, je le rappelle!): Bienvenue dans la Somme et la Picardie! J'ai roulé hier soir jusqu'à 23 heures. Dans la nuit, j'ai changé 3 fois de lieux pour dormir mieux: à 23 heures 30, je songe me reposer dans un hangar à foin avec à côté, pour seul compagnie, des vaches dans la vacherie. Une heure plus tard, les vaches étant trop vaches avec moi car elles (c'est à dire: Marguerite, Fernande, la Lulu, la Marie...), à tout prix, essayaient de réveiller le vacher qui ronflait vachement fort dans sa petite maison dans la prairie tandis qu'à ses côtés, sa femme, vacharde (méchante) de naissance, comptait les vachettes (et non pas: les machettes!) pour pouvoir dormir... Je décide donc de vadrouiller ailleurs. Je pars me coucher près d'un étang et protégé sous un arbre. Enfin, je croyais être protégé car à 5 heures30, la pluie commence à tomber alors je vais finalement me "sac-à-coucher" sous un abri de bus. Trois heures plus tard, je me lève et les canards sur la baie de la Somme, "la Camargue du Nord" selon moi, font: "coin! Coin!" et semblent se moquer de moi.
Une dizaine de kilomètres pédalé et j'arrive à St Valéry sur Somme, ville qui malgré son nom, ne se trouve pas en Corse mais bel et bien en Somme. Le temps de visiter et je continue jusqu'à Crotoy où c'est le jour du marché! Je me suis donc arrêté pour marcher, pour "casser la croûte" et faire aussi un petit "somme". Le temps de reprendre des forces et de boire un coup, je vais continuer à longer la baie près des chevaux, des vaches, des moutons, des oiseaux libres comme Max et des canards qui se marrent. Le soleil est de retour. Les tondeuses aussi!
...
Et pendant ce temps-là, De Vines prononce un discours important pour la suite de l'histoire. Malheureusement, avec le bruit des tondeuses, il est impossible d'entendre ce qu'il dit à ses deux autres compères.

Samedi 12 Juillet:

13 heures: J'ai passé le reste de l'après-midi d'hier à Fort-Mahon-plage où j'ai profité des éclaircies. Le soir, je suis allé à Belle Dune au village de l'Aquaclub, "Pierre et Vacances" voir le spectacle son et lumière retraçant l'histoire de la Picardie et le feu d'artifice. Après, le vent a "venté" toute la nuit.
J'ai dormi derrière l'église de Fort-Mahon, le seul endroit désert donc tranquille pour dormir à l'abri du vent.
A 6 heures (toujours selon mon portable!) la pluie, tel un miracle "inattendu", est arrivée. Je suis allé me réfugier dans un distributeur du C.A., enfin plus précisément, dans une banque. A l'ouverture, un "vieux" avec deux autres "vieux" (pardon d'employer "vieux" dans ce cas précis mais en lisant la suite, vous comprendrez peut-être la raison!) me regardaient d'un drôle d'air. Tel trois piquets ou trois guêpes enragées, ils attendaient que je sorte pour entrer... et sortir de l'argent de leur compte "épargne-vie".

<<-Bonjour! Heureusement que je me suis levé car vous auriez attendu longtemps sinon! leur ai-je dit, un peu agacé, je dois l'avouer, par leur visage de marbre.
-On aurait appelé la gendarmerie!>> me répond l'un d'eux.
Pourquoi les appeler vu qu'ils sont justes en face, de l'autre côté du trottoir?
Imaginons la scène:
Le vieux:<<-Ce jeune a dormi là, messieurs les gendarmes et c'est interdit!
L'âne Imal:-Je faisais un somme en attendant que la pluie cesse! Je suis venu chercher 20 Euros, regardez! dit-il en montrant son billet.
Le gendarme:-Je vois que vous faîtes du vélo? C'est bien ça! Et vous, messieurs, que faisiez-vous à attendre à la porte? Vous vouliez qu'il sorte pour lui voler son sac, avouez! Allez, embarquez-moi ça et qu'a saute! demandent-ils à ses collègues. Vous allez jusqu'où avec votre vélo?
L'âne Imal:-Jusqu'au Nord Pas de Calais!
Le gendarme:-Au Nord Pas de Calais!!! Et les gars, vous avez entendu? Ce jeune va dans le Nord Pas de Calais!>>
La boulangère du coin, entendant cela, le répète à ses clients. Très vite, tout Fort-Mahon est au courant.
Une "pauvre petite fille riche" sur la plage, écrit peut-être alors sur sa carte postale: "J'ai rencontré un jeune aventurier qui veut oser franchir les frontières et entrer dans le Nord Pas de Calais."
Le facteur lit forcément cette lettre et le répète aussi à tous les habitants de Fort-Mahon qui sont déjà au courant de la nouvelle, vu que le pain se vend comme des petits pains à Fort-Mahon. (D'ailleurs, le pain est bien la seule chose en ce moment qui se vend comme des petits pains partout en France!)
Le facteur:-Vous êtes au courant? demande-t-il, tellement abasourdi qu'il en oubli de distribuer le courrier.
Chaque habitants:-Oui, depuis que des poteaux électriques ont été installés, nous sommes au courant! plaisantent-ils.
Le facteur:-Non, j'ai lu dans le courrier, euh, dans le journal "le Courrier du Pays de Picardie" qu'un jeune part au Nord Pas de Calais!
Chaque habitant de sa nouvelle tournée:-Oui, je suis déjà au courant mais ce n'est pas grave! Entre dont boire une Ch'ti puisque te v'là!>>

Après réflexion, merci à ses trois "anciens" puisque sans le vouloir, ils m'ont permis de rire, tout seul sur mon vélo, en pensant à cette histoire.
Certains, en lisant ce journal, vont me croire fou d'écrire des scènes irréelles, d'autres comprendront que c'est juste pour rire, pour m'évader et en même temps, je dois le reconnaître: transmettre parfois des messages. Certains vont penser qu'il serait temps que je revienne au monde réel et que j'arrête enfin de rêver. Chacun pensera ce qu'il veut de ce journal. Moi, j'ai la tête sur les épaules et j'ai pleine conscience que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Écrire, voyager dans le réel ou l'irréel, être dans des endroits auxquels jamais je n'aurais pensé être. Dormir dans cette banque tel un pauvre clochard me donne envie de respecter encore plus la vie. Je vais peut-être dire une absurdité, tant pis ce ne sera pas la première ni la dernière mais chaque être humain devrait au moins dormir une nuit dehors. Non pas, pour être encore plus généreux, je n'ai pas envie de faire de bla-bla-bla mais pour se remettre en question.
Des belles paroles? Du vent? Je n'ai pas la prétention de changer le Monde, j'ai déjà du mal à m'occuper de moi. C'est juste ma voix intérieure qui parle. Elle a comme tout le monde des choses à dire mais elle ne sait souvent pas comment.
...
Et pendant ce temps-là, sur le "parking des anges", dans une caravane du Tour de France 08 alors qu'un passant, voyant cette caravane (facile à repérer puisque l'inscription "Tour de France 08" est inscrite dessus!) s'étonne:
-C'est bi, bizarre! s'exclame le passant Kiki (c'est son petit surnom!) qui bégaye. Le Tour de France n'est pas encore passé (et non pas le facteur!) et ça fait une plombe que j'attends! A moin que je l'ai loupé de peu comme d'ha-d'ha, bitude! s'interroge Kiki alors que... soudain une voiture fait "tu-tute!" et passe... Sur qui? Je vous le donne en mille... morceaux! Ou plutôt sur quoi? Réponse: sur le passage piéton!
Cette scène, étant trop choquante, un belge a bien voulu recommencé le début de cette histoire:
-C'est bizarre une foué! Le Tour de France 08 n'est pas encore passé et ça fait un siècle que j'attends! Autrement dit: depuis 1908! Mais vous connaissez le dicton dans le cyclisme: "Quand on aime, on ne compte pas!". Tiens, voilà Alexandra qui allume ses phares comme d'habitude! dit-il à personne vu qu'il est tout seul tandis qu'Alexandra lui fait le salut amical avec la main. Comme d'habitude!
...
Bref, ceci étant dit, allons faire un tour dans cette caravane pour enfin savoir ce qui s'y passe:
Fandemas:<<-Je me lève et je te bouscule et je vais te réveiller à coups de coups de pieds au derrière si tu n'es pas capable de me retirer le bruit des tondeuses pour enfin savoir ce qu'a dit De Vines hier! Ça fait un jour que j'attends! (Et les lecteurs aussi!) Quand c'est trop, c'est trop! "pique" haut et fort Fandemas.
Le pion:-Ne vous énervez pas! Comme mon ancien patron disait: "Savoir, c'est pouvoir!".
Fandemas:-Je m'en fous!
Le pion:-Ha, ça, c'est ce que lui répondait mon ancien collègue de boulot! se souvient-il. Pour votre info, je...
(-Tu, tu,te! klaxonne un taxi, qui voudrait prendre la caravane, enfin la place de la caravane car ce parking est réservé aux taxis.)
... Oui, je vais vous faire écouter la bande! répète le pion. La voici! lui dit-il en démarrant la bande sonore, enregistrée la veille:
"De Vines:<<-Mes chers compatriotes, l'heure est venue de passer à l'assaut. "Ciation", c'est son prénom, ne me demandez pas pourquoi!, je disais donc: Ciation, le pigeon voyageur qui comme vous le savez, voyage de port en port pour me transmettre chaque matin le rapport de l'âne Imal que reçoit avant ma secrétaire restée au commissariat, m'a avertit. Et il ne fait plus aucun doute après ce rapport que l'âne Imal se promène, non seulement avec des lingots d'or dans son sac mais qu'il a en plus reçu un bijou, certainement d'une valeur inestimable. A tous les coûts, Fandemas va vouloir lui voler. D'ailleurs, depuis qu'on suit l'âne Imal à vélo, ce ne serait pas trop tôt! Je lance donc à 13h57, dit-il en regardant l'heure, réglez vos portables!, l'opération: "A bras le corps" et non pas: l'opération "Cobra", nom déjà donné lors du débarquement en Normandie, comme vous le savez!
Coq'luche:-Vous allez peut-être me trouver un peu bête mais ne trouvez-vous pas qu' "à bras le corps et non pas l'opération Cobra, nom déjà donné lors du débarquement en Normandie comme vous le savez!" est un nom d'opération un peu long?
De Vines:-Alors, écoutez mon vieux! Vous n'êtes pas "un" peu bête, vous êtes "triplement" idiot!
Coq'luche:-Je disais ça pour détendre les "neurones, hein"!
De Vines:-Les n½uds rônins??? Vous en faites un beau Samouraï errant, en quête d'aventures. Autrement dit: un rônin! Allez, tous à vos postes!
Bourgvilain:-C'est quoi la mission?
De Vines:-Je vois qu'il y en a un qui suit au moins! Voilà ce que nous allons faire!"
Le pion:-C'est tout! Après, De Vines parle trop bas et on n'entend plus rien!
Fandemas:-Ce n'est pas grave! Tu as fais du bon boulot! Prends le volant! Nous allons maintenant faire un tour! éclate de rire Fandemas, le dos tourné pour ne pas qu'on voit son visage. (Non pas que son visage est affreux mais juste pour garder du suspens! Enfin, j'imagine que c'est pour cette raison!)
-Toi la caravane, tu l'as échappée belle!>> s'énerve le taxi auprès de la caravane, après avoir téléphoné à la fourrière qui brûlait d'impatience de venir avec son amende (et non pas: son amant à la demande!).

17 heures: Passage au cimetière militaire d'Etaples, centre qui pendant la première guerre mondiale servit d'hôpitaux, de camps de renforcement et d'entraînement britannique. D'ailleurs, les anglais disaient "Eat-aples" (mange-pommes).

Dimanche 13 Juillet:
Journal de... Je ne sais plus car j'ai oublié de le noter. Je préfère être franc et ce n'est pas mon habitude d'écrire n'importe quoi:

Il est midi. En passant hier par Berck, je suis entré dans le Nord Pas de Calais. Bienvenue chez les Ch'tis! (Tiens, c'est marrant, cette phrase me rappelle un film mais je ne me souviens plus du titre!)
Je suis allé aussi à Boulogne sur Mer. Premier accident de voiture que je vois depuis mon départ, certainement dû à la vitesse puisque l'accident s'est produit à un stop de l'entrée de la ville.
En soirée, je suis allé à la fête foraine de Wimereux. Des jeunes ch'tis et d'ailleurs, sont venus discuter avec moi.
V'là t'y pas, sapristi, qu'un biloute veut faire un tour avec mon vélo de facteur. Pas d'accord, j'ai cru qu'ils allaient me le "chourrer". V'là t'y pas qu'y'en a un qui me l'prend des mains. (J'essaie de parler en ch'ti patois. Enfin, j'essaie!)
<<-Ne te fais pas de bile, biloute! Inutile de te mettre en boule! Il va pas te le "chourraxe"! me disent après ceux qui restaient, me posant des questions comme: tu dors où? Dans des "tocards"?
-Oui! leur ai-je dis ignorant ce qu'étaient des "tocarts".
-T'es un "ouf" toi? Tu comptes aller jusqu'où? Dans le pôle Nord?
Le jeune est revenu avec mon vélo après quelques willings, ce qui n'a pas arrangé l'état de mon vélo.
En partant, certains m'ont poussé, histoire de m'encourager.
-Bonne route biloute! m'ont-ils crié.
Et sur la route justement, j'ai compris que les "tocards" étaient en fait les "toncarts", autrement dit: les cartons! Je n'ai pas eu le courage de retourner les voir et leur dire:
-Petit message de "mué" et non pas: de la muette! Je préfère... manger à la cantine... ne pas vous raconter de "carabistoules" qui veut dire "histoires" (et non pas: carabines!). Je tiens à rectifier le tir mais je n'ai jamais dormi dans des cartons!
-Merci d'être revenu pour nous le dire! Attends, on va te pousser vu qu'on est gonflé à bloque, n'est-ce pas les musclés, euh, les gars?>> m'aurait alors dit le chef de la bande des gars.

Beaucoup de monde sur les routes des vacances, grand weekend du 14 Juillet oblige! Un beau soleil comme aujourd'hui et les plages sont "bondées" de James Bond girls et de petits biloutes.
Je suis à Wissant. Une cycliste, commerçante de Wimereux, m'a conseillé au guidon de son vélo, elle-aussi, de m'y arrêter. J'aperçois les côtes d'Angleterre et "l'autoroute" des bateaux de croisières Franco-Anglais. Trente kilomètres séparent ces deux pays. Certains y vont à la nage, d'autres préfèrent emprunter le tunnel sous la Manche, d'autres "s'en alleront" par la Mer dès que les vents "tournera".

14 heures: Stop obligatoire à la ferme de Laurent Fourdinier de St Pô lors de la fête des repas charolais qui dure trois jours. J'en ai profité pour admirer cette fois-çi les côtes de "b½ufs" et boire une petite mousse! Une ferme vachement sein Pô!

Lundi 14 Juillet:

17 heures 30: Après avoir passé l'après-midi à Calais, je suis allé en soirée à Gravelines voir le spectacle folklore, mélange de musique d'Equateur et de Guyane. Après le feu d'artifice, je suis parti me coucher sur une pelouse du parc du château de Gravelines.
Retour ce midi à Calais. Après la plage, une visite approfondie de cette ville s'est imposée: la tour du Guet (note: je ne ferai aucun jeu de mot déplacé sur le nom de cette tour!), son phare, son "propre" port, son église Notre Dame où se maria en 1921 De Gaulle et sans oublier ses "tiotes gaufs drolemin bonnes".
En partant de la plage, ayant du mal à gonfler un peu ma roue arrière, je ne me suis pas dégonflé et j'ai alors sollicité l'aide de trois adolescents qui se trouvaient à côté de moi avec leur vélo. Pendant que deux d'entre eux gonflaient ma roue, l'autre a essayé de voler ma petite radio dans mon sac, vu que j'avais omis de le refermer en prenant ma pompe à vélo.
-Y a rien à « chourrer » à part mes habits! lui ai-je dis.
Je pense qu'il croyait que c'était un mp3 mais ce qu'il voyait, n'était que mon casque "datant de la guerre" et ma radio qui ne marche ou plutôt, qui ne fonctionne qu'en tapant dessus à cause d'un mauvais contact. Il n'allait pas faire fortune avec. Quoique!
...Quelques années plus tard, quelque part dans le Cher, dans une enchère:
-Voici à présent la petite radio que l'âne Imal a utilisé durant la mission où il a découvert le pôle Nord, euh, je veux dire: le Nord Pas de Calais! Nous débitons 1 million d'Euros! Euh, je veux dire: nous débutons à 1 million d'Euros! A vous de trouver maintenant le juste prix! demande le "Roy", euh, je veux dire: le Président des enchères.
...
Bien que je suis conscient qu'il faut se méfier de tout le monde, dois-je pour autant ne plus parler à personne et ne plus gonfler mon vélo à côté de quelqu'un?
Je suis dans le parc Richelieu où des joueurs de boules... jouent aux boules. Logique! Être en France et ne pas voir des joueurs de pétanques, c'est comme aller aux États-Unis et ne pas voir la statue de la Liberté ou être en Angleterre et ne pas voir le Prince Charles tirer... à la tirasse (filet pour prendre des cailles ou des perdrix, peut-être même des dindes!) ou tirer les Rois le jour de l'épiphanie.

Mardi 15 Juillet:

I go in Angleterre! I have embarquer this morning à 12 heures 30 with SeaFrance in a boat.
Not possible de passer à vélo in a tunnel sous la Manche car seulement bus and car (voiture) sont autorisés.
I am in le bateau with un peu de vent.
I no pensais pas to go en Angleterre en partant le 6 Juin. Et puis, en longeant la côte nordique, cette idée m'a trotté dans la tête au fur et à mesure. Je me suis dit: <<Good idée!>>

20 heures: Je me trouve in Folkestone. Le Ferry a débarqué à Dover et non à Londres comme je le pensais. Moi qui a prévenu ma famille et mes amis que j'allais accoster in London. Quel idiot! Pour ne pas dire: quel blaireau!
Le bateau, étant donc accosté, je cherche my vélo.
-Que vois-je? me demandais-je tout haut en bon français qui sait à peu près bien parler le français. Je ne vois plus mon vélo! dis-je, inquiet, aux "bateliers" du bateau.
Bête que je suis, je n'avais pas réfléchi avant que le bateau avait tourné de sens en accostant. L'arrière du bateau se trouvait dorénavant à l'avant. My vélo m'attendait donc à l'avant. Ma première mésaventure au Royaume-uni mais un premier bon souvenir, hors du Royaume de France!
Pour aller à Londres, des Englishs m'ont dit de prendre la M20 mais quelques miles plus loin (oui, terminus les kilomètres pour l'instant!) je suis obligé de faire marche arrière et de monter le haut d'une colline, mon vélo sur l'épaule pour éviter les épines. Je suis ensuite retourné à Folkestone, ville que je venais de visiter avant de prendre la M20 trop dangereuse puisque c'est une quatre voies, bref une autoroute! Le M signale une autoroute et le A signale une route départementale (version anglaise). Ce n'est donc pas la M20 que je dois prendre pour rejoindre London mais l'A20. Est-ce moi qui a mal compris quand ils m'ont dit <<l'A20!>> avec leur accent british?
Eux:<<-La M20??? No!!!
Moi:-Okay! Je vais prendre la M2O maintenant (now)! Thank you!>>
Ou peut-être, ils m'ont bien dit <<la M20!>> mais ils pensaient, en me voyant avec my vélo, que j'allais à Londres en "car" ou plutôt en voiture et donc prendre la M20. De plus, le M signifie-t-il "Mac'do" aux U.S.A et "Munsters" en Hollande? That is a question!
Tous ce que je sais, c'est qu'ils m'ont dit ceci:
-London!!! It's a long way!
Une nouvelle mésaventure pour moi mais un autre bon souvenir... pour mes souliers.
Une heure de moins qu'en France! J'avais oublié, en débarquant sur la côte anglaise, de régler l'heure de my téléphone sans fil. Pour ne pas dire: my portable!
Sans oublier que je dois rouler à gauche. J'ai déjà à mon effectif plusieurs coups de klaxons de mes alliés anglais! Surtout en prenant les ronds-points! Mais j'ai une excuse: c'est la première fois de ma vie que je quitte my pays, ma douce France, cher pays de mon enfance, bercée de tendres...
-Insouciant! Encore un étranger! doivent-ils se dire à droite... dans leur auto.
-Sorry! leur dis-je désolé, avec mon accent français.

Mercredi 16 July:

13 heures: J'ai passé ma première nuit sur le sol anglais dans le parc Business Véolia de Folkestone. Des mouettes m'ont réveillé ce matin. Elles semblaient me demander la direction de leur prochaine destination de vol... à la tire sur les bords de mer.
-Allez voir ailleurs si j'y suis! "n'ai-je pas crié" à ses mouettes car j'ai appris en Bretagne (pas la grande!) qu'une légende raconte que les goélands argentés seraient les âmes des capitaines ou vieux marins condamnés à vivre en pénitence et qu'ils reviennent ainsi dans les ports où ils ont vécu. Gare à celui qui les chasse car le mauvais sort peut s'abattre sur lui ou sur son bateau. (Attention, cette histoire peut donner la chaire de poule! Peut-être même, le mal de mer!)
Vu que je ne sais pas vraiment la différence entre une mouette et un goéland argenté, j'ai donc préféré ne pas tenter le diable et les mouettes ont dépliées leurs ailes, elles-même.

Avant de prendre moi-aussi mon envol, je suis allé faire des courses au Morrisons, magasin où j'ai dû échanger des Euros contre des "P" comme "Points", dans un distributeur. Coïncidence ou pas: comme en France, les distributeurs d'argents sont toujours placés à proximité des "repreneurs d'argents"!
J'ai acheté mes premiers pan cakes, mes premiers cheese straws et quelques produits français pour ne pas être trop dépaysé.
Tiens, ça me fait penser qu'une petite sieste ne sera pas de refus. Même en Angleterre, je vais m'imposer le droit de me reposer!
Ensuite, mon programme est simple et sans ambiguïté (pas comme en politique!): continuer sur l'A20, la "long way" qui va me mener au paradis ou plutôt à la parade du palais de Buckingham in London.

Jeudi 17 July:

21 heures: J'ai dormi à Farningham sur une pelouse. En matinée, j'ai repris la direction de Londres. Quinze miles de route après sur la piste cyclable, je suis arrivé dans cette immense capitale comme si j'étais entré dans Paris. C'est à dire: sous la pluie!
Il était 14 heures! Je le sais car le Big Ben a sonné... pour prévenir les londoniens que j'étais bel et bien arrivé!
...
Quelques heures avant, les trois compères visitent London et marchent à côté de leur vélo à trois selles:
Bourgvilain:<<-Regardez! Les anglais aiment le rouge car les bus sont complètement "red"!
Coq'luche:-Je me demande si ils aiment aussi le jaune?
Bourgvilain:-Vous oubliez que ce sont des anglais qui ont chanté "yellow summerine"! se souvient-il en buvant sa "beatle"... d'eau bien sûr.
De Vines:-Même les cabines téléphoniques, disposées les unes à côté des autres, sont "red"! C'est redoublant!
-Red ou blanc? Vous français? Vous avoir good vin pour moi?
De Vines:-Vous êtes un sans-abri? lui demande-t-il.
-No! Appelez-moi "SDF"! N'ayez pas peur d'être franc!
Coq'luche:-On est français justement et ce n'est pas marqué "Backus" sur notre front!
-J'ai connu un homme autrefois qui avait toujours la banane. Il ne m'aurait jamais dit ça, lui! C'est impossible!
Coq'luche:-Impossible n'est pas français!
-Voilà, il m'aurait dit ça, lui!
Coq'luche:-Il aurait dit ça, lui? Bon allez, tiens, j'te passe ma banane!>> lui dit-il en lui donnant une banane et non pas son sac banane.
...
Cette journée a passé trop vite. A l'office de tourisme de Victoria Station, centre de Londres, j'ai réussi à trouver une auberge de jeunesse à 23 "P" comme "Points" la nuit avec des français et des espagnols à l'intérieur. Pour approfondir mes cours de langue anglaise, ce sera donc: difficult!

Paper ("pas peur", journal) d'un lion... en bronze:
Finday 18 July:

... Quelques heures avant, dans la soirée, alors que les trois compères voient l'âne Imal entré dans un sauna: (lieu que les anglais préconisent pour faire chauffer leur thé!)
De Vines:<<-Rentrons! On ne sait jamais! Fandemas pourrait très bien s'y trouver!
La gérante:-Bonjour messieurs! Je vous présente ces trois charmantes demoiselles: Ève, Ève et Ève!
Bourgvilain:-Elles s'appellent toutes les trois Ève, si j'ai bien tout suivi?
De Vines:-Euh, nous aimerions nous restaurer?
La gérante:-Bien entendu! Nous avons des ...
De Vines:-Des amendes??? C'est drôle car nous sommes inspecteurs!
La gérante:-No! Pas des amendes, des allemandes!!! dit-elle alors que trois "Germaine" arrivent.
Bourgvilain:-Ne pourrions-nous pas plutôt suivre ces trois Ève? demande-t-il en s'asseyant à côté d'elles.
La gérante:-"Ève, lèves-toi!" et va ...
De Vines:-Non! Puisque vous parlez ici aux trois Ève, il faut alors leur dire: Levez-vous!>>
Bourgvilain:<<-Levez-vous, chef! L'âne Imal s'en va! lui dit-il dans la chambre de l'auberge.
De Vines:-J'ai fait un rêve bizarre! Pas vous?>>

14 heures: Passage dans le temps in la Gallery nationale qui correspond au musée du Louvre de Paris, avec en autre, des peintures de Cézanne, Gauguin and Van Gogh (et non pas: des pains durs de cézame, gros grains et vin au coq!).
A l'entrée du musée, place Trafalgar Square, se trouve une fontaine avec des statues de lions. Et juste à côté de cette fontaine, se trouve un guide. Et juste à côté de ce guide, se trouvent des touristes en admiration pour ce guide et qui ne cessent de lui poser des questions:
<<-What? It's a statue of commemorates the famous victory of admiral Nelson Viscount at the battle of Trafalgar in 1805 during which he was killed. Je traduis pour les français ici présents: Quoi ça? C'est la statue qui a été placée sur cette belle place, située à côté des magasins de souvenirs où vous pourrez acheter des cartes postales et des tasses à thé de la famille royale. Sans oublier des livres comme "l'échappée belle de mon tour... de Gaule", journal of a men qui s'est battu pour la liberté... à vélo!
-Fantastic! What's his name? (Quel est son nom?) demande Nathalie, une française qui sait aussi bien parler l'anglais que le guide.
-My name is "Mel Sonmoinfort"!>> répond-il en s'admirant dans la glace, pensant qu'elle lui a demandé son nom.
Oubliant les autres touristes et ses pour-boire, le guide et Nathalie s'en allèrent boire un thé (et non pas: un chocolat!) sur la place Red qui était remplie.

Pique-nique ce midi dans le Green Park de Buckingham Palace à côté des oies, des canards, des "rosbifs" et de la foule de touristes. Certains jouent au cricket, d'autres bronzent sur des chaises longues, tandis que je bois un ice-tea.
...
A l'heure du tea, sur la route de Buckingham Palace:
L'âne Imal:<<-Hi Majesty! Vous êtes à vélo?
La Reine:-Yes! Je suis allé faire mon plein... de tea car mon lévrier a omis de faire penser à mon fils d'aller faire le plein après avoir tiré sa chasse de, euh...
L'âne:-Water?
La Reine:-Prenez et buvez car ceci est une eau riche en V (vitamines) C! précise-t-elle en s'inclinant avant de lui proposer sa bouteille d'eau.
L'âne:-J'ai de l'a bière London price dans my sac, ça vous dit?
La Reine:-Puisque vous me prenez par les sentiments... distingués, it's okay!
L'âne:-Sans mentir, que ma majesty parle "bien parfaitement" notre langue pour une Reine anglaise (et non pas: une crème anglaise!)
Reine (pour faire plus court!):-Thank you! La raison est simple et sans ambiguïté (pas comme en monarchie!) car "j'ai deux amours: mon pays et Paris!" chante-t-elle alors qu'il se met soudain à pleuvoir. Pour my te...nnis, c'est chaud! Tant pis, je "jouirai" peut-être demain!
L'âne:-Je jouerai peut-être demain, majesty! rectifie-t-il.
Reine:-Vous aussi? Vous avez raison car le sport, c'est comme le thé, c'est bon pour la santé!>>

Paper of un pote de chambre: (Oui, j'ai décidé de ne pas citer que les animaux. Après tout, heureusement pour moi, mes amis les humains, m'ont aussi réveillé certains matins!)
Saturday 19 July:

18 heures: Promenade in the City: la grande roue surnommée "l'½il de Londres", l'abbaye de Westminster, St Paul's Cathedral, Tower Bridge... Il y a tant de choses à voir et à découvrir dans le Monde de sa Majesté que ce n'est pas 6.0 méga Pixel qu'il me faudrait à mon appareil photo mais 60000 de Mégas photos.
J'ai encore passé la soirée d'hier dans un pub du centre et je me suis couché vers 5 heures à Belsize Park House, le nom de cette auberge anglaise.
C'est vrai que pour un pédaleur comme moi, se coucher aussi tard n'est pas un bon exemple mais depuis le début de mon histoire, je sais que je ne suis ni percheron (cheval grand et puissant de Perche) ni âne de Cromagnon. I am comme tout le monde!
Je précise aussi que si je dors parfois dehors, ce n'est pas pour autant que je suis alcoolique. Quand on vit un voyage comme le mien, seul sans ami(s) à ses côtés pour se confier en toute sincérité en jouant par exemple au poker, le seul endroit de nuit où l'on peut peut-être parler est, sans compter dans un bureau de police bien sûr, dans un pub.
Un garçon des services des chambres m'a réveillé vers 10 heures. Je n'ai pas entendu les trois autres gars dans la chambre se lever, se laver, se raser, revenir après le petit breakfast, se changer, ranger et se volatiliser.
Je n'ai pas réservé pour cette nuit. Pour la petite histoire, les anglais à l'accueil m'ont offert une boîte de Coeur de Lion pour my départ. It's good!
Je ne sais pas où je vais dormir. Pour commencer, je pense aller dans le bar d'hier soir car certains y sont rentrés avec leur sac de voyage. Je vais bien voir.

Sunday 20 July:

J'ai encore passé la soirée dans des bars branchés... à l'électricité, comme en France. Cette "foué", c'est sûr: les flamands... rouges, de passage à Londres, vont me prendre pour un drogué, accroc au bar (le poisson)!
J'ai dormi ensuite la tête sous les étoiles britanniques au Royal National Théâtre près de la River Thames qui coule dans le coeur de Lion, euh, je veux dire: le coeur de Londres. A l'intérieur du théâtre, un agent of security a frappé (et non pas: m'a frappé!) à la fenêtre et m'a demandé de me réveiller sans bailler et "bye-bye"!
Pour me faire pardonner mes pêchers, je me suis "dé-pêché" d'aller à la messe du Sunday à la St Paul's Cathedral: le "sung eucharist 1100" (cette info est une preuve que j'ai bien écouté!). La vérité si je mens, je dois avouer qu'en écoutant le curé, non je ne me curais pas les ongles, mais j'étais en train d'imaginer cette messe, façon "âne Imal". Plus précisément, je dois avouer que c'était plutôt façon "Paul Pré-boit":
...
Le curé, "Pré-boit":<<-Le sang du Christ! dit-il au pêcheur en buvant dans la coupe à sa place.
Le pêcheur, étonné, retourne sur son banc... de poissons, sans faire grève.
Après une longue file d'attente telle qu'à l'Assédic, De Vines et ses deux autres compères viennent, à leur tour, boire dans la coupe.
Le curé (pour faire plus court):-La prise de sang! Euh, ma foi, j'veux dire: le sang du Christ!
De Vines:-Doux Jésus! Il est complètement saoul! pense-t-il tout bas pour ne pas interrompre ce moment de recueillement.
A la fin de la célébration, De Vines va se confier à l'abbé de la cathédrale en "pierre", qui soignait le "curriculum vite fait" de l'un de ses compagnons. Sur ce CV est écrit en autre: "Préparation du droit au logement o pposable (première année), demende d'aide à la commune, à la région, à la moutouelle et à la France..."
De Vines:-Pardon, monsieur l'abbé, c'est normal que "votre collègue de travail" boit pendant ces heures de travail?
L'abbé:-Qui ça? Le curé "Pré-boit"? Oh, yes! It's a tradition anglaise! Pour commémorer Saint Paul, le curé de cette cathédrale boit à la place des paroissiens quand il sert la prise de sang, euh la crise se sent! Bon sang, je vais y arriver, oui ou non? Je veux dire: le sang du Christ! Et pourquoi d'après vous? Car le petit Paul buvait du lait, euh, non, enfin si, c'est ça, il buvait du lait avant de servir à l'étable, euh, à table! A la soupe! soupire-t-il à ses compagnons, en entendant les douze coups de midi.
De Vines:-Vous y croyez, vous... à cette histoire?>> demande-t-il à ses deux autres compères, laissant le curé dormir comme un doux agneau.
...
20h: Encore une traversée de Londres cet après-midi: les Houses of Parliament, Princess Diana Memorial Fountain qui ressemble à un coeur et la statue de Peter Pan que je n'ai pas vu (était-il encore parti dans le Monde Perdu?), le Kensington Palace...
Heureusement que les offices du tourisme m'offrent des cartes, sinon bonjour ou plutôt "hello" les fautes d'orthographe en recopiant les noms des villes et des monuments dans ce journal!

Journal de Mr. Âne Imal:
Lundi 21 July:

19h: Ce qui vient de m'arriver ses dernières 24 heures restera dans les annales de ma vie. J'étais comme Mr. Bean cherchant sa petite auto jaune sauf que moi, je cherchais mon vélo rouillé.
D'abord, hier soir, j'ai rencontré un jeune anglais de 23 ans à l'entrée d'un bar. On discute et comme il me voit avec my sac à dos et my bicyclette, il me propose de dormir chez lui. N'ayant pas de lieux, "une maison in London" comme il m'a dit, j'ai donc accepté.
<<-Tu n'es pas un voleur? m'a-t-il demandé avant, avec son accent british.
-Seulement de cartes postales!>> lui ai-je répondu.
Et comme il habite à "perpète Lébin" dans Londres, les chauffeurs de bus ne voulant pas de my bicyclette dans leur bus propre, j'ai finalement attaché mon vélo dans un coin. Problème ce matin: en sortant du métro, impossible de retrouver my vélo avec qui j'ai fait tant de kilomètres et avec qui j'ai vécu tant d'aventures.
Je n'arrivais plus à me souvenir du numéro de l'arrêt de bus où je l'avais attaché avant de prendre le bus 55 avec ce londonien qui parlait mieux le français que moi, je parle l'anglais.
Il travaillait aujourd'hui dans un magasin. Lequel? Il me l'a dit mais impossible de m'en souvenir.
Son numéro de téléphone? Inscrit sur mon ticket de métro! Problème: la machine des métros avale les tickets à la sortie pour empêcher les fraudes. Je garde mon self-control malgré la chaleur et la foule immense dans les rues. Je réfléchis: ne sachant plus le nom de la gare que nous avons pri ce matin pour revenir dans le centre, je décide de prendre un nouveau ticket pour la journée et refaire tous les arrêts de métro dans la zone de Londres où ce garçon habite ou plutôt co-habite avec une fille. Je me dis qu'en faisant toutes les gares de métro de cette zone, je trouverais forcément celle qui ressemble à la gare que nous avons pris et ainsi, je pourrais attendre ce garçon pour qu'il me dise le numéro de l'arrêt de bus vu qu'il connait mieux Londres que moi et enfin retrouver my vélo.
Je réfléchis encore un peu.
-Bon sang de bonsoir! J'ai oublié qu'il m'a donné son mail ce matin! pensai-je tout haut.
Je vais dans un cybercafé pour lui laisser un message. La gérante termine son ménage et me regarde d'un air qui se demandait probablement tout bas:
<<-Qui c'est ce "blaireau" qui vient cinq minutes avant la fermeture pour me casser les (..)?>>
Il est 18 heures 55. Trop tard donc pour rallumer un ordinateur, taper le code pour se connecter sur le net, taper mon message en anglais, l'envoyer... et payer!
Bref, j'ai passé cette journée à chercher mon vélo et je crois que je chercherais encore si je n'avais pas eu la bonne idée de refaire le parcours du bus 55.
Et voilà! Il est devant mes yeux. Je n'étais pas vraiment paniqué à l'idée de ne pas le retrouver. Non, je me demandais plus: combien de temps allais-je passé dans les rues de Londres avant de le retrouver là où je l'avais laissé? En toute franchise, je ne pense pas que je serai reparti de cette capitale sans my vélo à la main.
Je me souviens encore de la phrase que j'ai prononcé avant de revoir my vélo:
-Y a pas de magasins de nourritures dans ce patelin!
(Oui, au lieu de pleurer sur mes déboires pour retrouver my vélo, moi je désespérais de ne pas trouver un magasin pour acheter à manger et à boire!)
Finalement, cette mésaventure se termine à la façon de Mr. Bean: après avoir ensuite trouvé un magasin avec mon vélo, je range mes achats dans mon sac et je trouve le ticket de bus d'hier soir que j'ai conservé avec le numéro de l'arrêt où j'avais laissé my vélo. Et voilà pourquoi je me dis, quand j'y repense, que cette histoire restera dans les annales de my vie!

Paper de l'oie anglaise: (animal qui se nourrit de pan cakes et des "restes" des visiteurs de parcs anglais!)
Mardi 22 July:

13 heures: J'ai laissé mon sac de couchage sur un banc du parc bloomsburg square, après avoir retrouvé my vélo hier soir. Le parc étant fermé, j'ai donc dormi sans sur un banc public avec le chant des oies et des canards. Plus de sac de couchage en retournant dans ce parc ce matin!
My God:<<-Ça t'apprendra! Voleur de cartes postales!>>
Des pique-niques "géants" sont organisés dans le Green Park (parc "vert") comme ce midi. Tel le petit chaperon "red", chacun doit emmener son petit pot de beurre, ses crêpes et sa confiture!
D'ailleurs, une oie anglaise qui m'encerclait m'a rappelé qu "on est toujours mieux servi que par soi-même!"

...Dans le Green Park, à l'heure du pique-nique (et non pas: du pick-pocket!)
L'âne Imal:<<-Hi Majesty!
La Reine:-Hello! J'ai passé la soirée au Queen's club! dit-elle sur son vélo. It's un secret alors ne l'écrivez pas dans votre journal! Dite plutôt à la place que j'vous ai dit cette phrase: Je vous retrouve vraiment par hasard, mon ami!
L'âne Imal:-"Rien naît hasard, peut-être?"
La Reine:-It's beautiful! It's une phrase de Victor Hugo, j'imagine?
L'âne Imal:-No! C'est de moi! J'étais justement en train de composer avec ma plume. Je vous le lis:

RIEN naît hasard :

Jeter une bouteille vide à la mer.
Rire de tout, de rien à coeur ouvert.
Savoir écouter mes envies.
Ne pas rougir de mes châteaux, mes grandes académies.

Me bousculer de temps en temps.
T'offrir mon coeur et me sentir encore plus vivant.
Trouver dans ton regard un point d'attache.
Ne pas me retourner, gravir les marches

Rien naît hasard!
J'écris l'histoire
de mes rêves
avant que ma vie s'achève.

Rien naît trop tard!
Je veux y croire.
Avant la dernière trêve,
aller jusqu'au bout de mes rêves!

Naître ni un Roi ni un petit prince.
Être simplement moi avec mon bagage mince.
Lancer, même en plein désert, mes cris mes s.o.s.
Ne pas me mettre à terre même si mon c½ur est en détresse.

Jusqu'à mon dernier effort, m'casser la voix.
Continuer malgré tout à me battre pour toi.
Oublier les "jamais" mais penser à "toujours".
Espérer ne serait-ce qu'"un tout petit peu d'amour"!

Ne garder que les choses essentielles.
Accepter finalement que son voisin ne soit pas pareil.
Ne pas reculer devant tous les sourires étranges.
S'endormir apaisé sous les ailes d'un ange.

Profiter du soleil de l'été, du printemps.
Ne pas disparaître les jours de mauvais temps.
M'accorder une pause, ouvrir grand mes fenêtres.
Par le hasard des choses, se retrouver peut-être.

L'âne Imal:-Alors, qu'en pensez-vous? demande-t-il à la Reine qui ronflait sur place.
La Reine:-Heiiin? Euh, oui, it's good! J'ai passé la soirée au Queen's club, je vous l'ai déjà dit, non? Et bien, mon ami, ce fut un plaisir de faire votre connaissance! Good bye l'âne Imal!>> dit-elle en lui "coin-coin"cant là où je pense, euh, je veux dire: en "faisant" sa révérence.
Tandis que l'âne Imal continue son pique-nique, la Reine téléphone, plus loin:
La Reine:<<-Mission accomplie Fandemas! J'ai le bijou que "Pic à sot" avait donné à l'âne Imal! Je rentre au bercail! dit-elle avant de rajouter plus loin: Ce n'est pas facile tous les jours d'être le sosie de la Reine!>>

Paper des Juilletistes: (ont une vitesse de croisières de 110-130km/heure)
Mercredi 23 July:

20 heures: J'ai quitté London hier en longeant la rivière Thames et je suis arrivé tard dans la soirée à Wimbledon, ville connue pour son "te"nnis. En chemin, j'ai pu miraculeusement acheter un nouveau sac à "do-do" dans un grand magasin, encore ouvert à 23 heures. J'ai dormi sur une pelouse, tondue évidemment! Malgré les habitations qui m'entouraient, pas un sifflement est venu me "caresser" les oreilles à part celui des pots d'échappement des Juilletistes qui s'échappaient sur l'autoroute d'à côté.
Je suis arrivé cet après-midi à Windsor, après avoir demandé mon chemin, je l'avoue, à une cinquantaine d'anglais.
-Windsor? It's a long way! m'ont-ils tous répété, les uns après les autres. Sauf un:
Alors que je montre à un anglais un papier avec la direction qu'un autre anglais m'a écrit quelques miles avant, cet anglais me pose une question:
<<-French! lui ai-je dis, pensant qu'il m'a demandé de quel pays je suis.
-No! It's ridicule!>> me répond-il, mot pour mot.
Une fois parti, après qu'il m'ait conseillé une autre direction, j'ai compris qu'il m'avait demandé en fait: "Qui m'avait indiqué la route avant lui?"
Cette histoire est vraie. Qu'est-ce que j'ai pu rigoler tout seul sur my vélo après! Les touristes ou les anglais, en me voyant, ont dû se dire:
-C'est l'effet "vin français" qui, dans l'abus, peut provoquer des éclats de rire! (A ne pas confondre avec l'effet "papillon" qui, à forte consommation, provoque toujours des tempêtes!)
Dire que je suis en Angleterre! J'ai dû mal à réaliser le chemin déjà parcouru avec mon vélo. Pourquoi? Pour qui? Je n'en sais rien. Je ne cesserai de croire qu'avec un peu, beaucoup de volontés et un peu de chance, la vie fait le reste! Oui, il en faut de la chance pour avoir un vélo quand, à quelques miles de moi, tant d'êtres humains, très très jeunes pour la plupart, piochent dans les déchets pour avoir de quoi nourrir leur famille.
Pardon de sauter de "l'½uf au b½uf" (comme on dit en Angleterre!), mais en parlant de jeunes, je regarde justement des jeunes joués au rugby sur le terrain de Windsor. En majorité, ils ont entre 7 et 77 rounds, euh, je veux dire: 7 et 77ans! (Et non pas: 7 et 77 "poules" car il est "formellement" déconseillé de mélanger rugby avec chasse et pêche dans la même partie! Histoire de garder la forme!)
Tiens, en parlant de chasse, des avions défilent dans le ciel, tour à tour, de l'aéroport de Londres.

Jeudi 24 July:

20 heures: Visite aujourd'hui du château de Windsor avec en autre St George's chapel où sont déposées les cendres de la Reine Mère, son mari et la soeur de la Reine, Margaret. A 11 heures pile, le changement des Gardes de la Reine a lieu tous les deux jours avec leur incontournable défilé de chapeaux au poil d'ours. J'ai été aidé d'un guide audio pour mieux visiter ce château qui ressemble plus à une cité médiévale.
La Reine n'était pas dans ses appartements. Comment je le sais? L'explication est simple (selon mon guide!): si c'est le drapeau britannique qui flotte en haut de la tour de Windsor, c'est que la Reine n'y est pas. Par contre, si le drapeau de la Reine flotte dans le ciel, c'est qu'elle fait du thé dans ce chalet, euh, ce château.

Vendredi 25 July:

Les trois compères sur leur vélo à trois selles, sur la route du retour vers Dover (embarcadère vers la France):
Bourgvilain:<<-En tous cas, on saura maintenant qu'en Angleterre, il y'a des lignes jaunes et des lignes red tracées sur les routes! Pourquoi? That is a question! se questionne-t-il alors qu'un "anglo'klaxonne" (autrement dit: un anglais qui klaxonne en voiture!) les dépasse, tellement vite que même un "rat d'Argos" (prince aux cent yeux) n'aurait pas eu le temps de le flasher.
De Vines:-Vous avez vu? Encore un "anglo'klaxonne"!
Coq'luche:-Une chose est sûre: ce n'est pas un belge car je n'ai pas eu le temps de noter sa plaque d'immatriculation! Au fait, en parlant de belge, il faut que je termine l'histoire drôle que j'ai commencé au début: C'est l'histoire d'un âne sur la route...
De Vines:-Plus tard! C'est l'heure d'écouter les infos à la radio!>> le coupe-t-il en allumant son poste.
L'animateur:-Ici Londres! Veuillez écouter ces messages personnels:

Les Anglo'klaxonnes:
"Les Anglo'klaxonnes/ C'est comme ça qu'on nous prénomme/
Si t'aimes pédaler/ Fais attention à nos côtés/
Si t'es bon français/ et que tu ne parles pas l'anglais/
Achète un dictionnaire/ ou viens avec madame Tatcher/
It's beau la France/ on y passe de bonnes vacances/
Because en Angleterre/ on y laisse nos belles-mères/
Au soleil ou sous la pluie/ quand on va voir la Tour Eiffel/
Dans l'métro de Paris/ on sent l'odeur des aisselles/
Nous, les Anglo'klaxonnes/ quand on s'arrête à London/
Dans les pubs, on lève nos verres/ Ça sent verygood la bière/
Et si on a faim/ quand arrive le matin/
Mother's ont préparé le breakfast/ Une omelette et 18 toasts/
Après ça, on est prêt/ à démarrer la journée/
Peace and Love, no stress/ Voilà comment on fait du business/
Et quand vient l'heure du tea/ C'est comme une garden party/
Une bière à la main/ on chante des beautifuls refrains/
Si tu ne roules pas à gauche/ et que tu es very moche/
On te crie comme ça/ T'es le fils de Charlot, passe, quoi!/
Si en plus t'as un sac à dos/ et un petit vélo/
Et si derrière il n'y a personne/ on se prend pour Marlon Brandon/
Tac tac tac... il n'y a personne/ Tac tac tac... c'est nous: les Anglo'klaxonnes!"

Paper de la chèvre:
Saturnay night 26 July:

Je suis parti de Windsor hier matin après avoir été à l'office du tourisme où une dame m'a gentiment noté les routes départementales à prendre pour rejoindre Dover. Je n'ai aucune carte d'Angleterre, enfin si, j'ai juste un morceau de ce pays sur ma carte de France. Un vrai petit aventurier, quoi, qui pour demander ma direction, n'hésite pas à frapper chez les gens (et non pas: frapper les gens!).
J'ai dormi à Godstone sur un terrain de sport, près d'un étang.
Me voilà depuis ce midi à Maidstone où a lieu le "Maidstone River Festival" avec décorations des bateaux et leur parade, fête foraine et concerts près de la rivière (comme le nom de ce festival l'indique!)

<<-Inutile de "bêler" qu'il y a ici beaucoup de monde avec la fameuse pinte de bières dans les mains! Oui, si il y a bien un endroit au Royaume-Uni où il faut être aujourd'hui pour voir ce soir le feu d'artifice, c'est bien à Maidstone! Même si les absents ont toujours torts, je tiens à informer les amateurs de... bateaux que le prochain "Maidstone River Festival" aura lieu le 25 July 09. Venez y faire un tour à vélo car comme tous les anglais le savent: "Après le sport, le réconfort!">> bêle une chèvre dans le champ de foire de Maidstone.

Sunday 27 July:

Je me suis planté dans un fossé cet après-midi, entre Folkestone et Dover, mais heureusement, je n'ai rien d'abîmer. Ni mon vélo! Je regardais le paysage: les collines de forêts, de champs de blé et d'animaux. Premier petit accident mais mon cerveau semble intact, tact, tact, tact... Tout va bien!
Je suis arrivé à Dover dans l'après-midi. Comme il a fait un temps caniculaire aujourd'hui, j'ai donc profité des derniers rayons du soleil sur la plage.
Mon tour au Royaume-Uni se termine demain. Je dirais plutôt: mes vacances! Oui, j'ai plus l'impression d'être un touriste qu'un cycliste, champion des performances. Je ne suis pas mécontent de mon passage dans ce pays. J'ai vu les bus "red", les téléphones "red"... J'ai visité Windsor et bien d'autres city. J'ai eu un beau temps. J'ai mangé à l'anglaise (donuts, cooked...). J'ai vu des cyclistes pédaler et entrer dans un Mac'do avec leur vélo. Je me suis "dé-pêché" à la St George Cathedral, où se sont mariés Charles et Diana. J'ai vu aussi les costards des business-mens et les jupes noires des "James Bond girls". Par contre, je n'ai pas vu Sa Majesté! Tant pis... pour elle!
Bref, que de bons souvenirs! Bien que je me suis moqué souvent d'eux dans ce journal, ce n'était qu'"humour, gloire et beauté" car les Anglais sont very sympathics.

Lundi 28 Juillet:

19 heures: Retour en France à Calais, étape de "l'Eldorado" pour des milliers d'immigrés qui croient au rêve "anglais".
J'ai une petite douleur cervicale, suite certainement à ma chute à vélo d'hier.
J'ai trouvé un short à ma taille sur la plage abandonnée de Dover. Le propriétaire a dû repartir comme Adam!
Tiens, ça me fait penser qu'un policier m'a réveillé ce matin du banc où je dormais. Il m'a juste demandé si j'allais bien, j'ai répondu: oui! (Et non pas: il m'a demandé si j'avais trouvé un short, j'ai alors répondu: non!)
Le monsieur, rencontré à Honfleur, avait raison en me disant que je trouverais de quoi m'habiller sur mon trajet.
Tandis que je mange des frites à la friterie de la fête foraine de Calais, la soirée s'annonce orageuse. Selon la serveuse de la friterie, Seigneur Météo l'avait annoncé.

... Quelques heures avant, précédant l'embarcation sur le Ferry, à l'un des postes de contrôles anglais:
L'agent anglais:<<-What? demande-t-il en entendant le bruit dans le sac.
Bourgvilain:-It's des bouteilles de Brandy! It's pour my mother, bien entendu!
L'agent (pour faire plus court):-Pour votre mère? C'est interdit! leur dit-il en prenant les bouteilles.
De Vines:-Voilà! Avec vos bêtises, on va se faire embarquer!
L'agent:-Yes, vous pouvez embarquer! Bon retour en France! leur lance-t-il en mettant les bouteilles dans son propre sac.
De Vines:-Thank you!
Bourgvilain:-Et nos bouteilles?>>
...Quelques minutes plus tard, dans les vestiaires du personnel:
Le supérieur:<<-What? demande-t-il en entendant le bruit dans le sac.
L'agent:-It's des bouteilles de Brandy! It's pour my mother, bien entendu!
Le supérieur:-No! It's interdy!>> lui dit-il en prenant les bouteilles puis il les met dans son propre sac.
Ainsi l'histoire se répète du supérieur au Général, du Général au Premier Ministre pour arriver finalement, on peut s'en douter, dans la bouche du Prince.
La Reine:<<-What? se demande-t-elle, en entendant le bruit dans la chambre de son fiston. Ne me dites pas qu'il a recommencé! pense-t-elle tout bas par peur d'être à la une des pages "red". Je vais vérifier! Par diversion, je vais lui dire qu'un taxi l'attend avec un bouquet de "camélias".
La Reine entre soudain dans la chambre. Manque de pot, son fils n'a pas eu le temps d'emballer (et non pas: empailler!) ses bouteilles de Brandy.
Le Prince:-It's pour vous, ma mother! Bien entendu!
La Reine:-Sorry! dit-elle en pleurant. J'ai cru que tu avais recommencé à jouer au bowling dans ta chambre alors que c'est interdit. J'chte ker, mon tchio! Sorry, je parle en ch'timi pour être à la motte, euh, à la mode de chez les Ch'tis. Cela veut dire: je t'aime, mon petit!
Le Prince:-Moi-aussi, maman!>>
...Quelques mois plus tard lors d'une réception officielle, alors que le Brandy s'est bonifié:
Le Président:<<-Oh, des bouteilles de Brandy! Thank you, Majesty!
La Reine:-C'est pour votre mère! lui dit-elle le sourire aux lèvres avant de rajouter plus loin: Bien entendu!>>

La morale de cette histoire pourrait être: "Que tu sois cigale ou bien fourmi, que tu as une Reine ou un Président au coeur tendre... et bruni, tout est offert sur un plateau à qui sait attendre!"

Mardi 29 Juillet:
Journal d'un "écureuil": (dormi à l'abri dans une "banque'route" pour me protéger de l'orage!)

18 heures: Après être retourné à Gravelines hier soir, j'ai visité ce matin Dunkerque (son beffroi, son Mémorial, sa mairie, ses ports...) et j'ai "farniente" toute l'après-midi sur les plages de Malo-les-bains.

...Et pendant ce temps-là, à Malo-les-bains:
Richard Viré (sur son vélo):-<<St Malo, j'imagine que ce n'est plus trop loin, mon grand? demande-t-il à un biloute.
Le biloute:-Heiin? (Autrement dit: pardonnez-moi, je n'ai pas bien saisi le sens de votre question!) Tu brûles mais c'est beaucoup plus vers l'ouest, mun tchio!
Richard (pour faire plus court):-Tu me prends pour un chiot ou quoi?
Le biloute:-Quel touquet, euh, toupet! Tu pourrais dire "merchi"! lui dit-il les "zies" dans les "yeux".
Rich (pour faire encore plus court):-"Milliard"! Autrement dit: Bordel! Sorry, je reviens de Grande-Bretagne où je croyais trouver St-Malo! J'ai oublié qu'"ichi", vous parliez comme "cha"!
En entendant "cha", le "kien" (le chien, et non pas: le client!) du biloute se met soudain à aboyer.
Pour dissiper le mal entendu, Rich paye un "cococolo" au tchio.
Rich:-J'ai Ko (chaud! Et non pas: j'suis ko!) donc j'vais prendre une douche froide! Et comme on dit en Bretagne: Kenavo!
Le biloute:-En parlant de Bretagne, j'mettrais mon pied dans le chud (sud), autrement dit: ma main au feu!, qu'il va dracher (pleuvoir) comme eun vaque (vache) qui pisse, avant que je sois rentré chez ma "mi" (chez moi).
Rich:-On va bien "vir" (voir). Passe-le bonjour à ta mamie!>>
...

Mercredi 30 Juillet:
Journal d'un Râ, porteur de nouvelles: (autrement dit: d'un facteur!)

21 heures: J'ai dormi cette nuit dans un parc situé à quelques boîtes aux lettres du beffroi de Bergues où le carillon m'a réveillé ce matin. Inutile de préciser que Bergues est la cité médiévale où a été tourné "Bienvenue chez les Ch'tis"! C'est "babache" (fou) le nombre de gens qui prennent la Poste en photo (et non pas: en otage!). A une intersection de Bergues, j'ai failli me faire renverser par des gendarmes hier en début de soirée.
<<-Cho vo? (ça va?) Vous n'avez pas de lumières? Il va bientôt faire noire! Vous êtes sans domicile?
-Non, en fait, je fais le tour de la France (P.S.: C'est encore une fois un "demi-mensonge" puisque finalement, au bout de la "long way", j'ai roulé comme un cyclo-touriste que dans la moitié Nord de la France! Quoiqu'à plus y réfléchir, je prévoyais encore ce jour-là de descendre dans le Sud de la France!). Je vais dormir dans un coin, par là.
-Bon bah, bonne nuit!>>
Je ne sais pas ce qui m'a prit mais je leur ai crié pour rigoler: "salut les biloutes!". La vitre de leut fourgon étant ouverte, ils m'ont certainement entendu.
Et me voilà maintenant à Lille, après avoir roulé plus de 8O kilomètres sous un soleil de plomb. Heureusement, j'ai mon capiau (chapeau)! Pas la peine de sortir mon Berguenard (parapluie de Bergues) et ma redingote noire comme l'a fait le Géant nommé "l'électeur de Lamartine" né en 1913, mesurant 6m50 et pesant 650kg, qui a bien "gentiment accepté" qu'un photographe amateur comme moi l'immortalise assis sur une cailele (chaise), devant la Mairie de Bergues.
Je n'arrive pas à joindre mon pote de Lille, rencontré lors d'un voyage en train avec qui j'ai gardé "contact" sur MSN. Tel un âne, (à vrai dire, un âne est cent million de fois plus intelligent que moi! Attention, cette phrase ne veut forcément pas dire que je suis complètement bête! Enfin, j'espère!), avant mon départ, j'ai oublié de noter son nouveau numéro de téléphone.
Je vais donc dormir à l'auberge de jeunesse.

Jeudi 31 Juillet:
Journal d'un rabatteur: (chasseur chargé de rabattre le gibier comme le lapin. Et non pas: lapin chargé d'abattre le chasseur!)

20 heures: J'ai Visité Lille toute la journée. J'ai vu, en autre, l'arc de triomphe, érigé pour célébrer la prise de la ville par Louis XIV en 1667. Son sommet est couronné de deux anges sonnant la trompette pour annoncer au Monde entier (et aux autres planètes!) la victoire du Roi Soleil.
Moi, ma "tchio'te" (petite) victoire, c'est d'être ichi. Ch'est biau! (Traduction: C'est beau! Et non pas: c'est du bio!) En même temps, pourquoi traduire cha? Oui, pour ne pas comprendre cha, il faut vraiment être boubourse et moche comme un tchu (indice pour vous qui êtes devant votre poste... et qui lisez ce journal: expression qui est le contraire "d'être chou"!)

Il faudrait un miracle pour que je réussisse à trouver mon pote dans cette grande ville, réputée pour sa braderie de Septembre où "tout s'achète et tout se vend" (et non pas: tout se jette et tout se revend après! Ma première idée était "tout se vole et se revend après" mais je ne voudrais pas qu'on m'accuse d'incitation au vol!). Plus de 10000 "bradeux" exposent sur cent kilomètres de trottoirs durant 33 heures non stop. Et pendant ce temps-là, un concourt de moules-frites est organisé entre les restaurateurs qui se disputent le plus haut tas de coquilles vides. Inutile de préciser si, durant cette manifestation, les verres de "birs" sont remplis ou sont... bien remplis!

Vendredi 1 Août:

13 heures: Je suis allé aux Assédic pour déclarer ma situation mensuelle, espérant toucher mes allocations. Oui, j'ai des devoirs mais j'ai aussi des droits! J'ai été taxé avant sur mes fiches de paie. Toucher les alloc' alors que je suis "en vacances", devrait alors ne pas poser de problèmes! pensai-je naïvement.
A l'office de tourisme, ils m'ont dit avant qu'elle se trouve au "boulevard de la Moselle, au Sud de Lille"...flottante car il a "flotté" toute la nuit avec des orages.
N'ayant pas de plans avec moi, j'y suis donc allé à l'aveuglette puisqu'au royaume des aveugles, les borgnes sont rois!
-Il faudrait un miracle pour que je trouve la route qui mène à l'Assédic! dis-je tout haut, sur mon vélo, désespérant de ne point trouver.
Et soudain, devant mes yeux, je vois la pancarte de ce fameux boulevard. Comme quoi, les miracles existent!
Je n'ai pas osé demander des lettres des témoins de cette scène pour ensuite les envoyer au Vatican car j'avais trop peur qu'en sortant de l'Assédic, mes témoins me donnent à la place leurs factures impayées.
(Mais les miracles peuvent parfois être de belles illusions car le service de mon bon Roi, enfin, je veux dire: de mon bon Président... au c½ur tendre, m'a invité à mon retour à, je cite le courrier: me "mettre en demeure de rembourser les sommes versées sinon des poursuites pourront entraîner des frais à ma charge" (et non pas: des fresques et des décharges! La prison, quo! "Quo" veut dire: quoi!) .
Bref! Ce n'est pas en parlant de mes problèmes « assédic » et en racontant ma vie que je vais obtenir le Grand Prix National des Lettres! L'important, c'est que malgré l'incohérence que peuvent parfois avoir certaines de mes phrases, je suis heureux de prendre presque autant mon pied à écrire que pendant l'acte...VI de « L'Avare » de Molière. (Les admirateurs de l'Eternel Molière savent qu'il n'y a pas d'acte VI dans « L'Avare ». Il faut ici imaginer la suite de ce qu'il a fait après, ce que d'ailleurs tous les auteurs font à la fin de leur « oeuvre », ils « s'auto-lit » (ils sautent au lit! Pour être plus clair: ils se relisent!)
...
Et pendant ce temps-là, De Vines, seul sur un banc, à côté du "petit Pont du Paradis":
Encore un biloute:<<-Cha'lut! dit-il en lui serrant la main. Comme dit le proverbe: "Mains froides, c½ur chaud!" Vous ch'êtes amoureux?
De Vines:-Oui, j'aime Bernadette!
Encore un (pour faire plus court):-J'pourrais vous chanter que vous avez raison car "Bernadette, elle est très chouette..." mais j'vois bien que cha ne vous ferait pas rire. On dirait que vous allez "braire" (pleurer) comme "eun wassingue" (serpillière)! dit-il en regardant son dictionnaire ch'ti. Vous savez, je connais moi-aussi la chanson! Racontez-moi donc la kose! Enfin, la chose, si vous préférez!
De Vines:-J'ai soudain un...

"Coup de blues à Lille.
Je me sens si imbécile,
perdu, là, c'est idiot
seul avec my vélo.
Je ne sais pas pourquoi,
je suis parti comme ça.
Paraît que le sport,
c'est bon pour le corps!
Qu'est-ce que je fais ici,
pont du petit Paradis?
Je vois les touristes
le visage triste.
Finies les vacances,
entre Paris et Lille, leur c½ur balance.
Y a Renaud qui regonfle les pneus de sa voiture
pour garder la "Line" (ligne) jusqu'à la fin de "l'aventure"! (l'autoroute)
Y a Monsieur qui promène son "kien"
pendant que Madame fait les magasins! (sans aucun doute)
Y a Mamie qui garde ses "tchios" enfants
<<-Avec tous ses bonbons, vous aurez mal aux dents!>>
Tiens, voilà un cycliste qui passe.
Il va "vir" la Grande Place.
Tiens, y a le soleil qui revient
et le sourire avec, enfin!
<<-Salut biloute, je voudrais une glace
pour pouvoir me regarder bien en face!>>
<<-Salut biloute, je voudrais une pinte,
j'fête mon union avec "Joe à Sain"-tes!>>
<<-Salut biloute, je voudrais un King
qui m'fasse danser sur "Dancing Queen"!>>
<<-Salut biloute, je voudrais un "âne"
pour lui faire chauffer sa "tisane".>>
J'voudrais bien trouver autre kose
pour être un "piaf" et voir la vie en rose!
Ne plus parler dans le désert,
être avec toi et te dire: j'te ker! (je t'aime)

De Vines:-"La parade du petit pont" n'est pas de moi, c'est un texte de, précise-t-il avant d'être coupé.
Encore un:-Le soleil étant revenu, venez dont boir...E un petit jaun...E avec moi. Je suis de Marseill...E et je suis venu apprendre la langu...E du Nord pour faciliter mes recherches d'emplois au black! Jacques, enchanté! se présente-il.
De Vines:-Un "tchio jaune" ichi? Allez, soyons fadas! J'accepte volontiers votre verre de l'amitié!>>

Zaterdag (Samedi) 2 Août:
Journal d'une chouette... banane!:

13 heures 51: Je suis parti de Lille hier en début de soirée. Après avoir mangé dans le parc de la place centrale de Roubaix (et non pas: à Paris!), ville connue pour sa course cycliste, je n'ai eu justement qu'à suivre les pistes vertes pour arriver à Tourcoing où j'ai dormi sur une pelouse.
Je me trouve maintenant en Belgique, à Courtrai, situé à 20 kilomètres de Tourcoing.
A un précédent carrefour, je ne savais pas si je devais tourner à gauche ou à droite vu que les pancartes sont écrites dorénavant (et non pas: en or et en argent!) dans la langue flamande.
Là, un belge sort du "bistro" (sans "t"! Oui, ici, bistrot s'écrit sans "t"!) du coin et je lui demande alors la direction:
<<-Courtrai? C'est tout droit, à environ dix kilomètres! me dit-il alors que j'ai le vélo en main (détail important pour la suite de l'histoire!)
Le temps qu'il aille vers sa voiture, je monte alors sur mon vélo (détail très important pour la suite de l'histoire!). Il revient vers moi (ou plutôt: vers le "bistro"!) et il me lance comme ça:
-Ha, vous êtes à vélo, c'est sympa! Je pensais que vous étiez à pied! Bonne route!>>
Et cette histoire drôle est vraie, ma foi!
Et puis, entrer en Belgique et voir une grande poubelle pour le recyclage, avec l'image d'une banane collée dessus (ancien poste des frontières, j'imagine!!!), moi, ça m'a donné encore plus la pêche!
Sans parler de certaines pancartes d'orientation sans aucunes directions! Bref, des pancartes blanches!
J'attends à tout moment à ce qu'un belge vienne et me dise:
-Avec ses pancartes blanches, vous avez "carte blanche" pour partir où vous voulez!
ou bien:
-Pas besoin de pancartes puisque comme on dit chez nous: "toutes les routes mènent à Bruxelles. Et non pas: dans les choux!"
Assurément, les belges semblent vraiment les Rois de l'humour et de l'auto dérision. Ma visite commence à peine mais j'adore déjà ce pays!

16 heures: Alors que le carillon du beffroi de Courtrai (Kortrijk en flamand) sonne, j'essaie de lire le journal "Het Nieuwsblad". Si dans la langue de Shakespeare, j'arrive à comprendre le sens des phrases, j'avoue ne rien comprendre dans la langue de "Jo, né à Lidey" ou plutôt, dans la langue flamande!
Sur la place du centre de cultures, des jeunes jouent au tir à la corde. Enfin, je veux dire: ils jouaient... car il commence à pleuvoir! Bienvenue chez les flamands!

Zondag (Dimanche) 3 Août:
Journal d'un "rat-bâcheur":

19 heures: Je suis à l'auberge de jeunesse de Bruxelles. J'ai passé ma première nuit belge à Oudenaarde où la soirée a commencé dans un bar d'ambiance, situé près du beffroi du centre-ville. A force, mon journal va finir par s'intituler: mes soirées sportives dans les bars!
Telle la chanson de Brassens, j'imagine "la mauvaise réputation" après! Mais la vie est "fête" pour rêver de voyages et de plaisirs donc autant en profiter avant que le vent m'emporte un jour. J'ai le discours en mémoire de ce philosophe "qui courait dans l'herbe avec une souris verte" et qui disait: "La vie ne dure que le temps d'un souffle. Encore heureux que j'ai le droit à six autres vies!" Il avait raison car bien que je suis encore jeune, je m'aperçois que le temps passe vite.
Bref, j'ai rencontré trois flamands... rouges dans ce bar. Le premier, à côté de moi, a "tapé la discute" avec moi (si j'étais seul? Qu'est-ce que je faisais en Belgique?...) et m'a "payé" un verre. Nous avons fait connaissance. Yourri a 21ans, est étudiant et travaille le week-end pour 10 Euros de l'heure.
-J'amène des gens en voiture à l'église et j'attends, me précise-t-il.
Au début, je ne me pose pas de questions vu qu'il est normal d'amener des pêcheurs se "dé-pêcher" dans une église. Il me présente son oncle et un ami qui ne parlent pas très bien le français. Yourri, lui, parle plusieurs langues.
-Bon, nous, on bouge dans un autre bar. Nous allons à pied, ce n'est pas loin! Tu fais quoi? me demande le premier.
Après hésitation, je les suis.
En effet, l'autre bar n'est même pas à trois cent mètres mais il est fermé.
-Bon, nous, on prend la voiture pour aller dans une boîte, un peu plus loin, tu fais quoi? me demande-t-il à nouveau.
Après hésitation, tel un mouton sans berger, je les suis encore.
Yourri n'a bu que des boissons énergisantes. Boire ou conduire, il faut choisir!
On arrive près de la gare d'Oudenaarde. Là, je vois des caravanes isolées dans un chantier et aucunes maisons à l'horizon.
Je commence à baliser. En plus, dans la voiture, ils ne parlent que le flamand donc je ne comprends rien.
-Dans quel "trac nard", suis-je tombé? pensai-je tout bas. Surtout, ne pas montrer mon stress!
Ouf! Erreur! La boîte est bien là mais elle est fermée. Bizarre pour un Samedi? En travaux, certainement!
Après, on va dans un petit "bistro" avec dix personnes à peine à l'intérieur. L'oncle connaît apparemment le barman.
Alors que je discute avec Yourri, je commence à m'interroger. Dans quelle histoire, je me suis fourré?
Bien qu'ils n'ont pas l'air bien méchants, j'ai un gros doute tout au long de la soirée car ils me payent des bières à volonté et c'est pour moi inhabituel! Ils refusent que je leur "offre un verre" alors qu'en général, quand tu payes un verre à quelqu'un, tu dois en faire de même ensuite. Qu'est-ce qu'ils veulent? Me voler mon sac chargé de nourritures et mes habits "D.I.S.: déchets industriels souillés" (terme employé en déchetterie pour les chiffons, vieux vêtements...)?
J'imagine alors les scénarios les plus terribles.
-Tu n'es pas saoul? me demande Yourri.
Je ne suis pas si bête que j'en ai l'air car ils cherchent bien à me saouler.
Même le barman, à sa façon de me regarder, a l'air d'être de mèche avec eux.
-Tu crois qu'il fera l'affaire? semblent-ils se dire.
Même Yourri devient presque agressif dans ses paroles. Pourtant, il n'a pas bu d'alcool!
Je vais dans les toilettes. Tant pis, je ne peux plus me retenir car j'ai peur qu'ils en profitent pour mettre de la drogue dans mon verre.
Bien qu'ils insistent ensuite pour que je bois un ultime dernier verre, je décide de rentrer à pied jusqu'au bar du centre où j'ai attaché mon vélo.
Yourri me bloque la porte. Son oncle me retient. Je prétexte que je suis fatigué. Je sors les remerciant pour les verres, les mots et quelques traditions flamandes qui m'ont appris comme: "si tu sonnes la cloche dans un bistro, cela veut dire que tu payes la tournée générale".
Peut-être, me suis-je fait un gros film pour rien et qu'ils n'avaient pas de mauvaises intentions? Mais avec tous ce qu'on entend, on n'est jamais trop prudent!
Donc, de retour au bar, je m'assois, histoire de réfléchir à tout ça et de rafraîchir aussi ma tête. Là, je fais connaissance avec trois autres gars qui me proposent d'aller boire un verre pas loin. L'histoire va-t-elle se répéter? Ils me trouvent sympa. Bon, allez, je les suis! Dans le bar, on rigole. Je les fais rire avec mon français sortant tout droit de la campagne! Ils me payent un verre, puis un autre alors que je n'ai pas fini mon premier. Ils décident de partir. Là, j'ai un nouveau doute: ont-ils payé l'addition?
Je sors sans rien devoir. Autant pour moi, je vois donc le mal partout! (J'ai appris plus tard qu'offrir des verres à des touristes étrangers est une tradition normale en Belgique. En plus d'être les Rois de l'humour, les belges sont donc aussi les Rois de l'accueil!)
Je me couche sur une pelouse du château d'Oudenaarde vers 6 heures du matin en me disant: "Je m'en souviendrai de ma première soirée chez les flamands!
A l'heure où blanchit la campagne, la pluie a soudain réveillé mes idées claires.
"Histoire de reprendre des forces tel un arbre pour ses écorces", j'ai mangé aussitôt du saucisson avec du pain sur un banc tel "un homme dont la société ne veut plus de lui. » Le temps étant meilleur, j'ai déradé ou plutôt, j'ai quitté Oudenaarde avec mon vélo tel un "coq" combattant. Destination: my "der-ailleurs"!
Va comprendre qui pourra! A part ça, ça roule, ma poule!

Dinsdag (Mardi) 5 Août:
Journal d'un éléphant... rose!: (Parce que l'auberge se situe "rue de l'éléphant!)

10 heures: J'ai oublié mon journal de bord dans mon sac, laissé à la bagagerie de l'auberge pour être moins chargé à vélo et vu que je dors maintenant dehors. Voilà pourquoi je n'ai rien écris hier.
Je me suis "déplacé" à Bruxelles: place Royale avec son Palais Royal, son parc, sa cathédrale et sa Grande Place du centre-ville; place de la Monnaie avec sa bourse bien entendu; place du Congrès et la place incontournable de Sainte-Catherine avec ses lampions et les "femmes en crinoline".
J'ai bien sûr "visité" son grand cornet de frites, aussi célèbre que la Tour Eiffel et les Pyramides (et non pas: les Pirates-mites!).
Sinon, tous les musées sont fermés le Lundi (en saison!) donc inutile de s'y déplacer ce jour-là!
A part ça, ici, le temps est ensoleillé et les nombreux touristes font, comme moi, un nombre de tours incalculables dans les rues pour voir et revoir les bons coins et les bonnes affaires des boutiques qui sont ouvertes dès... l'ouverture. Sûr qu'un belge aurait dit ça!
J'oublie aussi qu'hier soir, à l'auberge, j'ai joué aux "petits chevaux" avec un groupe de personnes handicapées. L'un des animateurs de ces vacanciers venus de ma région (comme quoi, le monde est petit!), me voyant à table, m'a proposé de me joindre à eux. Ils viennent de la Mayenne pour visiter Bruxelles en quinze jours.
-Les vacances, quoi! Comme toi! m'a dit l'un des handicapés. Attention! La partie peut durer des heures et là, on n'est pas sorti de "l'auberge"! a-t-il ensuite plaisanté.
J'ai bien rigolé avec mes nouveaux amis. Des personnes humaines comme tout le monde. Avec leur compagnie, le Monde m'a paru encore plus beau.
J'ai passé mon tour, en effet, avant la fin de la partie, histoire d'aller à la grande fête foraine de plusieurs kilomètres qui attire la foule tout le mois d'août dans la capitale.
Après ça, j'ai dormi à la belle étoile, dans un parc à côté de l'auberge. Hier, je leur ai donné une caution de cinq Euros qu'ils me rendront quand je leur remettrais la clé de mon casier... judiciaire. Je dis ça parce que ce matin, j'ai pris mon petit déjeuner gratuitement, ni vu ni connu, à la cantine de l'auberge. A table, certains jeunes avaient des sacs comme moi. Allaient-ils travaillé après? Étaient-ils des voyageurs comme moi ou venaient-ils prendre leur "casse-croûte"... comme moi? Étant donné que j'étais ni vu ni connu, je n'ai pas osé leur demander!
Ha si, j'ai demandé à mes nouveaux amis:
-Alors qui a gagné?
-Personne! On n'a pas réussi à terminer la partie! m'a précisé l'un d'eux.
Mais inutile de changer de sujet! Me voilà voleur à présent! C'est le pompon! Non, je ne suis pas "l'avare" et je ne vis pas comme quelqu'un qui n'a pas le sous puisque j'ai travaillé avant pour voyager maintenant avec mon compagnon de routes. Sans compter que je touche même les allocations pendant ce voyage mais après tout, je les redonne à la société en "visitant" les musées, les bars, les magasins et tout le tralala.
Finalement, il n'y a pas de quoi en faire toute une histoire.
Tiens, en parlant de ça, la morale de cette histoire, c'est qu'il est déjà 10 heures 30 et le Palais Royal ouvre ses portes. La visite est gratuite. Cela tombe bien car je n'avais pas envie de payer!

... Alors que les trois compères visitent également le Palais Royal et que Coq'luche, curieux, ouvre une porte:
Le Roi, devant une fenêtre de son palais: <<-Entrez! Je vous salut une foué! Dite-moi une foué, c'est à qui ce beau vélo garé derrière les grilles?
Coq'luche ou le "bouffon" qui est au service du Roi pour la première foué:-Euh, dit-il hésitant. Salut ma poule une foué! Ha, ce tas de ferrailles, c'est à l'âne Imal! Il est venu jusqu'à Bruxelles avec!
Le Roi:-Il doit être "flamand" pour oser faire ça! Autrement dit: bien courageux!
Le "bouffon":-En même temps, c'est bien connu qu'en Belgique, tous les chemins à vélo mènent au Roi!
Le Roi:-Vous me flattez! Dite-moi une foué, vous ne seriez pas Alsacien des foués car on dirait que vous parlez la langue d'oïl? (ensemble des dialectes dans la moitié nord de la France)
Le "bouffon":-Oh pardon, je manque à tous mes principes (et non pas: à tous mes princes en slip!) Je me présente: "Coqenpeluche" pour te servir et je suis...
Le Roi:-Lorrain, je suppose! Mais comme vous dîtes en France: On ne peut pas "être" l'Alsace et la Lorraine en une foué!
Le Bouffon:-A boire mon bon Roi! reprend-t-il sur le champ. Euh, je veux dire: Avoir! rectifie-t-il. Oui, l'expression exacte est: "on ne peut pas avoir l'Alsace et La Lorraine en une foué!" Autrement dit: en une bataille! Bref, on ne peut pas tout boire, euh, tout avoir!
Le Roi:-Tiens en parlant de ça, allez, je vous prie, me chercher mon... >>

Mon déjeuner? Mon épouse? Mon vélo? Mon eau de "vichy"? On ne saura jamais car au même moment, un "wagon" est passé.
...

Midi: En sortant de ce palais, j'ai cru qu'on m'avait volé mon vélo. Je ne le voyais plus derrière les grilles. En fait, l'entrée du palais était plus loin et mon vélo, donc, aussi. En même temps, qui aurait pu prendre ce vélo? Même le Roi des belges n'en voudrait pas! Enfin, je pense!

... Et pendant ce temps-là, au Palais Royal:
De Vines:<<-Où étiez vous? demande-t-il à Coq'luche.
Coq'luche:-Vous n'allez pas me croire alors autant vous dire que j'étais au toilette!
De Vines:-Et vous, Bourgvilain, pas de photos car on risque d'être repéré!
Le gardien:-Vous là, pas de photos! Vous devez l'effacer, s'il-vous-plaît!
Bourgvilain:-Euh, hésite-t-il. It's pour my Reine!
Le Gardien:-Oh, vous voulez dire: la Queen? Autant pour moi, je ne savais pas! Comment va-t-elle? Suis-je bête car vous parlez anglais? Euh, how are-you votre Queen? Dommage qu'elle n'a pas pu venir!
De Vines:-Oh, elle a un peu de fièvres! dit-il en mimant pleins de boutons sur la figure. Elles nous a demandé de prendre des photos of votre beautiful palais. Enfin, si vous voulez?
Le gardien:-Oh, j'ai une idée! Come on! (Viens) Le Roi sera heureux d'avoir des nouvelles de la Reine!
Coq'luche:-Bon, je vais au toilette! C'est une urgence! dit-il pour ne pas être reconnu par le Roi.
De Vines:-Encore! dit-il surpris.
Le gardien:-Voici des anglais, venus en mission pour la Reine! dit-il au Roi, après avoir poussé la porte.
Le Roi:-En mission pour ma femme?
Le gardien:-Non, c'est pour leur Reine, mon bon Roi!
Le Roi:-Ha, "je me sens bien dépourvu car la crise... économique est venue" et je ne peux rien faire pour vos femmes, messieurs!
Le gardien:-Non, c'est pour la Reine d'Angleterre! Ils viennent prendre des photos du palais pour leur Reine qui est très souffrante en ce moment! exagère-t-il.
Le Roi:-Rassurez-moi! Elle ne va pas tout de même pas trépasser, euh passer, pendant mes vacances d'Août? Pour ne pas froisser la Reine, je remplace cette question par: Comment trouvez-vous my Palais? My Palais is beautiful, n'est-ce pas?
De Vines:-Oh, yes, my Palais is beautiful!
Le Roi:-MY PALAIS IS BEAUTIFUL! répète-t-il en lettres capitales. Bon allez, vous pouvez prendre des photos de MY PALAIS si ça peut faire guérir, euh, plaisir à votre Reine!
De Vines:-On l'a échappé belle! Pourquoi avoir dit que nous venions de la part de la Reine? demande-t-il plus loin, une foué sorti du palais.
Bourgvilain:-La Reine m'est venue à l'esprit. C'est un pur hasard!
Coq'luche:-"Le hasard est le dieu des policiers! Là où l'intelligence défaille, le hasard supplée!"
De Vines:-Alors, je vous en souhaite beaucoup! Beaucoup d'intelligences! précise-t-il au cas où il n'aurait pas compris.
Coq'luche:-Au fait, pourquoi ne vouliez-vous pas être vu dans ce palais?
De Vines:-Vous n'allez pas me croire alors si on vous le demande, autant dire que nous étions dans une bande dessinée! Et non pas: dans les toilettes!>>

...Alors que toujours dans la séance "d'aides pour auteurs inconnus", une fausse lectrice profite d'avoir l'âne Imal sous la main pour l'interroger:
<<-J'aimerais poser une question une foué! Ha, oui, j'oubliais. Je dois répéter le slogan: "Les livres se lisent jusqu'au bout, autrement le prix ne vaut pas le coup une foué"! J'aimerais savoir: où avez-vous copié la phrase "le hasard est le dieu des... bla-bla-bla"? Et ne me dîtes pas qu'elle vous est venue à l'esprit par hasard!
-C'est une question très pointilleuse! C'est une phrase de Maurice Tilleux que j'ai lu dans une bulle de bandes dessinées dans le centre belge de la bd. J'ai bien fait de la noter dans mon journal, non?>>

Vrijdag (Vendredi) 8 Août:
Journal d'un dragon... ball Z! (dessin animé que j'ai regardé ce matin à la télé de l'auberge en attendant l'ouverture des jeux olympiques de Pékin!)

Mercredi après-midi, j'ai profité que quelques musées soient gratuits le premier Mercredi de chaque mois pour y aller. Mais ils n'ouvrent qu'à partir de 13 heures pour éviter que les touristes comme moi fassent tous les musées dans la même journée! Pas bêtes les belges!
Sinon, je suis allé hier au musée des dinosaures, situé à côté du centre européen et d'un centre dentaire. J'imagine que c'est un hasard!
Je suis parti de Bruxelles ce matin. J'ai dit envoir à l'auberge, au groupe de personnes handicapées qui a repris le chemin du retour en Mayenne et à Fanny, une fille de 21ans de la Seine-Maritime. Elle fait la plonge, juste cette saison, nourrie et logée à l'auberge. Ce qui lui permet de "Bruxeller" pendant son temps de repos!
Tiens, au fait, je me suis fait "flasher" à 22km/h dans Bruxelles et le soir, trois personnes sont venues boire un verre à l'auberge. Ils ressemblaient à des policiers avec leur uniforme. Je pensais qu'ils venaient m'arrêter pour mes petits-déjeuners pris gratuitement à la cantine.
Il a plu ce midi alors que j'étais en pleine forêt. Trempé comme une serpillère, je me suis mis à l'abri sous des arbres et j'en ai profité pour casser la croûte. Les gens qui me regardaient dans leur voiture ont dû me prendre pour un cinglé (et non pas: pour un singe né! Enfin, j'espère!)

"C'était un temps où il pleuvait des cornes!
C'était un temps à ne pas faire des bornes!
C'était un temps où la forêt chantait!
C'était un temps où les parapluies s'achetaient!
Et dans le bourg de Bruxelles,
la sueur sous les aisselles,
Y avait ma belle-mère,
y avait mon beau-père!
Elle voulait une romance,
il voulait des vacances.
Elle pensait aux achats (madeleines, berligamottes...)
Il ne pensait pas à ça (Marie-Madeleine, Charlotte...)
Et on voudrait que j'ai une chorale, euh une morale!"

Je viens d'arriver à Namur après avoir pédalé au moins 80 kilomètres.

Dimanche 10 Août:

13 heures: Je suis toujours à Namur, capitale de la Wallonie. Hier soir, en me baladant dans le bourg, j'ai croisé la route d'un comédien qui jouait le rôle de Sagomor Le Vif dans un spectacle en rue. Cet homme, vêtu de noire, racontait les personnages historiques de Namur comme Félicien Rops (caricaturiste, artiste namurois) ou Baudelaire, foudroyé, semble-t-il, d'une crise cardiaque dans un restaurant de cette ville. Voilà une façon originale de découvrir un lieu tout en se cultivant!
20 heures: Je suis parti de Namur après les 35èmes joutes nautiques, sport des bateliers et évènement lié à cette ville depuis la nuit des temps:

<<-En 1577, la Reine Margaux est venue assister à ce jeu dont le but est de pousser l'adversaire à l'eau en sachant que si les deux joueurs tombent, c'est le dernier qui touche l'eau qui gagne. Mais revenons "sur" la Reine Margaux car Don Juan, en face, avait élevé une tonnelle et avait donné une joute en son honneur! a commenté "Mel Sonmoinfort".
-Dommage qu'il n'y avait pas de caméras en ce temps-là! s'indigne "Fil Moitonnuméro".
-En 1717, le Tsar Pierre le Grand est passé à son tour et en ce jour de l'an de grâce 2008, l'âne Imal a le plaisir d'être sur les bords de la Meuse, parmi les spectateurs! a informé "Mel Sonmoinfort".
-Pas mal!>> a alors soufflé "Fil Moitonnuméro" en regardant les jumelles... blondes qui roulaient un patin à leur glace.

Je viens d'arriver à Marche après plus de quarante kilomètres difficiles de montées et de descentes. Cette route était un véritable toboggan! Pour un "plat pays", inutile de dire que j'ai beaucoup marché!
Comme répétait, histoire de rigoler, l'animateur du tournoi de pétanque (qui, au fil des parties a finit par être complètement "pété"!), organisé hier après-midi sur le bord de la "Meuh!!!se": <<Je n'ai jamais vu ça dans ma vie!>>

Maandag (Lundi) 11 Août:

20 heures: Au début de la nationale en direction de Bastogne, j'ai rencontré ce matin, Alain, la trentaine, à vélo lui-aussi. Il est parti depuis une semaine de Rouen et fait le tour de la Belgique: 750 kilomètres déjà parcourus depuis son départ! Il décide de s'arrêter à Marche pour faire une pause. Sa destination est Bastogne, comme moi, mais je préfère continuer ma route.
Qui je vois arriver derrière moi, à La Roche, vingt kilomètres plus loin? Je vous l'donne en mille! Alain sur son vélo, chargé pour sa part de deux sacoches, une toile de tente et d'un petit sac à l'avant. Bref, comparé à lui, avec mon sac sur le dos et mon sac de couchage, j'ai l'air d'un guignolo!
Tout en regardant le château qui surplombe La Roche, on discute. Il me dit qu'il a bientôt finit son petit tour et qu'il prévoit de trouver un camping pour cette nuit. Pas besoin d'aller dans les offices ou d'avoir le guide du routard, il a déjà son itinéraire tracé sur sa carte avec les lieux où dormir. Bref, c'est le mec normal, pensé et prévoyant! Tout l'inverse de moi qui n'a rien organisé! Je n'avais même pas prévu avant mon départ d'être en plein milieu de la forêt de la Wallonie.
Après notre discussion, il part en avant. Moi, je m'arrête manger sur le bord de la rivière. Je continue après vers Bertogne.
Qui vois-je en fin d'après-midi alors que je suis assis, encore en train de manger après l'effort? Alain revenant de ses courses, retourne dans le camping de Bertogne où il a posé ses affaires pour la nuit. Le temps de se dire "à la prochaine" et j'ai poursuivi mon chemin, dix kilomètres plus loin, jusqu'à Bastogne.
Été ensuite au Mémorial de la seconde guerre à Mardasson, où se trouve aussi la dernière borne de la Liberté. Depuis les plages de Normandie, des bornes jalonnent le parcours des troupes libératrices sur une distance de 1145 kilomètres. Sur chaque borne, une torche allumée rappelle celle que brandit la statue à New-York. Les lignes représentent les vagues et au sommet de la borne, les étoiles pour le drapeau américain.

Dinsdag (Mardi) 12 Août:
Journal d'un pauvre rêveur:

15 heures: Oui, j'ai rêvé cette nuit qu'un SDF se faisait jeter, de force, par un agent, dans un garage, me semble-t-il. Autour de moi, pleins de gens attendent que je l'aide. J'y vais. Ce SDF me dit: <<-Je suis fatigué! J'arrête!>> Alors, je lui dis: <<-Si tu arrêtes, j'arrête avec toi!>>
Je me réveille brusquement. Je regarde l'heure sur mon portable. Il est à peine 5 heures. Arrêter quoi? C'est la question!
J'ignore pourquoi la misère de ces gens m'a toujours sensibilisé alors que je laisse les mains dans mes poches quand j'en croise un dans la rue. J'ai plutôt envie de leur dire de se lever et de rester digne malgré tout.
Au fond, quoi de plus naturel que de penser à ceux qui dorment dehors? Suis-je un Saint? Non, que diable! Alors, c'est grave docteur?
Après ce rêve, la pluie a commencé à tomber. Vu que dormais sur une pelouse, j'ai continué mon sommeil dans une banque de Bastogne.
La différence entre une banque et un SDF, c'est que quand on leur donne des sous, elle au moins, elle nous les redonne après! Enfin, quand elle ne pique pas une crise!
Ceci est une blague!
Salut la belle Belgique! Merci de m'avoir donné le sourire! Bonjour le Luxembourg! Je suis a Wiltz dans les Ardennes. J'ai pris un billet de train à 1,5O Euro pour me rendre dans la capitale. Quand le chef de gare m'a dit le prix, je n'ai pas hésité une seconde car les côtes du nord de la Belgique m'ont épuisé. La Bretagne, à côté, c'était une tranche de rigolade... et de marmelade!
Tiens, le train siffle trois fois, c'est l'heure du départ!

"L'histoire infinie:
C'est l'histoire d'un belge une foué qui rencontre un belge une foué.
Le belge lui dit:-J'ai une histoire: "C'est l'histoire d'un belge une foué qui rencontre un belge une foué. Le belge lui dit:-J'ai une histoire: C'est l'histoire d'un belge une foué..."

Mercredi 13 Août:

18 heures: Une heure plus tard après le départ du train, j'ai posé les pieds dans la capitale de plus de 46000 habitants (et non pas: de banques!) Le temps de trouver l'auberge de jeunesse que l'on m'a indiqué à l'office du tourisme, de poser mes "valises", de faire un tour dans "le bourg du luxe" et la nuit tomba.
Dans la chambre, je ne suis pas le seul à avoir un « fabuleux destin comme Amélie Poulain »:
-Alexandre, 19ans, brun, porte des lunettes et est originaire de Suisse. Il parle difficilement le français. Dans la conversation, j'arrive malgré tout à comprendre qu'il est venu en voiture et qu'il visite plusieurs capitales. A Paris d'où il est parti ce matin, il a perdu un morceau de sa toile de tente et a été obligé de dormir dans un hôtel de luxe. Il n'ose pas dire le prix de la nuitée par peur d'effrayer les futurs touristes.
Quoi qu'en vérité, les chinois lui diraient certainement que "quand on nem, on ne congre pas!"

-Nil, l'irlandais, 21ans, cheveux bouclés, roux foncé. Avec une carte de voyageurs, il voyage en train. Lui-aussi, il visite les capitales. Il a loupé son petit déjeuner ce matin car il s'est réveillé à 9 heures 30 alors que la fin du service est à 9 heures. Il a donc commencé la journée sans rien avaler (et ça, ce n'est pas normal!).

Et puis enfin, il y a Romain. Après avoir vécu plusieurs mois à Londres, il a passé ces jours-ci un entretien d'embauche pour travailler dans une banque luxembourgeoise.
Avant qu'il ne reprenne son train dans l'après-midi, nous avons passé la matinée ensemble. Nous avons visité les casemates du Bock (les restes des forteresses de cette ville), la place Guillaume II avec son marché aux fleurs, le palais Grand-Ducal où à côté, brasserie " l'Art Scène" , nous avons bu un verre.

... Dans le palais, pendant que nous discutions sur la terrasse:
Le Duc:<<-Il n'est pas mal, n'est-ce pas? demande-t-il, en regardant par la fenêtre.
Le gardien:-Vous trouvez? Mais je ne savais pas que vous étiez, euh, enfin, que vous étiez bi...
Le Duc:-Bicyclette, dite-le! Pourquoi le cacher? Il n'y a pas de honte à aimer le vélo!
Le gardien:-Ha oui! Autant pour moi! Oui, bien sûr, c'est évident!
Le Duc:-A qui donc sert cette belle bicyclette?
Le gardien:-D'après les sources et les ressources mises à votre service, ce vélo dont la draisienne est son ancêtre, sert à se rendre à sa banque, dans les magasins de luxe...
Le Duc:-Pas à quoi sert ce vélo mais à qui? reprend-t-il.
Le gardien:-Autant pour moi! Ce vélo a été acheté par l'âne Imal. Mais on suppose qu'il a été trouvé dans une poubelle, vu son état.
Le Duc:-Le pauvre! Comment est-ce possible que de nos jours, des gens vivent encore dans ce genre d'endroits?
Le gardien:-Mon Duc, je veux parler du vélo et non pas de l'âne Imal! J'ai son dossier dans les mains, justement!
Le Duc:-Regardez ce qu'il boit!
Le gardien:-Très bonne idée, mon Duc, car ne dit-on pas: "dis-moi ce que tu bois, je te dirais qui tu es!"? Il boit du café, de l'eau... dit-il en regardant dans le dossier. Il a même travaillé six ans dans le "Liquide"! Dans une banque à tous les coups!
Le Duc:-Regardez ce qu'il boit sur la terrasse et non pas, dans son dossier!
Le gardien:-Autant pour moi! A vue de "nez", je dirais que c'est de la bonne pitance. Voulez-vous qu'on l'arrête?
Le Duc:-Pourquoi donc arrêter ce brave âne? Tout âne naît libre et égaux, n'est-ce pas? Apportez-moi plutôt ce que vous savez et ne dite rien à la Duchesse! Je compte sur vous!
Le gardien se retire. Quelques minutes après, le gardien croise la Grande Duchesse devant son miroir.
La Duchesse:-Comment faîtes-vous pour ne pas avoir mauvaise haleine avec ça?
Le gardien:-Je bois, ma Duchesse! Je bois de l'eau naturellement!
La Duchesse:-J'en prends un peu pour essayer! dit-elle en se servant. Mais je compte sur vous pour ne rien dire au Duc!
Après cette pause, le gardien retourne voir le Duc.
Le Duc:-Enfin, vous voilà avec mon plateau de fromages!>> dit-il au gardien qui avait soudain une haleine de chien.

Jeudi 14 Août:
Journal d'un coq: (musique de réveil-portable d'un locataire dans la chambre)

14 heures: J'ai passé la soirée à l'auberge car j'ai sympathisé avec un groupe mixte d'une dizaine d'espagnols qui voyage en train et qui fait aussi le tour de plusieurs capitales en quinze jours. Ils m'ont invité à leur table et j'ai bu de la Genève avec eux. Une espagnole a prise son dictionnaire français-espagnol pour réussir à un peu mieux se comprendre. Il y avait en autre Stephania (de Monaco), Juan (Carlos), Roger (Moore), Pablo (Picasso) et Ester.
-EsteRRR...! me répétait-elle en insistant sur le "R".
Ils viennent de l'Andalousie ou plutôt "Andalou chia" (prononciation).
On s'est amusé à trinquer nos verres. A chaque fois que je levais le mien, je disais "Tchin!" et comme ils ne connaissaient pas cette tradition française, je recommençais souvent, histoire de rigoler.
C'était carrément "l'auberge espagnole" dans la chambre!
Ce matin, on s'est dit "Adios amigos" après avoir fait "Tchin!" une dernière fois. Ils sont partis ensuite visiter Luxembourg. Avant, ils ont été à Amsterdam et Bruxelles!
-Tomorrow (demain), Maastricht! m'ont-ils dit.
Pour ma part, j'ai ensuite pri le train de 11h20 et 1,50E plus tard, me voilà à Dudelange.
<<-C'est très cher au Luxembourg! Cela fait cinq mois que je galère avec des petits boulots! m'a dit une fille, rencontrée dans ce train. Je te parle même pas des loyers et en plus, l'aide pour le logement n'existe pas! Il faut cinq ans pour toucher le "RMI" mais il faut le rendre après avoir trouvé du travail! Je retourne en France.
Cela tombe bien! Moi-aussi, je reviens vers mon premier amour.
-Bonnes vacances!>> m'a-t-elle soufflé en descendant tellement vite que je n'ai pas eu le temps de lui proposer un café.

J'ai repris du poil de la bête, autrement dit, j'ai mangé dans les ruines restaurées d'un château, perdu en pleine forêt. C'est drôle de se dire que si ce matin, je n'avais pas vu ces ruines en photo dans un magasine, qui peut dire si un jour dans ma vie, je serai passé par là?
Comme quoi, la vie est surprenante de coïncidences. Ce qu'on peut voir, lire, entendre ou dire peut changer notre vie et nos idées. Si un jour, d'autres lisent ce journal, peut-être auront-ils envie de voyager, d'écrire, de rire, d'apprécier les petits cadeaux de la vie et de vivre leur rêve? Mais surtout, j'espère qu'ils en profiteront après pour jeter un coup d'½il dans leur placard et que même si ils sont à moitié vides, ils n'oublient pas que si le bonheur est dans le pré, il peut être aussi devant leur yeux.

... Quelques temps plus tard, peut-être lors d'une dédicace:
Une femme:<<-Ha, je ne vous félicite pas car ma fille est tombée amoureuse de vous et depuis, elle meurt de chagrin sur votre journal!
L'âne Imal:-Je suis vraiment désolé!
La femme:-Désolé? Vous allez vous marier avec elle, oui et qu'ça saute! Bien sûr, vous divorcerez car vous aurez une belle-mère insupportable! Comptez sur moi! Au moins après, elle ne sera plus amoureuse de l'âne Imal! Pourquoi pas le poisson niais, par dessus le marché?
Une autre femme:-Ha, je ne vous félicite pas car mon mari a le grappin sur votre soi dis-en: âne Imal! Je lui ai dit "pourquoi pas le poisson niais par dessus le marché?" Et depuis, il veut que je sois sa petite sirène! Alors, vous allez vous pacser tous les deux et adopter des enfants. Vous pouvez bien prendre votre air marin, euh malin, mais ce coup-ci, c'est moi qui va m'échapper et hisser les voiles!>>
...
Bref! C'est à chaque personne de trouver le chemin de sa voie même si il faut parfois se ferrer, euh, se serrer la ceinture!
Tiens en parlant de chemin, si je veux avoir de bonnes chevilles et de forts mollets, je dois reprendre le vélo (et non pas le train!).

21 heures: Je me trouve dans la Lorraine, sur le bord du plan d'eau de la Sangsue de Briey où un festival de jazz est organisé ce week-end. Je vais donc profiter du calme avant la tempête (et non pas: la trompette!) pour y dormir cette nuit.

Vendredi 15 Août:

Quelque part, très tôt ce matin:
Fandemas:<<-"Bref! C'est à chaque personne de trouver le chemin de sa voie même si il faut parfois se ferrer, euh, se serrer la ceinture!..." lit Fandemas dans son bain, euh, sa douche. Oui, cet âne a raison! Je me suis trompé sur toute la ligne. J'ai voulu voler les riches pour donner aux pauvres mais ce n'est pas la bonne solution. Le Monde, lui seul, doit trouver ses propres solutions. C'est décidé! J'abandonne! Appelez le "Monde" et toute la presse!
Le pion:-Allo le "Monde"? Est-ce que tout va bien?...>>
...

Après une trentaine de kilomètres, je suis arrivé dans l'après-midi dans les champs de bataille de la Grande Guerre. Quand j'écoutais mes profs d'histoire, je me disais qu'un jour, j'irais voir de mes yeux ce lieu. Aujourd'hui, j'y suis avec mon compagnon de route et tout individu qui passe ne peut comme moi qu'imaginer l'horreur vécu.
Je suis passé avant voir le Fort de Vaux où des français ont tenu 6 jours à l'intérieur, dans le froid et en manque d'eau avant de se rendre. Ce Fort est connu aussi pour le pigeon voyageur qui accomplit sa mission: porter un message.

... Et pendant ce temps-là, dans un restaurant américain:
Bourgvilain:<<-Ce n'est pas la cuisine au beurre mais avouez que c'est vachement bon! Santée! trinque-t-il en mangeant son hamburger.
De Vines:-Écoutez le rapport d'hier de l'âne Imal que m'a transmis ce matin notre pigeon voyageur! Je lis: "C'est à chaque personne... de se serrer la ceinture!"
Bourgvilain:-C'est fin! Ça se lit sans fin!
De Vines:-Vous avez vu ça? demande-t-il stupéfait.
Coq'luche:-C'est le dernier super héros à la mode! dit-il en regardant le jouet. Vous avez pri le menu enfant, chef?
De Vines:-Mais non, regardez le titre de ce journal: "L'arrêt de Fandemas"! Je lis: "Fandemas a décidé de ne plus réclamer d'argents. Il a déclaré à la presse que si l'eau continue d'aller à la rivière, le Monde sera obligé de déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul. Fandemas s'est ensuite sauvé en disant: je me sauve!"
Coq'luche:-Cela veut dire que ce sera le Déluge?
De Vines:-Cela veut surtout dire que notre enquête est terminée!
Bourgvilain:-Vous voulez dire: plus de vélos, plus d'âne Imal, plus vous et moi? demande-t-il l'estomac noué tandis que leur pigeon voyageur, dans son nid, euh, dans sa maison, prépare déjà son dossier pour le chômage.
Coq'luche:-Dommage! Je l'aimais bien, moi, Fandemas car il ou elle avait bon coeur! Sans compter qu'on ne sera jamais qui se cachait derrière Fandemas!
De Vines:-Mes amis, je vous propose comme même de laisser ce garçon terminer son tour. Moi, je pars demander la main à Bernadette. Quand à vous, je vous autorise à continuer à vélo et suivre ce garçon jusqu'à son arrivée.
Les trois compères, mains dans la main, se mettent à chanter alors: "ce n'est qu'un au-revoir mon frère...". Coq'luche et Bourgvilain reprirent ensuite la route avec leur vélo à trois selles, laissant leur chef sur le quai de gare de Verdun.
De Vines:-Attendez-moi les copains! leur crie-t-il mais trop tard. Oh, ma soeur, c'est un miracle!
Ma s½ur:-Oui, mon fils! Que de "longs ways" parcourus et pourtant, on se retrouve encore et toujours! Venez, je vous emmène comme d'habitude!
De Vines:-Mais je vois que vous avez troqué votre vélo pour un scooter?
Ma s½ur:-Oui, j'en avais besoin pour passer la Manche et aller en Angleterre! Le seigneur fait des miracles! Il roule aussi sur terre! Montez! lui dit-elle sur son scooter des mers.
De Vines:-Tant qu'il ne roule pas dans les airs, je vous suis!>>
Et c'est ainsi que De Vines retrouve ses deux autres compères et qu'ils continuent leur chemin ensemble jusqu'au bout.

21 heures: Je suis allé au Mémorial de Verdun qui retrace la vie des hommes et femmes dans les tranchées. Ensuite, je me suis arrêté à Fleury-devant Douaumont, village entièrement détruit mais qui juridiquement existe encore. Je suis allé aussi à l'ossuaire de Douaumont qui commémore le souvenir de plus de 130000 soldats français et allemands non identifiés.
Et me voilà dans le centre de Verdun où les gens se pressent dans les restaurants. De l'autre côté de la rive, je vois "les Copains d'abord" avec l'inscription: bateau à vendre.

Dimanche 17 Août:
Journal des loups: (qui m'ont réveillé! Autant pour moi, c'était plutôt une meute de chats!)

17 heures: Je suis arrivé hier soir à Bar le Duc à 6O kilomètres de Verdun. Je dois avouer que cette "voie sacrée" construite par Pétain pendant la Grande Guerre pour faciliter la circulation s'appelait hier "la voie sacrée nom d'une pompe à vélo" car ma roue arrière n'a cessé de se dégonfler. Après avoir réparé ma crevaison en début d'après-midi, "réparé" est un grand mot puisque, n'ayant toujours pas de chambres à air de remplacement, j'ai dû regonfler ma roue plusieurs fois jusqu'en soirée. Et encore, heureusement que j'ai demandé à trois dames, assises sur un banc, en train de faire la causette, avant la messe "sacrée" et dominicale:
<<-Va plutôt à la dernière maison à gauche! La ferme est à lui! m'ont-elle conseillé.
"J'va" aussitôt frapper sur la cloche, enfin, sur la porte. Le monsieur en short prend alors son vélo.
-Suis-moi! C'n'est point loin!>> me dit-il.
Pour sûr, y'avait point cinquante mètres!
Et v'là t'y pas qu'il me presse ma roue arrière avec son tuyau de compresseur. Je le remercie bien entendu et je repars, priant "Pierre Michaux et son fils Ernest, barisiens, inventeurs du vélocipède à pédales" que je ne dégonfle pas avant d'arriver devant leur statue, érigée à Bar le Duc, en leur hommage.
Après avoir dormi sur une pelouse du château, enfin je pensais que c'était un château au début mais c'est une médiathèque, je me suis aperçu à l'aube que ma roue était encore dégonflée. J'ai encore démonté ma chambre à air. Je passe les détails car cela risque d'être ennuyant à mourir et je risque de m'endormir sur mon journal.
En conclusion, je dois attendre demain pour acheter enfin une... Attention! Suspense!... une nouvelle chambre à air! Et non pas: un autre vélo, car j'y suis attaché! C'est un peu devenu mon confident, aussi silencieux qu'un animal de compagnie. En même temps, il a raison car il faut "plus penser que dire!" (dicton de Bar le Duc)
Je commence à délirer. Il est grand temps que je prenne des vacances.
...

L'ânoculiste: (texte écrit à Nancy)

A Paris, il y a le canal du Midi!
A Marseille, il y a "plus belle la vie" des abeilles!
A Toulouse, il y a le petit bonhomme en mousse!
A Nancy, il y a la petite souris!
A Épinal, il y a l'emmental!
A Besançon, il y a des pattes d'oursons!
En Guadeloupe, il y a les ½ufs durs Anthelupt! (c'est la seule rime que j'ai trouvé! J'ai vu ça sur une pancarte sur la route! Je me suis dit: « celle-ci, il ne faut pas que je la loupe! »)
Et à Brest, il y a le Paris-Brest!

Tu peux voyager, travailler
Mais n'oublie pas qu'il faut rigoler!
Oui, la vie est belle, belle, belle!

A Laon, il y a Alain de Laon!
A St Lô, il y a Brigitte Bardot!
A Bourg en Bresse, il y a les plus belles paires de... tresses!
A Nantes... la Jolie, il y a la Duchesse Anny Cordy!
A St Tropez'zz, il y a des gendarmes derrière des falaises
qui trinquent « à la tienne! » avec des gens de Saint-Etienne.
A Bordeaux, il y a les toreros!
Et de la Rochelle, on voit la Tour Eiffel!

A St Malo, il y a Monte Cristo!
A St Maclou, il y a Tintin et Milou!
A Dijon, il y a l'accordéon!
Aux Sables d'Olonne, il y a de l'eau de colonne!
Aux Mont St Michel, il y a bien sûr les crêpes à la confiture!
A Orléans, les dentistes ont des poils aux dents!
Et à Lyon, il y a le c½ur de Lion!
Et dans mon patelin, il y a Belle et Sébastien!

C'est bien dommage!
Je ne peux pas citer toutes les villes de France!
Mais après le boulot ou après le voyage,
on y passe toujours de belles vacances!

Lundi 25 Août:

10 heures: J'ai passé toute la semaine à Nancy car à Bar le Duc, j'ai rencontré Sylvain, la trentaine, qui m'a proposé de m'héberger quelques jours chez lui à Nancy. Nous avons fait la route ensemble, my vélo dans sa voiture. J'ai pu me balader, une fois ma roue réparée, et aller en autre sur la place Stanislas, construite par le Roi qui épousa sa fille. A la mort de Stanislas, la Lorraine est redevenue française et la statue du Roi fut remplacée par une statue de Stanislas.
Et vous serez content d'apprendre aussi que tous les soirs à 22 heures, durant l'été, un son et lumière était organisé sur l'hôtel de Ville, retraçant l'histoire de Nancy (et non pas de Nice! Cela va de soit!).
J'ai fait plein de choses: je suis allé à des concerts, j'ai été voir les animaux du parc de la Pépinière, je suis allé à Lunéville voir le château de Stanislas à quarante kilomètres (avec mon vélo, je précise!) de Nancy, on est allé hier à Metz, ville des Montgolfières, etc... Sans oublier, qu'il y avait ce week-end la fête de la mirabelle, fruit de cette région.
Bref, je ne vais pas écrire toute une carte postale sur mes vacances au bord de la Meurthe car, moi comme les Lorrains, apprécions finalement "les deux choses qu'il faut avoir goûté dans sa vie": la quiche et la liberté!
Tiens, en parlant de liberté, j'ai repris la route ce matin. Direction: Neufchâteau! (Et non pas: "Neufchâteau encore de Stanislas" car on ne peut pas tout voir ou plutôt, tout avoir!).

... Et pendant ce temps-là, au commissariat:
De Vines:<<-L'âne Imal repart! Ce n'est pas trop tôt! dit-il à son compère, au téléphone. Ne le perdez pas de vue car on ne sait jamais, Fandemas pourrait tenter de lui voler ses lingots d'or dans son sac!... Non, on ne sait toujours pas qui se cache derrière Fandemas! Attendez, j'ai un double appel! Mais si jamais, j'ai Fandemas en face moi, je serai ce que lui dire!
La femme de ménage entre dans le bureau.
De Vines:-Bonjour, monsieur le Pré... Président! Oui, bien et votre dame? Euh, et vous, monsieur le Président? Quoi? Vous avez un double appel! Je patiente bien entendu! On ne vous a jamais dit de frapper avant d'entrer! Où étiez-vous? demande-t-il alors à la femme de ménage. Ce n'est pas trop tôt! Quoi: je l'ai déjà dit, vous êtes sûr? demande-t-il à son compère, au bout du fil. Alors, ces petites vacances, j'espère que vous en avez profité pendant que d'autres travaillaient? Mais non, je ne parle pas à vous, je parle à la femme de ménage.
La femme de ménage:-J'ai pris mes congés payés et mes R.T.T. comme tous les ans, et non pas: tous les mois! Mon mari et moi avons loué une caravane pour suivre le Tour de France!
De Vines:-Ça me fait une belle jambe! Bon, repassez plus tard!
La femme (pour faire plus court):-Je suis désolé mais je suis là pour le ménage, pas pour le repassage!
De Vines:-Que voulez-vous que ça me fasse que vous ayez déjà repassé votre chemise? demande-t-il à son compère.
La femme:-Ma chemise!!! Le vélo ne vous réussit vraiment pas, mon vieux!
De Vines:-Oui, j'ai fait du vélo et alors! J'aime le vélo et j'en suis fier! Et d'abord, comment le savez-vous? On n'est pas passé à la télé, nous!!!
La femme:-Oh, je vois que c'est toujours la zizanie dans ce commissariat! Je repasserai plus tard! dit-elle en claquant la porte.
De Vines:-C'est ça, repassez plus tard! Mais non, pas vous! Vous ne comprenez rien! Je parlais en même temps à la femme de ménage et à vous!
La secrétaire, Bernadette:-Justement, j'ai quelque chose à vous avouer, monsieur l'ins, euh, directeur! dit-elle après être entrée à son tour.
De Vines:-Pas de rififis entre nous! Appelez-moi par mon prénom! Moi-aussi, je dois vous avouer quelque chose ma biche, enfin, à vous, Bernadette!
Bernadette:-Je préfère commencer! Voilà je dois, "Louis", dire, que je
De Vines:-Qui ça "lui"? Non, c'est pour plaisanter! J'ai compris, vous m'aimez? C'est normal qu'une secrétaire ne peut plus se passer de son directeur car on ne peut pas commander l'amour! Moi-aussi, je vous aime!
La secrétaire:-Moi-aussi! MOI-AUSSI,JE ME SUIS ECHAPPEE! répète-t-elle en lettres capitales.
De Vines:-Vous vous êtes échappée? Oui, vous avez pris des vacances et alors? Quoi? L'âne Imal se fait agresser, ça ne peut qu'être Fandemas! Ne le laissez pas s'échapper! J'arrive! Ma biche, euh, Bernadette, je compte sur vous pour tenir le bouc pique, euh, la boutique!>> lui dit-il en raccrochant.
Le Président:-Yes, I can! répète-t-il plusieurs fois au téléphone. J'ai fait ce que j'ai pu, je n'ai pas été trop long? Allo?>>
...

Ha, j'oubliais, j'ai écris un petit texte, assis dans les rues de Nancy. Les gens rencontrés dans cette "course" sont réels mais à l'évidence, le reste est pur invention. La tolérance est donc de mise!
Et je vous fais une petite concession, euh, confession: à quelques kilomètres en moto, se trouve un garage "Renault" (je vous dis ça au cas où vous seriez par hasard en panne dans Nancy!)

La course qui pique à Nancy: "Qui s'y frotte s'y pique!" (dicton de Nancy)

J'étais assis, j'étais peinard.
Deux jeunes garçons sont venus me voir:
<<-Salut l'Auvergnat, on a faim,
dis, t'aurais pas un morceau de pain?
On a rien bu depuis hier,
tu pourrais pas nous payer un verre.
Ça fait des lustres qu'on dort dans la gare,
pour se raser, on n'a même pas de miroir!
On voudrait manger un kebab
et vivre heureux près des baobabs!
T'as l'air bien sympa comme garçon,
tu vas bien nous filer ton pognon?>>

Je leur ai dit: "nan", ils m'ont dit "cy". Alors...

J'leur ai filé mon sandwich.
Ils m'ont filé des cornichons.
J'leur ai filé le dossier Edwige,
ils ont filé comme des Pokémons! (La vérité, c'est que je leur ai filé 5 Euros!)

J'étais assis, j'étais peinard.
Il faisait un temps de canard.
Un banquier est venu me voir.
L'air souriant, me dit: <<-Puis-je m'asseoir?
Vous avez un beau sac banane,
je parie qu'il vient de la Havane?
Vous pourriez y mettre un grand chéquier,
pour vos bijoux, j'ai des coffres en acier.
Vous avez une chance inouïe
j'ai même des contrats pour la vie.
Chaque année, vous aurez des petits.
Vous n'avez plus qu'à signer ici!>>

Je lui ai dit: "nan", il m'a dit: "cy". Alors...

J'lui ai filé mauvaise mine,
il m'a filé son crayon.
J'lui ai refilé mon angine,
il m'a refilé ses morpions. (La vérité, c'est qu'il m'a juste salué!)

J'étais assis, j'étais peinard
dans un musée, près de l'abreuvoir.
Un monsieur, habillé tout en blanc
me dit: <<-Où sont tes parents, mon enfant?
On a besoin de jeunes dans la paroisse,
tu pourrais y peindre les ardoises!
Avec ton vélo, tu irais chercher
les anciens qui n'peuvent plus se déplacer!
Et si tu veux bien le Dimanche,
tu pourrais même faire la manche.
Ne crois pas que je suis le Grand méchant loup!
Je n'vais pas te filer la corde au cou!>>

Je lui ai dit: "nan", il m'a dit: "cy"! Comme "le renard" de Vinci!

J'lui ai filé mon bras,
Il m'a filé du pain!
J'lui ai filé mon autre bras!
Il m'a filé du bon vin! (La vérité, c'est qu'il est juste passé devant moi!)

La morale de cette petite histoire:
Si tu t'éloignes dans ton grand chemin,
assis dans une forêt noire,
tu pourrais croiser... deux lapins!!!

Mardi 26 Août:
Journal de Marguerite et ses petits: (dormi à Prez sous la Faucheuse, dans une étable avec des veaux qui n'ont cessé de faire du "boucan d'enfer" toute la nuit!)

18 heures: Je me trouve devant la source de la Douix à Châtillon sur Seine. Qui aurait cru que je puisse revenir ici, une nouvelle fois avec mon vélo? A part moi, bien sûr!
Sur la route, j'ai repensé à cette ville: à la place de la Mairie; à la Poste, "musée" où je suis allé chercher des timbres pour envoyer des cartes postales de mon tour vécu en 06; à la source où j'ai écris dans mon "échappée belle" qu'il me suffira de fermer les yeux après pour être encore ici en train de regarder les deux oies sauvages. Rien n'a changé car les oies sont toujours là!
Bref, ce sont des petits moments qui font des grands souvenirs!
C'est Sylvain qui m'a conseillé de me diriger vers Neufchâteau, Chaumont, Auxerre... vu que c'est la direction vers Nantes mais surtout, parce que les routes sont beaucoup plus plates. Comme je ne connais pas ces villes, l'occasion était trop belle pour passer à côté!
Depuis le début de ce journal, j'ai dû oublier de préciser que je prenais les départementales ou les pistes cyclables mais au fond, c'est inutile puisque personne va imaginer une seule seconde que je vais risquer ma vie sur les autoroutes! Quoique les autoroutes sont les routes les plus sûres... avec une voiture qui a un moteur et dans le bon sens! C'est ça, oui, c'est une question de bon sens!
Tiens, en parlant de bon sens, je suis allé à Domrémy la Pucelle, entre Neufchâteau et Chaumont, ville où a naquit et vécue Jeanne D'Arc. J'ai visité sa petite maison natale qui comprend un salon, un sellier, une chambre pour les filles et une autre pour ses frères. Passage indispensable à l'église à côté où elle a été baptisée. Dire si, en ce temps-là, le curé avait aussi une bonne qui "faisait des bêtises derrière l'église", serait vraiment de mauvais goût donc, je préfère me taire.
Ce matin donc, direction Chaumont, ville avec un donjon, des tourelles, une gare, des parcs... Bref, une vraie carte postale, excepté les toilettes "O étoile" (lieu sans lumières, trop étroit et sale! Bref, un vrai trou à rat! Quoique même les rats sont plus propres!). Et quarante kilomètres après la porte de ces toilettes, me voici à "Châtilloner" (boire de l'eau! Enfin, c'est une expression que je viens d'inventer!) devant la source.

Mercredi 27 Août:
Journal d'un coq: (le chant du coq m'a réveillé!)

18 heures: J'ai dormi encore sur une pelouse, près d'une ferme d'un petit village, histoire de ne jamais être isolé, au cas où je rencontrerais des individus mal intentionnés ou des fantômes comme celui du docteur Petiot "médecin des pauvres" (le "cuisinier du diable" selon Colette), né à Auxerre et qui, durant l'occupation allemande, dans son hôtel parisien, tua ou revendiqua 63 crimes en dépouillant résistants ou israélites obligés de fuir la capitale.
Passage dans la matinée à Tanlay et Tonnerre, des villes qui semblent être d'un autre temps. Les habitations datent probablement de l'avant guerre.
Je suis arrivé à Auxerre en début d'après-midi. En arrivant dans le centre, ma roue avant a crevé. Étant crevé moi-aussi, plutôt que de mettre mon vélo en pièces, je suis allé chez un réparateur, ancien cycliste du grand Tour, reconverti dans la réparation des vélos avec ou sans moteurs aux normes (et non pas: avec ou sans hormones!).
Entre Tonnerre et Auxerre, la départementale est très vallonnée. Avec le soleil de plomb, j'ai eu encore beaucoup plus de mal à franchir l'arrivée à Auxerre, ville de Cadet Roussel. Comme dans la plupart des grandes villes françaises, beaucoup de façades sont ici à pans de bois et les jolies filles de mon pays en profitent pour faire les boutiques. Et les chats, eux, en profitent comme toujours, pour regarder sous les jupes! C'est ça la France!

Vendredi 29 Août:
Journal d'un castor sur la Loire: (m'a surpris en plein sommeil! A moin que c'était un hérisson?)

Depuis hier soir, je me trouve à la Charité sur Loire dans la Nièvre. J'ai dormi sur les bords du fleuve sauvage. Aujourd'hui et demain, c'est le sixième festival de blues avec des concerts gratuits ou payants joués près des remparts de la ville.
Tiens, j'ai appris la dernière nouvelle, en lisant le journal du Centre de ce jour, offert pendant les concerts: "Selon une étude de chercheurs allemands et tchèques, publiée dans "les Annales de l'Académie nationale des Sciences", les vaches ne perdent pas le Nord et n'ont pas besoin de boussoles pour se repérer. Des photos satellite de milliers d'entre elles montrent qu'elles ont tendance à placer leurs corps dans un axe Nord-Sud lorsqu'elles paissent ou se reposent." Ce journal ne dit pas et c'est bien dommage, si les chercheurs, allemands et tchèques, je le reprécise, sont des amateurs de patates belges comme le fut autrefois Jacqouille la Fritouille.

Samedi 30 Août:

Je suis allé aujourd'hui voir la châsse de Bernadette Soubirous à Nevers, à 25 kilomètres de La Charité. J'ignorais totalement ce qu'était une châsse. En entrant dans la chapelle, j'ai compris. Béatifiée en 1925, son corps tout petit repose là dans une châsse (définition dans mon dictionnaire: reliquaire en forme de sarcophage muni d'un couvercle à deux pentes, dans lequel on conserve les restes d'un(e) saint(e)).
On dirait qu'elle dort et que le temps s'est arrêté avec elle.
Et moi qui ne savait pas qu'elle était ici! Jamais de ma vie, je n'aurais pensé voir un jour "cette Dame" devant mes yeux. Encore une fois, la vie est surprenante!
Je pensais dormir à l'espace Bernadette, à côté de la chapelle, où il y'a des chambres disponibles mais il est complet. Tant pis, je vais dormir sur les bords de la Loire.
Bientôt trois mois que je respire l'air de la liberté. Je dis ça parce que je porte encore (je le lave au fil des jours bien sûr!) le maillot "Enfin libre!" qu'on m'a offert pour la libération d'Ingrid et certaines personnes que je croise, pensent que je viens de sortir de prison.
Bientôt trois mois que je me fabrique des souvenirs et que, pour rire, je me prends pour un âne mais à l'évidence, je ne suis pas ... Quand soudain, le téléphone vibre:
De Vines:<<-Vous allez bien, mon vieux? Votre mission se passe comme vous l'espériez?
L'âne Imal:-Vous savez, mon vieux, je prends la vie comme elle vient et ce tour, c'est un peu comme des grandes vacances ! A propos, j'ai un texte dans mon sac ou plutôt dans mes tiroirs, je vous le lis car comme moi, il vous rappellera peut-être également des souvenirs...

LES GRANDES VACANCES:

Un matin, en rangeant le grenier,
si je n'ai pas trouvé un jouet extraordinaire,
j'ai retrouvé mes cahiers d'écoliers.
Un brin de nostalgie flottait dans l'air.

Je me suis replongé dans ces années
qui ont vu passer ma jeunesse:
<<-L'école est finie! Chouette, enfin l'été
et toutes ses promesses!>>

J'aimais bien les grandes vacances
après toute l'année à l'école
à apprendre l'histoire de France
et à lire Marcel Pagnol.

Quand la fin Juin arrivait,
j'abandonnais mon cartable.
Plus de leçons à réciter
avant de mettre mes pieds sous la table!

Les soirées étaient plus longues,
je pouvais me coucher plus tard
sans que ma mère veille à la longue
si j'avais tout fait mes devoirs.

Mon père, lui, n'avait pas le temps.
Il avait les vaches à traire
et par soleil ou mauvais temps,
il cultivait la terre.

Quand arrivait l'heure des moissons,
il venait alors me chercher
et je laissais sur le paillasson
mes deux frangines s'amuser.

Mais pour ne pas faire de jaloux,
il leur disait en remontant sa casquette:
-<<Plutôt que de jouer au mouton et au loup,
allez les filles, montez aussi dans la charrette!>>

Mon frangin était déjà sur les lieux.
C'est lui qui conduisait le tracteur.
Avec nous derrière, il était heureux
d'appuyer sur l'accélérateur.

Et puis, il y avait le grand rendez-vous,
celui des chars de la kermesse
qui paradaient le premier Dimanche d'Août
et ma classe qui défilait avec la maîtresse.

Juillet-Août étant passé,
c'est avec une grande impatience
que j'attendais la rentrée
et la fin des grandes vacances.

J'aimais bien préparer mon cartable,
y ranger mes nouveaux cahiers
et le vider sur la table
pour être sûr de n'avoir rien oublié.

Le temps de ramasser les patates
et les cloches sonnaient à nouveau.
Mes copains revenaient le teint mâte.
Mes profs revenaient avec des devoirs en cadeaux.

Avant d'entrer dans la classe,
en rang, ils réclamaient le silence.
Je soufflais alors à mon voisin d'en face:
<<-J'aimais mieux les grandes vacances!>>

Aujourd'hui, quand j'y repense,
c'était pourtant bien l'école!
C'était le temps de l'insouciance,
des récréations et des colles.

Tiens, en parlant de colle, je me rappelle
que pendant le cours du catéchèse,
pour éviter d'aller jusqu'à la poubelle,
je collais mon chewing-gum sous la chaise.

J'étais souvent puni au fond de la classe:
<<-Jeune homme, puisque vous trouvez ça drôle,
vous me recopierez cent fois les phrases:
"Il n'est plus question de jouer au guignol!
Si l'école, c'est le bon temps
des Fables et des poésies.
Toutes les choses qu'on y apprend
sont utiles pour notre vie!">> (à relire 100 fois!!!)

De Vines:-C'est vrai! "Ce n'est pas du sang qui coule dans nos veines, c'est la rivière de notre enfance!"
L'âne Imal:-Tiens, "enfance" rime avec "France"! Donc, vous trouvez ce texte beau?
De Vines:-Beau? France? Ça me fait penser au Pré, euh, enfin à quelqu'un que j'ai complètement oublié au téléphone! Je vous rappelle!>>

Lundi 1er Septembre:

21 heures: J'ai passé la journée d'hier au comice agricole de Prémery, à 25 kilomètres de Nevers. Cette fête a lieue tous les six ans dans ce petit village, décoré pour l'occasion, de moins de 3000 têtes. Enfin, je veux dire: 3000 habitants!
Je suis arrivé, comme par hasard, à l'heure de l'apéro et pendant la dégustation de viennoiseries du coin. Des chars ont défilé en début d'après-midi. Je me croyais vraiment comme à la kermesse de mon patelin. A part le temps qui hésitait entre la pluie et le bon temps, Prémery sentait bon hier le plaisir d'être ensemble jusqu'au feu d'artifice final.
Même si j'ai l'impression d'avoir écrit un communiqué de presse, j'ai adoré cette journée, passée avec des gens simples. Bref, comme dans mon patelin!
Après avoir dormi sous un abri pour éviter la pluie, je suis retourné ce matin et sous le soleil, à la Charité sur Loire. Plus qu'à traverser le pont et je suis arrivé ensuite dans le Cher.
Me voilà, cinquante kilomètres plus loin, à Bourges, ville avec une cathédrale, un château d'eau et le musée du Berry qui retrace la vie dans les campagnes d'antan. Bien entendu, je ne résume pas les villes qu'à leur église ou à leur musée. Par exemple, Bourges a aussi le Printemps des poètes, "l'été des chanteurs, l'automne des feuilles et l'hiver des "Proses" cafés".
Bourges, je dirais simplement que c'est une ville qui bouge!

...Quelques heures avant, dans l'après-midi, alors qu'un portable vibre:
De Vines:<<-Bonjour Monsieur le Pré... Président! Autant pour moi! Remarquez! J'ai bien pensé vous appeler hier mais le Dimanche, c'est sacré alors, je ne voulais point vous déranger! Comment? Vous travaillez le Dimanche? Bien entendu et d'ailleurs, c'est ce que je disais justement à mes deux grands-pères, euh, mes deux compères hier sur notre vélo à trois selles qui se plaignaient d'être en mission même le Dimanche. Comment? Il faut mettre fin à cette chasse à l'âne Imal? Comment? Cette farce, autant pour moi! Sous vos ordres, monsieur le Pré... Président! lui dit-il en raccrochant ensuite.
Coq'luche:-Pour votre gouverne, je n'ai jamais fait de mal à une mouche ni à une poule d'ailleurs donc vous ne toucherez pas à un "poil de carotte" de cet âne!
Bourgvilain:-Personne ne te demande de s'en prendre à lui (Louis), enfin à ce garçon! Nous allons juste tout dire à l'âne Imal et arrêter de le suivre. N'est-ce pas Louis?
De Vines:-Faux! Nous n'allons rien dire à ce garçon, enfin pas encore et vous allez continuer à le suivre car je suis persuadé que Fandemas nous prépare un mauvais coup. Fandemas va forcément tenter au dernier moment de voler l'âne Imal! Moi, je retourne demander la main à Bernadette car nous nous sommes avoués notre amour la dernière fois!
Coq'luche:-Qu'est-ce qu'elle vous a dit au fait?
De Vines:-Maintenant que j'y repense, je n'ai pas trop compris. Elle m'a dit: "moi-aussi!" Et puis après, elle m'a dit: "je me suis échappée"!
Coq'luche:-Mot pour mot, elle vous a dit: "Moi-aussi, je me suis échappée!"?
De Vines:-Oui, mot pour mot! A quoi pensez-vous?
Coq'luche:-Cela va peut-être vous surprendre mais je suis en train de me dire que je n'ai pas encore raconté mon histoire drôle. La voici: c'est l'histoire d'un âne sur la route...
De Vines:-Mon Dieu, vous m'étonnerez toujours! le coupe-t-il. Ce n'est pas le moment de plaisanter! Il faut que je trouve un moyen pour voir Bernadette au plus vite!>> s'exclame-t-il en entendant soudain des bruits effrayants.

Sont-ce les dinosaures qui reviennent de leur course au "Mammouth" du coin? La réponse est: Tintintintin! (musique de Suspens le re-retour!)

Ma soeur:<<-Vous m'avez demandé! Me voici! leur dit-elle au volant de sa formule un.
De Vines:-Ma soeur, c'est un miracle! Mais je ne vous ai pas appelé?
Ma soeur:-Si Seignor! Vous avez dit "Mon Dieu, vous m'étonnerez toujours!" Je suis en mission comme vous, vous pigez? Montez! Mes 700 chevaux vous emmènent! lui dit-elle en tapant sur le capot.
De Vines:-700 chevaux là-dessous! C'est épatant!!! Mais c'est interdit de rouler sur les routes avec une formule un!
Ma soeur:-J'ai la permission de l'homme le plus haut placé! lui dit-elle en levant les yeux au Ciel.
De Vines:-Bon, si vous avez l'autorisation du Président, ça change tout! Let-s go! dit-il en attachant sa ceinture.
Ma soeur:-Pardonnez-moi mon fils mais en vérité, je passe mon permis voiture en accéléré à Magny-cours, qui se trouve pas loin d'ici comme vous le savez! Yallah!>>

Mardi 2 Septembre:
Journal d'un maître d'école: («maître » très grand créé par Charlemagne et Jules Ferry! A ne pas confondre avec Jules César, inventeur des premières récréations dans les arènes!)

22 heures: Dans la chambre, hier à l'auberge de Bourges, j'étais avec un prof qui a fait sa rentrée scolaire aujourd'hui. Comme il ne sait toujours pas pour combien de temps il a ce poste, il a choisit cette auberge en attendant.
-Enfin, "choisit" n'est pas approprié! Je n'ai pas d'autres choix, voilà tout! m'a-t-il dit.
Je viens d'arriver à Châteauroux après 65 kilomètres à rouler comme un escargot à cause du vent violent. Quoique, je n'ai pas vu beaucoup de différences car d'habitude, sans vent, je roule comme une tortue!

... Quelques heures plus tôt, dans le commissariat:
De Vines:<<-Bernadette, vous êtes là? Y'a personne ici? crie-t-il quand sur son bureau, il voit deux lettres. Tiens, la femme de ménage nous a quitté! Bon débarras! souffle-t-il après avoir lu la première lettre.
Bernadette, la secrétaire, entre.
De Vines:-Bernadette, j'ai deux nouvelles!
Bernadette:-Moi-aussi!
De Vines:-"Moi-aussi, je me suis échappée!" Je sais, je suis au courant mais c'est de l'histoire ancienne! Vous aviez le droit de prendre des vacances comme nous!
Bernadette:-Mais non, moi-aussi, j'ai deux nouvelles!
De Vines:-Écoutez! Nous serions sur un paquebot comme le Titanic, je vous dirais "les femmes d'abord!" mais je préfère me jeter à l'eau avant vous, enfin, j'veux dire: me lancer avant vous! Bref, la bonne nous a quitté, ça ce n'est pas la bonne... nouvelle, enfin ça dépend pour qui? Et la bonne, c'est qu'aujourd'hui, vous êtes ma secrétaire; demain, en acceptant de prendre ma main, vous serez mon épouse!
Bernadette:-Oh, mon Dieu! Vous voulez dire que la bonne s'est jetée par dessus bord, enfin par la fenêtre, c'est horrible?
De Vines:-La bonne a démissionné, pas de quoi en faire un drame! Fandemas!!! crie-t-il en ouvrant la seconde lettre: "Tout droit! Rien ne m'arrête! Avouez tout "veau" le coucou! Signé Fandemas" lit-il. Il est clair que Fandemas me demande d'inviter l'âne Imal au restaurant pour tout lui dire.
Bernadette:-Oublions Fandemas et marions-nous demain!
De Vines:-Demain? C'est un peu rapide! Non, après tout, je connais une bonne soeur dont la rapidité est son domaine qui trouvera bien un curé pour nous marier! Après notre union, j'invite l'âne Imal au restaurant et je lui dis tout!
Bernadette:-Moi-aussi!
De Vines:-Ha non, vous n'allez pas encore vous échapper?
Bernadette:-Mais non! Je voulais dire: moi-aussi, j'espère que vous m'inviterez au restaurant après notre mariage?
De Vines:-Bien entendu, ma biche! Et vous? Oui, et vous, quelles sont vos deux nouvelles?
Bernadette:-Comment? Euh! hésite-t-elle. Ha oui, j'ai deux nouvelles stagiaires avec moi!>>

Mercredi 3 Septembre:
Journal d'un escargot: (car c'est un temps où les escargots sortent de leur coquille!)

21 heures 30 (tiens, je suis en avance par rapport à hier!): Après avoir dormi, j'ai fait du vélo... Non, mon objectif n'est pas de faire "dodo, vélo, dodo" et de rouler le plus de kilomètres. Mon objectif est surtout de faire des rencontres. Aujourd'hui, j'ai sympathisé dans une église de Châteauroux avec un jeune Lyonnais de 25 ans, venu pour travailler comme chef de scout en Décembre prochain.
<<-Je suis tombé dedans quand j'étais petit! Et depuis, comme on dit: "Scout un jour! Scout toujours!" m'a-t-il dit.
Je me réchauffais "la carcasse" devant les bougies vu que j'étais trempé et le voyant, je lui dis alors:
-Tu fais le chemin de St-Jacques de Compostelle?
Et voilà que juste avec cette question, nous nous sommes retrouvés en train de boire un café dans le bar du coin comme deux copains d'enfance.
-Y a pas longtemps, je suis passé au 20h pour avoir démarré la construction d'une chapelle du côté d'Avignon avec un groupe de jeunes scouts, ma-t-il informé.
Après, nous sommes allés à la médiathèque, située dans l'Equinoxe, grand centre culturel de Châteauroux. Bref, celui qui vient dans cette ville et qui ne voit pas l'Equinoxe doit être devenu aveugle... à force d'avoir trop regardé "sous le soleil" à la télévision!
Dans l'après-midi, je suis parti vers l'ouest et lui vers l'est. En clair, on s'est quitté car il devait rejoindre son ami d'enfance, qui l'héberge jusqu'à son départ prévu demain pour Lyon.

... Quelques heures avant, dans l'église de Châteauroux:
De Vines:<<-Il nous fallait deux témoins, j'ai pensé à vous! Comme ça, pendant, euh, après le vin d'honneur, vous reprendrez votre poste de surveillance! dit-il à ses deux compères. Vous voilà ma soeur, où est le curé?
Ma soeur:-Il se change, mon fils! Figurez-vous qu'il était avant à une partie de polo!
De Vines:-De polo? Vous n'avez tout de même pas été le chercher en Angleterre?
Le curé Paul "Pré-boit":-Pardonnez mon retard, mes enfants! Où sont les deux tourteaux? Ha, c'est vous, quel plaisir de vous revoir!
De Vines:-En France, on dit: "les deux tourtereaux", mon père! Vous avez fait bon voyage? Dîte-moi ma soeur, comment avez-vous convaincu ce curé de nous marier en plein milieu de la semaine? lui demande-t-il à l'oreille.
Ma soeur:-Rien de plus simple! J'lui ai dit que vous l'inviteriez au vin d'honneur après. Je ne vais pas vous apprendre la réputation du vin français! lui répond-t-elle alors à son oreille.
Le curé:-Excellent!!! Oui, j'ai fait un excellent voyage! Et je vais pouvoir après votre mariage, profiter de ce week-end pour visiter les jardins à la française. Dite-moi, mon fils, vous connaissez la réputation des plateaux repas dans les avions et bien figurez-vous que je n'ai malheureusement pas eu le temps de me restaurer pendant le trajet! Si vous voyez ce que je veux dire? Vous avez vos papiers?
De Vines lui tend alors ses papiers.
Le curé:-Je ne veux pas vos passeports mais les papiers de la mairie!... Ha, je vois que vous êtes inspecteur, ce n'est pas un métier facile! Pas de vacances! Pas le temps de faire du vélo! Si vous voyez ce que je veux dire? Bien, puisque tout est en règle, que la cérémonie commence!
... Quelques "bla-bla-bla", enfin, quelques minutes plus tard:
Le curé:-Bernadette, consentez-vous de prendre cet inspecteur pour époux, de lui être fidèle et surtout de lui dire toute la vérité, rien que la vérité? Si oui, levez la main droite et dite: "je le jure!"
C'est alors que Bernadette s'en va brusquement.
De Vines:-Je vous en prie, monsieur le curé, restez en France! Je vais réussir à faire revenir Bernadette!
Le curé:-No problemo car si il faut que je revienne, j'aimerais autant éviter un autre trajet. Vous connaissez la réputation des boissons dans les avions et je ne vis qu'avec les quelques dons de nos gentils paroissiens!
De Vines:-Vous avez raison, monsieur le curé! Allons boire un verre les amis, en attendant que Bernadette revienne!>>
...
Quelques heures après, toujours pendant le vin d'honneur:
De Vines:-C'est décidé, je dis tout aujourd'hui à l'âne Imal. My portable, please!
...
Quelques heures après, en sortant du vin d'honneur:
De Vines:<<-Les copains, souhaitez-moi bonne chance! dit-il en partant sur une patte (et non pas: en marchant sur une patte de lapins!).
Coq'luche:-J'ai une idée! Et si on vous accompagnait, chef?
De Vines:-Tu as toujours eu que des bonnes idées, tu sais! T'es mon copain! Je vous aime, mes copains!>> dit-il à ses deux copains.
...Bref, on a tous compris que leur chef a un peu trop abusé du bon vin français, donc, accélérons l'histoire et passons tout de suite à table!...
L'âne Imal:<<-Je suis tellement content d'être parmi vous ce soir! Dite, j'espère que ce n'est pas un dîner de cons et que je ne vais pas être obligé de parler de mon aventure à vélo ou plutôt de ma mission. Je l'ai assez fait dans mon journal. Au fait, vous avez bien reçu mes rapports chaque jours?
De Vines:-Oui, pour cette mission, nous sollicitions un pigeon voyageur!
La serveuse:-Je vois, messieurs, que votre choix est déjà fait. Du pigeon pour tout le monde, donc?
De Vines:-Non, les pigeons sont mes copains! crie-t-il avec une haleine d'eau non ferrugineuse.
La serveuse:-Je vois! Je préfère avertir ces messieurs que la maison ne fait pas crédit! avertit-elle en voyant les costumes chiffonnés et salles de ces messieurs.
De Vines:-Ceci vous satisfait-il? demande-t-il en lui tendant une carte bancaire.
La serveuse:-"Quand on me tend cette carte dans les bras, je vois la vie en bleue!" chante-t-elle comme un piaf. A condition que celle-ci ne soit pas volée!
En entendant cela, la plongeuse se met alors à chanter: "Moi je suis plongeuse au fond d'un café, j'ai bien trop à faire pour pouvoir voler!" Bref, cela n'étonnera personne si je dis qu'elles sont fans de Piaf!
La serveuse:-Excusez-moi, j'ai "la foule" qui m'attend!
De Vines:-On a beau aimé les volatiles comme les pigeons, ce n'est pas pour ça que nous sommes des voleurs! lui lance-t-il. Bon, revenons à nos moutons! Parlons de la mission! En vérité, pour faire simple...
L'âne Imal:-Pour faire simple, vous n'étiez pas obligé de venir jusqu'ici avec ce vélo! le coupe-t-il.
Coq'luche:-Comment le sais-tu?
L'âne Imal:-J'ai vu un vélo à trois selles à l'entrée de ce restaurant, j'en ai supposé que c'était à vous trois!
De Vines:-Mais non, tu ne comprends pas! Nous t'avons suivi jusqu'au premier jour avec ce vélo!
Coq'luche:-Oui, on a fait "a long way" avec ce vélo mais j'dois dire que c'était agréable!
L'âne:-Qui "On"? Suis-je bête? Vous m'avez bien sûr suivi en lisant mes rapports de mes journées! Vous avez vu, i'am going in Angleterre réviser my english, my publisher! (mon éditeur)
De Vines:-Nous ne travaillons pas dans une édition mais dans un commissariat. Nous t'avons suivi depuis le début avec notre vélo parce que nous pensions que Fandemas volerait les lingots d'or que tu as dans ton sac et l'arrêter car il ou elle réclamait des sommes colossales ou sinon, la fin du Monde allait arriver. Ce qui n'est plus d'actualités puisque Fandemas a décidé d'arrêter!
Bourgvilain:-En quelque sorte, on peut finalement dire que Fandemas s'est arrêté/lui-même! (Louis m'aime!)
De Vines:-Je vous aime? Attention! Vous êtes juste un copain, c'est tout!
L'âne:-C'est quoi cette histoire? Je n'ai jamais eu de lingots d'or dans mon sac! Regardez! dit-il en ouvrant son sac.
De Vines:-Vous nous prenez pour des ânes? Que faîtes-vous de cette phrase de votre premier journal: "dans mon sac, il y a des lingots d'or, mais surtout ne le dîtes à personne!"?
L'âne:-C'est une plaisanterie que je disais aux gens qui me demandaient ce qu'il y avait dedans! Je ne sais pas qui vous a donné cette info mais il ou elle a voulu vous induire en erreur!
De Vines:-Fandemas bien sûr! Mes idées sont plus claires maintenant! Fandemas nous a donné cette info pour que l'on vous suive et qu'il puisse pendant ce temps-là, devenir tranquillement le Maître du Monde sans se soucier de nous! Nous avons été "Bern"és comme Stéphane, euh comme des ânes!
L'âne:-Vous voulez dire: « Bernés » comme Bernard?
De Vines regarde l'âne Imal. L'âne Imal regarde De Vines (détail très important, n'est-ce pas?).
L'âne:-Puisque Fandemas a changé d'avis en cours de route, pourquoi continuez-vous à me suivre? Vous ne voulez pas que Fandemas s'en prenne à moi, c'est ça? A moin que vous vous êtes attachés à moi?
De Vines:-Euh, oui, c'est cela! Nous sommes un peu des compères pour toi, des parrains quoi! C'est un peu grâce à nous si tu es partis et que tu as écris ton journal.
L'âne:-Pas tout à fait! J'aime écrire depuis toujours. D'ailleurs, j'espère que je n'ai pas écris que des âneries! Les textes, même dans l'humour, cachent parfois beaucoup d'interrogations. Et maintenant, que vais-je faire... maintenant que je sais que j'ai écris le journal d'un âne durant toute cette aventure?
Bourgvilain:-C'est vrai que "Journal d'un âne" ne serait pas si bête comme titre de cette histoire!
De Vines:-Mon vieux, dans la vie, faut pas s'en faire!
Bourgvilain:-Tiens, en parlant de "fer"! Sois fier de ton tour à vélo car "le dire c'est bien mais le faire c'est mieux!"
L'âne:-Yes I can! Oui, en attendant, je continue jusqu'au bout! "Tout droit! Rien ne m'arrête!" leur dit-il en quittant la table.
De Vines:-C'est marrant! "Tout droit! Rien ne m'arrête!", c'est ce que m'a écrit Fandemas sur sa lettre. Cela veut donc dire que c'est lui. Fandemas est l'âne Imal! Arrêtez-le!
De Vines et ses deux compères sortent alors du restaurant "la chou-ânerie" où les clients et clientes peuvent venir avec leur âne personnel.
Coq'luche:-On nous a crevé notre vélo, chef!
L'âne:-Hi han! (Traduction: Ça va marcher beaucoup moins bien maintenant forcément!
De Vines:-C'est un coup de Fandemas! dit-il en montant sur l'âne qui se reposait tranquillement devant l'entrée.
L'âne:-Hi han! (Traduction: Cela m'apprendra à copier les phrases des autres!)

Et comme dans son rêve du début, De Vines lance alors une course poursuite sur la route et crie:-C'est la fin! Tu ne m'échapperas pas Fandemas! Avance bougre d'âne! Je t'aurais! Tu m'entends, je t'aurais Fandemas!!!>>
Bon, évidemment, l'âne ne parle pas puisqu'aucun âne à ce jour a été surpris à faire la causette avec une ânesse. Évidemment, il n'y a pas non plus Fandemas avec un sac percé, rempli de louis d'or sur un vélo car héros ou pas, il y a belle lurette que Fandemas se serait acheté un scooter (je n'ai pas dit: voler!). Tout ça pour dire que dans nos rêves, on trouve souvent de la réalité et que dans le réel, on trouve toujours de l'imagination.

Vendredi 5 Septembre:
Journal du stroumpf... tendeur: (tant d'heures passées sur un vélo! Cette idée m'est venue en regardant mon tendeur!)

20 heures: J'ai dormi sous l'abri du château Naillac de Le Blanc, ville située à la frontière du Berry et du Poitou qui se trouve à plus de 60 kilomètres de Châteauroux où je suis parti hier après la pluie. En fait, j'ignorais que cet abri sert aux écoliers avant l'ouverture de l'école qui est à l'intérieur du château. Alors que je dormais comme un chaton sur le banc, les maîtresses m'ont réveillé pendant l'arrivée des bus écoliers à 8 heure et je me suis pressé à enrouler mon sac de couchage.
-Il ne faut pas choquer les enfants! m'ont-elles dit.
J'avoue qu'elles n'avaient pas tort car ce n'était pas la peine de les choquer plus qu'ils ne l'étaient déjà après la rentrée.
Passage ensuite à Chauvigny, cité médiévale unique en Europe avec trois châteaux, un donjon et une Tour.
Je suis arrivé après à Poitiers avec le vent, les camions et la pluie sur mon trajet. Ce n'est pas rouler sous la pluie qui m'était insupportable, non, c'est plutôt de rouler sur cette départementale avec des tonnes de camions à quelques mètres de mon nez. J'aurais préféré longer un fleuve comme la Loire. Tout en vérité, du moment que j'étais tranquille sur une piste cyclable! Bref, trempé comme un chaton égaré, j'étais pressé d'arriver à Poitiers... sain et sauve!
Le temps d'aller à l'office de tourisme demander un plan de la ville, prendre un billet d'entrée au Futuroscope... Le temps de visiter, le temps d'acheter à manger, le temps de réserver à l'auberge et je peux enfin prendre le temps d'écrire mon rapport de la journée vu que dehors, le temps n'est temporairement pas très tentant. L'important, c'est le tant de plaisirs que je prends à tendre mon crayon... et mes tendons!

... 24h chrono avant, dans le bureau du commissariat, De Vines rentre avec un mal de tête:
De Vines:<<-Je n'aurais pas dû autant boire hier! dit-il en s'asseyant sur sa chaise. Encore une lettre: "C'est moi Fandemas!" ... Tiens, je n'aurais pas deviné avant! ... "J'ai décidé de tout vous avouer: je ne suis pas la personne que vous pensez. Vous savez maintenant que ce garçon n'a jamais eu de lingots d'or dans son sac car ce n'était qu'une plaisanterie que j'ai lu dans son premier journal! Par contre, il a reçu durant ce voyage le "C½ur de L'océan" en cadeau mais grâce au sosie de la Reine d'Angleterre que j'ai embauché pour qu'elle vole ce bijou, c'est moi qu'il l'a maintenant en ma possession" ... Jusque là, c'est simple!... " Mais j'ai changé! J'ai décidé durant votre absence de ne plus réclamer d'argents. Je ne veux plus sauver le Monde et aider les plus courageux d'entre nous: ceux qui se lèvent le matin à 5h et qui se couchent à 5h du soir. Je n'ai même plus la force d'aider tous ceux qui meurent pour rien. Le Monde oublie tous ces gens mais ce n'est pas à moi de réveiller le Monde. Le Monde doit se réveiller tout seul. Un jour, ce sera possible! Oui, vous et moi, ensemble, nous le pouvons!"... Je veux savoir enfin qui a écrit ça?... "Si vous voulez savoir qui a écrit ça, venez me rejoindre là où tout a commencé! Signé Fandemas!"... Mais où est donc passée Bernadette? Et non pas: la septième compagnie... de scouts? Pourquoi je dis ça, moi? Aïe, ma tête!>>

Dimanche 7 Septembre:

Je suis toujours à l'auberge de Poitiers. Hier, le T.A.P. (Théâtre et auditorium de Poitiers) a été inauguré et la fête a battu son plein dans le centre-ville avec fanfares, jongleries et concerts. Le soir, un feu d'artifice a été tiré sur la passerelle et pour ma part, j'ai finit cette journée inoubliable au concert gratuit de Jacques Higelin dans le T.A.P. En toute sincérité, c'est l'un des meilleurs concerts que j'ai vu jusqu'à ce jour, bien que ce ne soit pas un chanteur de cette génération:
-Y en a marre d'être vieux! a-t-il dit entre deux chansons.
Connu pour sa franchise et ses textes sans langues de bois, je le connaissais surtout avant grâce à sa chanson "tomber...", qu'il a d'ailleurs laissé "tombée" hier car il ne l'a pas chanté. J'ai particulièrement aimé le final quand il a chanté "Pars mais surtout, ne te retournes pas! Fais ce que tu dois faire mais sache que je serai toujours avec toi!" Ces paroles étaient à l'évidence appropriées à mon parcours et à l'aventure humaine que j'étais en train d'écrire à vélo... De Vines et ses deux compères, Fandemas, l'âne Imal... En partant des villes où je suis passé, je me disais "surtout, ne te retournes pas!" car j'avais justement peur de "tomber... comme une petite goûte d'eau".
Bientôt 100 jours que je pédale et j'ai l'impression d'être parti hier. J'appréhende mon retour. Je vais certainement remettre ce journal au propre et la suite, on verra bien. Ressortir cette aventure en livre? Même si prendre son vélo, partir en vacances, prendre du bon temps sont trois choses qui n'ont rien d'exceptionnelles! Et avoir déliré avec "mes trois compères", qu'est-ce que je peux m'en faire des films dans ma tête? Les gens vont certainement me prendre pour un vrai fada.
Et si j'osais? Après tout, le ridicule ne tue pas et ce n'est pas un hasard si j'ai choisit de retrouver ces trois compères dans cette aventure car j'ai toujours aimé ces grands Noms du rire et de la vraie vie! Bien sûr, c'est une fiction mais je peux dire que grâce à eux, j'ai certainement écrit l'un des plus beaux et des plus grands rêves de ma vie!

A part ça, aujourd'hui, c'est la fête de quartier au parc des Prés Mignons dans Poitiers Sud avec groupes de musiques, jeux pour enfants, stands des associations du quartier. Sans oublier l'apéritif offert par la Mairie et le déjeuner sur l'herbe.
En regardant le stand de l'école Marcel Pagnol qui fête ses 5O ans et le château du parc, emmuré par des parpaings car trop vieux et trop chère pour être rénové certainement (à moins que son propriétaire est parti en vacances?), j'ai soudain peur... car je n'ai toujours pas de fin à mon histoire avec Fandemas et mes trois compères!

Mardi 9 Septembre:
Journal d'un gentil toutou qui promenait son gentil "maî-maître":

J'ai passé la journée d'hier au Futuroscope. Ce que j'ai aimé mis à part les films, les attractions comme "Danse avec les Robots" ou le spectacle nocturne, c'est particulièrement le rallye touristique dans la Vienne, rempli d'humour. On se retrouve ceinturé sur un siège avec les mêmes sensations que dans une formule un.
J'ai acheté aussi quelques petits souvenirs pour mes proches (et non pas: pour mes poches! Car "pensez aux autres, c'est aussi: pensez à soi!" et "pensez à soi, c'est aussi pensez aux autres!")

...Et pendant ce temps-là, alors que De Vines a lu la dernière lettre de Fandemas à ses deux copains.
De Vines:<<-Voilà, je vous ai tout dit! Vous connaissez toute l'histoire!
Coq'luche:-Faux! C'est vrai, c'est bientôt la fin et je ne vous ai pas encore raconté ma blague sur l'âne qui est sur...
De Vines:-Vous savez quoi, dans le rôle du meilleur Chou de cette "Chou-ânerie", vous mériteriez un César!
Bourgvilain:-En attendant, ça ne va pas faire avancer le smilblick car on ne sait toujours pas "où ça a commencé!"
De Vines:-La statue!!! Merci César, euh, vous deux bien entendu! Il faut aller à la Statue de la Liberté!
Coq'luche:-Mais oui, c'est évident puisque c'est aux U.S.A. que l'histoire a commencé avec Christophe Colomb!
De Vines:-Mais non, banane! Il faut aller à la Statue de St Nazaire qu'il a surnommé à son départ: la "Statue de la Liberté"! En avant!
Bourgvilain:-Vous ne manquez pas d'air! Vous oubliez qu'après nous l'avoir dégonflé, Fandemas nous a volé notre vélo tout à l'heure? A moin que c'était E.T? lui souffle-t-il alors qu'un vacarme arrive du haut du Ciel.
L'attaque des extra-terrestres aura-t-elle lieue? La réponse est: Tintintintin! (musique de Suspense le re-re-retour)
La réponse est: peut-être que oui, peut-être que non car si nous sommes gentils, ils nous offriront alors des bonbons! Mais en attendant, la véritable réponse appartient à:
Ma soeur:-"Quand on a besoin de moi, je suis toujours là", qui suis-je?  Bayroue de secours!!! C'est un belge une foué qui me l'a raconté. Suivez-moi mes enfants! crie-t-elle au "volant" de son avion. Attachez-vous car je n'ai aucune heure de vol!>>

Et c'est ainsi qu'ils s'envolent dans les nuages, les yeux remplis d'espoir, comme Saint-Exupéry, des années auparavant.

Mercredi 10 Septembre:
Journal d'un champ entier de "Marguerite" (et non pas: un chant entier de Marguerite en pleine chorale!)

14h38: Arrêt à St-Michel-Mont Mercure où je suis monté en haut de l'église, non pas, pour pisser dans la gouttière comme dans le film "le Grand Chemin", mais pour voir le panorama, plus haut point de la Vendée. Pour ce faire, j'ai monté les 195 ou les 199 marches (tout dépend si vous faîtes une cascade!). D'après mon calcul et surtout celui indiqué sur les panneaux, Marseille est à 625 kilomètres et Lille à 507 kilomètres.
Plus qu'à remercier Mercure, Dieu des voyageurs et du commerce (l'un ne va pas sans l'autre!) pour m'avoir donné la chance de voir de mes propres yeux tant de paysages et de vivre tant de belles rencontres et je vais redescendre.
-Attention!!! me crie-t-on en bas. Oui, attention aux "déchets radioactifs" des pigeons!

20h41: Ce matin, je pensais être ce soir à la Roche sur Yon et poursuivre plus tard vers Noirmoutiers. Mais sur le chemin, après être entré en Vendée, j'ai vu la pancarte indiquant "le Puy du Fou" à plusieurs kilomètres. J'ai donc changé mon orientation au dernier moment.
Arrivé au Parc, personne! Evidemment, c'est fermé et il n'ouvre que le week-end! Pas grave, je reviendrais Vendredi. J'ai donc continué vers Cholet où je suis arrivé en soirée. Le temps de visiter et de manger sur un banc public devant les restes des remparts de l'ancien château de la ville et voilà qu'il est déjà l'heure... L'heure de quoi? Je n'en sais rien mais je sais une chose, c'est que mes journées passent vite. De toute manière, c'est bien connu qu'en vacances, les journées passent plus vite qu'au tra, euh, qu'on ne le pense!

... Quelques heures auparavant, alors que le moteur de l'avion s'arrête brusquement.
Ma soeur:<<-Nous n'avons plus qu'une seule chose à faire, mes enfants!
De Vines:-Prier?
Ma soeur:-Bien entendu mais nous devons surtout sauter! Attention, mettez vos parachutes avant, je préviens des "foués" que...!!! dit-elle en sautant.
Coq'luche:-Que nous soyons belges! Moi, j'adore les..., dit-il en sautant.
Bourgvilain:-Les aventures comme celle-ci me plaisent! J'ai l'impression d'être comme Tintin et... dit-il en sautant.
De Vines:-Fandemas!!!>> crie-t-il en sautant.
...C'est alors qu'ils mettent pieds à terre dans le Parc du Puy du Fou et qu'un chevalier arrive à leur secours:
Le Chevalier:<<-Mille milliards de sabots! Qu'on arrête ces Martiens et qu'on les mette au vert!
De Vines:-Relâchez-nous sur le champ où vous allez entendre parler du "Président"!
Le Chevalier:-Heiiin? Ils disent des mots pas normaux! (Explication: Oui, dans le passé, le camembert "Président" n'existait pas encore!) Qu'on allume le bucher!
Ma soeur:-Ça me vient à l'esprit! Nous sommes retournés dans le temps. Oui, notre avion s'est arrêtée sous le Puy du Fou car dans le temps, les avions n'existaient pas!
Coq'luche:-Oui, c'est comme dans "Retour vers le futur": nous ne pourrons plus repartir car le pétrole n'existe pas encore ici! Et nous ne saurons donc jamais qui est Fandemas!
De Vines:-Fandemas, c'est lui! crie-t-il en voyant un homme habillé en "rouge et noire". Autant pour moi, c'est le cardinal de Richelieu!
Richelieu:-Qu'on relâche ces gens et que mes mousquetaires les aident à repartir dans le temps! Mais promettez-moi avant que vous parlerez de moi à votre Président!>> leur dit-il après avoir tout entendu.
Et c'est ainsi que pousser par les chevaux des Mousquetaires, le moteur de leur avion a redémarré et qu'ils ont pu repartir dans le temps.

Jeudi 11 Septembre 08:

14h47: En écrivant cette date, comment ne pas penser à ce que je faisais sept ans plutôt, le "jour où ce millénaire commença"? Je travaillais. Sept ans plus tard, j'écris mon journal à la médiathèque de Cholet, lieu plus habituel pour lire le journal. Dehors, il pleut!
Ce matin, je suis allé à la foire d'exposition, gratuite sauf Dimanche, et en tentant ma chance sur une borne de jeux Ouest-France, j'ai gagné une petite station météo et un tee-shirt. Je vais donc finir ce tour avec une station météo sur le dos et j'avoue que si "Bison futé" m'avait dit ça avant de partir, je lui aurais certainement dit: <<-Une girouette t'est tombé sur la tête!>>
En vérité, si je suis venu dans cette médiathèque, c'est que je voulais la réponse à la question que je me posais depuis hier (peut-être même: depuis toujours!): Pourquoi "Puy"? Je pensais que c'était l'anglais du mot "puits" et puis, j'ai réfléchit. Puis, je me suis dit que cela avait peut-être une autre signification. Puis, je cherche dans un livre et j'ai enfin la réponse sous les yeux: "Puy vient de "podium" en latin ... et non pas de l'anglais, bougre d'âne!... Puy signifie le socle, la terre... le champ, le bout de terrain, quoi! C'est facile à comprendre! Après des années, t'as enfin la solution, tête d'âne!"
Tiens en parlant de l'âne, dans un autre livre, j'ai appris que "posséder un âne, si on en a la place, est devenu un phénomène de mode" et que cet animal symbolise le travail, la fidélité et l'endurance.
Comme quoi, je n'ai peut-être pas choisit cet "âne Imal" par hasard!
Je dois dire que durant ce voyage à vélo, les gens m'ont surnommé aussi: le facteur (avec du courrier dans mon sac), Bourvil (avec mon vélo bien sûr!), le biloute (chez les C'htis!), le compagnon du devoir (dans une auberge), le rital , le pèlerin, la tortue, le fils du garde-champêtre (à St-Lo), le gendarme de St-Tropezzz... Bref, les gens m'ont toujours bien accueilli avec mon « bonnet d'âne ». Ce tour se termine et je dois avouer que je suis fier de moi pour ne pas avoir fait « chou-blanc » (rater). Pour terminer avec les jeux de mots, j'espère avec ce journal, écrit avec l'humour et la sincérité, que je ne me suis mis personne à dos... d'âne car le but de tous ce que j'ai dit est de rappeler en autre aux gens qu'il ne faut pas attendre la fin pour écrire l'histoire de ces rêves. Chose que je vais essayer de ne pas oublier après mon retour.
« On ne rattrape pas le temps perdu. C'est le temps perdu qui nous rattrapera! »

Samedi 13 Septembre:

12 heures 12: J'ai passé la journée d'hier au Puy du Fou. J'ai été envoûté par ce parc: les spectacles de gladiateurs, la bataille du Donjon, les animaux, le bal des oiseaux, le théâtre des Mousquetaires de Richelieu, tous les villages d'antan reconstruits et enfin son spectacle nocturne que j'ai vu malgré que je n'avais pas réservé avant.
Le soir tombant, je vais au guichet car même si c'est complet, des gens peuvent parfois annuler leur réservation au dernier moment ou revendre des places. Coup de chance, un monsieur me propose un billet qu'il veut revendre. Je n'ai que 15 Euros sur moi au lieu de 24 Euros. Il accepte et notre marché conclut, j'ai donc pu assister au spectacle féérique qui dure deux heures et non trente minutes comme je le pensais dans la journée et qui s'est terminé par un feu d'artifice géant. Le dernier de cette aventure "f'estivale"!
Après ce retour dans le temps, je suis allé me coucher à minuit tel un "Chevalier des Tentes pliées" dans les toilettes des Epesses, ville où se trouve ce parc.
Ce matin, j'en ai profité pour me raser et faire ma toilette hebdomadaire. Dire si je sentais le dromadaire n'est pas la question! Pour la petite histoire, j'ai failli y laisser mon sac banane (et non pas: y laisser ma peau... de chameau!) avec tous mes papiers importants mais heureusement, Mercure était probablement avec moi et j'ai eu la conscience d'y penser avant de repartir vers Cholet.
L'aventure se termine avec des tas de souvenirs, de rencontres, de coups offerts ... et de mûres mangées sur le bord des routes!
Je me trouve à Puy St Bonnet sur un banc... bancal. Des spectacles sont prévus ici ce week-end. Sans moi certainement! Il me faut rentrer à la maison. Avec toujours en tête, ce mot si simple et naturel: Liberté.
EPILOGUE ou FIN de l'EPI-EXODE:

"Avec toujours en tête, ce mot si simple et naturel: liberté."
Voilà, mot pour mot, comment se termine le journal que j'ai tenu durant les 100 jours de cette échappée belle.
Moi qui dès le début de cette aventure m'était juré de ne pas finir mon journal avec le mot "liberté", le hasard est étonnant car il a fait en sorte que ce soit le dernier mot. Être parti un 6 Juin et finir son journal avec ce mot, avouez que cela pourrait paraître bien naïf!
Rien naît hasard, peut-être? Je ne suis ni un âne, ni un "cerf-veau". Je sais rire de moi-même. Je sais que la vie est courte et qu'il ne faut pas attendre la fin pour en profiter et dire aussi à nos proches qu'on les aime. Je sais que l'eau va à la rivière et que même si le Déluge est bien actuel, il faut espérer qu'après la pluie, vient le bon temps. Je sais surtout que "je ne sais rien" mais que la vie est justement faite pour apprendre.
Je suis donc rentré à la maison. La coïncidence m'a fait rencontrer mon cousin à Cholet à un carrefour (je ne parle pas ici du magasin!). Moi, je m'en allais vers Nantes. Lui, il s'en allait vers mon patelin. Après plus de 4000 kilomètres au compteur, nous avons mis mon vélo « en mille morceaux » dans sa voiture et le temps d'aller boire un "jus", nous avons fait la route ensemble. Oui je sais ce que vous vous dîtes: mon cousin aurait pu prendre son vélo et faire les derniers kilomètres avec moi ou il aurait pu prendre mon vélo et moi sa voiture!!! Je plaisante!
Quand je regarde les photos de ses grandes vacances avec my vélo, quand je pense aux rencontres vécues en France, en Angleterre, chez les flamands ou au Luxembourg, quand je pense à cette "chou-ânerie" imaginée avec mes trois compères pendant ce voyage, quand je ferme les yeux et que je me revois sur ses routes, j'ai alors cette phrase qui me vient toujours à l'esprit: La vie est belle, belle, belle.
Tiens, au fait, c'est qui Fandemas?
La réponse est: Tintintintin! (musique de Suspense la fin!)

... Ma s½ur, De Vines et ses deux compères atterrissent presque miraculeusement avec leur avion devant la "Statue de la Liberté", surnommée ainsi par l'âne Imal et située à Saint-Nazaire, sur les bords de l'océan atlantique, point de départ de cette course "f'estivale".

De Vines:<<-Nous sommes en avance! Fandemas n'est pas encore arrivé!
Fandemas:-Si, je suis là! J'étais partie faire mes commissions, autrement dit: mon marché! dit Fandemas en marchant.
Ma s½ur:-Bon et bien moi, je vais faire un tour aux Chantiers pour voir si les chantiers avancent! Bye!
De Vines:-Bernadette!!! Fandemas, c'est toi?
Bernadette:-Oui, c'est moi! C'est moi qui a envoyé le "moi-aussi, je me suis échappée..." aux dirigeants! C'est moi qui vous a transmise l'extrait "j'ai des lingots d'or" concernant ce garçon avec son vélo pour que je puisse être tranquille pendant que vous le suiviez! C'est moi qui a décidé malgré tout d'arrêter! C'est moi qui a essayé de tout vous avouer car j'chte ker! Oui, j'chte ker de tout mon amour!
La femme de ménage:-Moi-aussi, je vous aime chef même si tu dors toujours une fois qu'on a le dos tourné! avoue-t-elle en arrivant à son tour.
De Vines:-Le chef fait ce qu'il veut, c'est lui le chef, c'est clair! Allez voir ailleurs si j'essuie, euh, si j'y suis!
La femme (pour faire une dernière fois plus cout):-Enfin, je vous aime de toute mon affection, bien entendu! Et c'est pourquoi je voulais vous voir vivre heureux avec Bernadette. J'ai donc aidé Fandemas comme une bonne copine l'aurait fait. Oui, c'est moi qui a déposé sur votre bureau la fausse lettre de Fandemas qui disait: "Tout droit! Rien ne m'arrête! Avouez tout "veau" le coucou!" car en faisant le ménage dans votre bureau, j'ai surprise Bernadette ou plutôt Fandemas qui écrivait les faux rapports journaliers de l'âne Imal et qui vous les envoyait ensuite par la fenêtre grâce à un pigeon voyageur. Elle m'a alors avoué qui elle était mais surtout qu'elle vous aimait. J'ai donc décidé de faire passer l'âne Imal pour Fandemas pour qu'il croupisse en prison. Cela l'apprendra à voler des cartes postales! En l'invitant au restaurant pour tout lui avouer, je savais que ce garçon allait vous dire sa devise: "Tout droit!
L'âne Imal:-"Tout droit! Rien ne m'arrête!" termine-t-il en arrivant à vélo.
De Vines:-Mais pourquoi?
L'âne (pour faire une dernière fois plus court):-Cette carabistoule est assez babache comme ça alors pas besoin que je vous explique les raisons de cette devise. Je voulais juste avant de vous quitter et rentrer chez moi vous dire combien je vous aime tous moi-aussi car j'ai passé de bons moments d'écritures avec cette "chou-ânerie". Je veux vous dire enfin que le monde n'oubliera pas tous ce que vous avez laissé avant de vous "échapper" dans les étoiles!
De Vines:-Je ne comprends plus rien à cette histoire mais au point où nous en sommes, je la garde quand même!
L'âne:-Moi-aussi!
Bernadette:-Moi-aussi! Moi-aussi, je dois m'échapper!
De Vines:-Non! Vous, je vous arrête... et je vous épouse! Tiens, au fait, dite-moi noir sur blanc pourquoi vous portez ce costume « en rouge et noir »?
Fandemas:-C'est parce que je suis fan de Jeanne Mas!
De Vines:-Ah, vous n'êtes donc pas « fan de mas »?
Fandemas:-Disons que pour faire court: je suis autant « fan de mas » que « fan de ville »!
Bourgvilain:-Et moi, évidemment, je n'ai rien à dire dans cette histoire! s'énerve-t-il. L'auteur aura à faire à moi! J'ai le bras long et non pas: le bras de fer!
Coq'luche:-Tiens en parlant de ça, maintenant que cette histoire est terminée, je peux peut-être raconter ma blague: c'est l'histoire d'un âne une foué...

Le réalisateur:-Coupez!!! Vous là, que faîtes-vous devant les caméras? Vous ne voyez pas qu'on tourne?
Richard Viré:-Je passais par hasard. Dite-moi, Saint-Malo, c'est bien par là? lui demande-t-il sur son vélo. Merci!
De Vines:-Dépêchons! J'ai mes salades et mes choux à ramasser dans mon potager!
Fandemas:-Et qu'est-ce que je fais du "C½ur de l'océan", moi?
Richard Viré:-Montrez un peu! lui dit-il en regardant ce bijou au niveau de la poitrine, euh, je veux dire: de plus près. Charmant! C'est du vrai en plus! Oui mais on vous a menti, ma petite dame!
De Vines:-Non mais dite-dont vous, un peu de respect! Vous parlez à ma future femme!
Rich (pour faire une dernière fois plus court):-Ce bijou s'appelle "le C½ur sous la Manche", je le sais car je l'ai vu à une exposition dans la Manche, lorsque j'y suis passé à vélo.
Le réalisateur:-Vous en avez le c½ur net? Si c'est vrai, alors, cela veut dire qu'il faut restituer ce bijou à la Manche et que nous allons être obligé de réécrire l'histoire et de reprendre tout depuis le début.
Rich:-Prenez cela comme une chance ou un nouveau départ! dit-il avant de partir vers Saint-Malo. Cela vous apprendra à me virer, euh, à me mentir à l'insu de mon plein gré! souffle-t-il sur le pont de Saint-Nazaire en direction du Sud; bref, encore une fois, dans la mauvaise direction car comme les belges disent: "la vengeance est un plat qui se mange sans frites une foué!"
Le réalisateur:-Vous avez entendu? Il faut tout reprendre depuis le début!>>
...
C'est ainsi que toute l'équipe du tournage de "La Chou-ânerie" montent dans la soucoupe, euh, dans l'hélicoptère et qu'avec le souffle du vent, toutes les feuilles du journal de "bord'L comme Liberté" de l'âne Imal s'envolent et disparaissent à tout jamais dans l'océan.
L'âne Imal, resté au sol avec son vélo, était encore bien plus décidé à empoigner la vie malgré son bagage mince et à repartir vers de nouvelles aventures en reprenant son vrai nom.
...
C'est l'histoire du rêve d'un homme sur une route...

















































































































































































































































































































































































































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# Posté le mardi 01 septembre 2009 11:49